Affaire Sumputh : Anil Gayan émet des doutes sur la légalité du rapport Aujayeb

Par Thierry Laurent O commentaire
Vijaya Sumputh et le ministre Anil Gayan.

Le Bureau du Premier ministre est en présence, depuis peu, du rapport de l’Assistant Solicitor General, Lutchmeeparsad Aujayeb, sur l’ancienne directrice du Trust Fund for Specialised Care du ministère de la Santé, Vijaya Sumputh. Si les recommandations peuvent mener à de graves conséquences, Anil Gayan, alors ministre de tutelle, émet déjà certains doutes.

Vijaya Sumputh touchait Rs 323 000 comme salaire mensuel en tant que directrice du Trust Fund for Specialised Care. Elle avait obtenu une augmentation de Rs 100 000 et cette hausse a fait que son salaire avait atteint Rs 323 000. Cette révélation, faite par nul autre que le ministre de la Santé, Anwar Husnoo du Muvman Liberater (ML), au Parlement en mars dernier, avait choqué tout un chacun, même ceux dans les rangs du gouvernement et le PM. D’où la décision de Pravind Jugnauth d’instituer un Fact-Finding Committee (FFC), présidé par l’Assistant Solicitor General, Lutchmeeparsad Aujayeb. Le rapport vient d’atterrir sur la table du Secrétaire au Cabinet, Nayen Kumar Balah.

L’une des principales recommandations du rapport est que le président du FFC demande à la Commission anticorruption (Icac) d’enquêter, hormis les allocations perçues par Vijaya Sumputh, mais aussi sur d’autres points, dont sa voiture et la participation du président du conseil d'administration d’un organisme parapublic dans des activités purement politiques. Le rapport fait ici mention d’un possible conflit d’intérêts.

Le rapport peut n’avoir aucune valeur juridique. C’est ce que croit penser le ministre du Tourisme, Anil Gayan. Le Défi Plus l’a sollicité au sujet du rapport du FFC. Anil Gayan explique que, selon la loi, lorsqu’un rapport comprend des findings contre une personne et l’incrimine, celui qui préside l’enquête est tenu par les principes de l’informer. « Une fois informée, la personne doit, par la suite, être de nouveau convoquée afin de faire des représentations sur les reproches qui lui ont été faites », explique le ministre du Tourisme.

Privy Council

Vijaya Sumputh a-t-elle eu droit à une convocation ? Le ministre dit ne pas être au courant. « Il faut aller le lui demander », dit-il. Anil Gayan a aussi déclaré que, de toute façon, « le Privy Council reste l’instance suprême du pays ».

Le Défi Plus a, en plusieurs occasions, tenté d'obtenir les explications de Vijaya Sumputh, en vain. Il nous revient qu’elle ne se trouve pas à Maurice.

C’est désormais au Conseil des ministres de trancher.