Affidavit : un vidéographe déplore la manière dont l’Icac mène une enquête

Par Karina Bhoobun O commentaire
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Nawshad Khudurun, un vidéographe de Moka, a juré un affidavit en Cour suprême mardi 6 février. Il déplore la manière dont la commission anticorruption mène l’enquête après la plainte qu’il a déposée en 2016 pour dénoncer un cas allégué de tentative de corruption. Dans son affidavit, il tacle également le Mauritius Sports Council (MSC).

Nawshad Khudurun, dans une plainte à l’Independent Commission against Corruption (Icac), avait accusé le MSC de maldonne après un exercice d’appel d’offres. Il avait remis trois enregistrements aux enquêteurs de la commission.

Dans son affidavit, le vidéographe soutient qu’un des membres du conseil d’administration de la MSC lui aurait demandé de soumettre une cotation pour la réalisation d’une vidéo pour les nominés aux National Sports Awards 2015. Mais il aurait refusé car le montant proposé par le conseil était, selon lui, insuffisant. Ce membre du board, affirme-t-il, lui aurait dit qu’il allait aborder la question avec les parties concernées. Le 10 novembre 2015, le MSC aurait proposé Rs 176 000 au lieu de Rs 161 000. Raison pour laquelle Nawshad Khudurun dit avoir accepté d’aller de l’avant avec le projet. Il allègue que peu de temps après, on lui aurait fait comprendre que le board lui avait fait une concession. Il devait apprendre qu’une somme de Rs 15 000 devait être partagée parmi les membres du conseil.

Naushad Kudurrun estime que ces personnes auraient utilisé leur position pour solliciter des pots-de-vin. C’est pourquoi, dit-il, il a porté plainte à l’Icac. Nawshad Khudurun indique avoir été contacté par l’Icac en janvier 2017. Et six mois plus tard, il a été invité à participer à un exercice de parade d’identification. Il dit avoir été «choqué» de constater qu’il allait être confronté à seulement deux personnes lors de cet exercice et qu’aucun autre exercice du genre n’allait avoir lieu. Le vidéographe affirme avoir ensuite été conduit dans une pièce où il aurait été interrogé par trois officiers de l’Icac. Selon lui, la teneur des questions qui lui ont été posées l’ont mené à la conclusion qu’un «cover up» était orchestré dans cette affaire.

Sollicitée pour une réaction, la présidente du Mauritius Sports Council, Sarah Rawat-Currimjee, n’a pas souhaité commenter cette affaire car l’enquête de l’Icac est en cours.