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Absence de célébrations populaires du 12 mars : «Faux pas» du GM, «mauvais signal» pour l’unité nationale

La dernière fois que le pays a eu droit à des célébrations nationales remonte à 2019.

L’absence de rassemblement populaire pour les célébrations du 12 mars est diversement commentée cette année. D’autant que les restrictions sanitaires liées à la pandémie de Covid-19 ont pratiquement été levées.

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Une politique de « ser sintir » a été privilégiée par le gouvernement pour le 55e anniversaire de notre Indépendance. Différentes sources au sein du gouvernement avancent que le pays peut, pour cette année, se passer de telles dépenses vu le contexte économique précaire. « Les célébrations du 12 mars impliquent plusieurs dizaines de millions de roupies de dépenses, y compris pour un invité spécial et toute la mobilisation qu’il y a autour. Nous pensons donc qu’il est plus raisonnable de faire un sacrifice », avance-t-on au niveau de l’hôtel du gouvernement. 

Cette décision passe cependant mal, d’autant que la dernière fois que le pays a eu droit à des célébrations nationales remonte à 2019. Les années 2020, 2021 et 2022 étant essentiellement marquées par la pandémie de Covid-19, c’est donc dans la discrétion la plus totale que les commémorations de l’Indépendance du pays ont été marquées. « Mais quelle est l’excuse pour cette année, car les restrictions sanitaires ont été pratiquement levées. Est-ce pour des raisons financières ? En tout cas, notre 55e anniversaire d’Indépendance a l’air fade », avance l’ex-vice-président de la République Raouf Bhundun. 

Il ne manque pas de montrer du doigt la décision de limiter les célébrations du 12 mars à un petit rassemblement à la State House, à Réduit. « L’accession à l’Indépendance a été décidée par le peuple et non par une petite clique de personnes. La population sera donc le grand absent de ce 55e anniversaire d’Indépendance », déplore l’ex-vice-président.

L’historien Jocelyn Chan Low fait, quant à lui, remarquer que cette décision intervient dans un contexte où le pays a été quelque peu secoué par certaines tensions raciales survenues notamment lors des célébrations de certains élèves du Royal College Curepipe, à la suite de la proclamation des lauréats. « Il ne faut pas oublier que les célébrations de notre toute première fête d’Indépendance en 1968 avaient été organisées après de fortes tensions raciales dans le pays. Malgré cela, les Mauriciens avaient répondu présent », avance-t-il. 

Peu importe les raisons qui ont pu motiver le gouvernement à ne pas tenir de célébrations nationales, l’historien dit espérer « qu’elles ne sont pas politiques ». « Il y a une perception que tout est fait expressément pour ne pas évoquer la mémoire de sir Seewoosagur Ramgoolam. Si tel est le cas, c’est très grave », confie Jocelyn Chan Low.

Pour sa part, le syndicaliste Jack Bizlall est d’avis que c’est l’opinion défavorable du public vis-à-vis du gouvernement qui serait à l’origine de la non tenue de célébrations populaires. « Il y a certes un noyau dur qui défend corps et âme l’action gouvernementale, mais il y a un effritement. Le gouvernement va se retrouver avec seulement 12 % des votes », analyse-t-il.

La décision de ne pas tenir de rassemblement populaire sans la moindre explication est un véritable faux pas, avance l’observateur politique Abdallah Goolamallee. « L’absence de rassemblement populaire pour notre Indépendance, couplée à un manque de communication de la part du gouvernement, est le signe d’une rupture entre les dirigeants du pays et la population », soutient-il. 

Selon l’observateur politique, dans un contexte où les Mauriciens sont, selon lui, divisés socialement, politiquement et communautairement, le pays aurait très bien pu se passer d’un tel faux pas. Abdallah Goolamallee considère qu’à travers la non tenue d’un rassemblement populaire, le gouvernement laisse le terrain à l’opposition qui sera, elle, mobilisée. D’ailleurs, le PTr, le MMM et le PMSD organisent une flag raising ceremony ce dimanche, au Port-Louis Waterfront, à 10 heures.

 

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