Affaire Gaiqui - Me Shakeel Mohamed : «Nous demandons au CP d’assumer ses responsabilités»

Par Nasif Joomratty, Ronnie Antoine, Thierry Laurent O commentaire
panel d’avocats

« Nous demandons au CP d’assumer ses responsabilités ». Propos de l’avocat Shakeel Mohamed, lors d’une conférence de presse, lundi 29 janvier, à son étude. Entouré de plusieurs autres avocats, dont Me Anoup Goodary, avocat de David Gaiqui qui s’est récusé après son post sur Facebook, Shakeel Mohammed a exprimé sa solidarité envers son confrère qui fait l’objet, selon lui, des pressions de la part de la police.

Me Shakeel Mohamed a dénoncé le comportement de certains éléments de la police. « C’est regrettable et scandaleux. Nous condamnons la pression exercée par la police sur l’avocat Anoup Goodary depuis quelques jours », a-t-il déclaré.

David Gaiqui, un habitant de Pailles, avait été arrêté, vendredi, par la CID de Curepipe dans le cadre de l'enquête sur une série de vols commis ces derniers mois. Me  Anoup Goodary, qui était l’avocat de David Gaiqui, a publié sur Facebook une photo de son client, nu et menotté assis sur une chaise, dans le bureau de la CID de Curepipe.

Face à la presse, Me Shakeel Mohamed a condamné les propos de l’inspecteur Jaylall Boojawon président de la Police Officers Solidarity Union. Selon l’avocat, il est allé trop loin pour dire que c’est normal de dénuder un suspect. Alors que Vinod Appadoo, Commissaire des prisons, dit approuver le strip search, Me Shakeel Mohammed leur a demandé de relire les Police Standing Orders. « Je demande à ces policiers d’aller lire le chapitre 12 des Police Standing Orders. À aucun moment, il n’y est mentionné qu’on doit dénuder un suspect et l’enchaîner à une chaise. Ce n’est pas la première fois que la police ne fait pas honneur à son uniforme. En tant qu’avocats, notre responsabilité ne se limite pas à représenter un client, nous avons également un devoir moral envers la société. Je salue le courage de Me Anoup Goodary et il a le droit de faire ce qu’il a fait », a-t-il souligné.

Me Shakeel Mohamed est d’avis que toutes les enquêtes auraient dû être enregistrées. « C’est la première fois qu’on a des photos de ce qui se passe derrière les rideaux. La police ne fait pas d’investigation, mais veut arracher des aveux », a-t-il précisé. Shakeel Mohamed a aussi expliqué qu’Anoup Goodary avait eu l’aval de son client pour prendre sa photo, avant de la publier en ligne. L’homme de loi va plus loin en soutenant : «  Pa akoz dan stasion bizin pran permision. Si li pa ti fer sa, li ti pou grave ». Me Yousuf Mohamed a expliqué, lui, qu’un avocat peut prendre des photos s’il voit son client se faire tabasser.

La Commission des droits de l’homme enquête

C’est par le biais d’un communiqué émis le lundi 29 janvier que l’Attorney General a fait savoir qu’il était satisfait de l’enquête que la Commission des droits de l’homme a ouverte sur le cas de David Gaiqui. C’est à la suite d’une rencontre avec le président de cette instance, l’ex-juge Dheeruj Seetulsingh, qu’il est arrivé à ces conclusions : « La National Human Rights Commission a ouvert une enquête par rapport au cas de M. Gaiqui hier, dimanche 28 janvier et j'ai rencontré le président de la Commission, M. Seetulsingh aujourd'hui. Le but étant de tenir compte des progrès accomplis sur le dossier en question. Je suis en mesure de dire que l'enquête avance de façon satisfaisante et rassure, par la même occasion, que les institutions travaillent en toute indépendance et en toute sérénité. »

Allégations de brutalité policière : Collendavelloo plaide pour l’authentification de la photo

Ivan Collendavelloo plaide pour l’authentification de la photo prise du détenu David Gaiqui. Pour le Premier ministre par intérim, il faut enquêter sur toute cette affaire… Toutefois, il faut authentifier la photo prise.