Agression sur des employés du transport en commun : présence policière renforcée et hotline dédiée

Par Fabrice Jaulim O commentaire
bus

La police renforce ses moyens pour lutter contre les agressions sur des salariés du transport en commun. Une campagne de sensibilisation sera aussi menée. 

«La situation s'aggrave. » C'est ce qu’a déclaré Pradeep Goburdhone, conseiller au bureau du ministère des Infrastructures publiques et du Transport. Il préside un comité qui se penche sur les moyens à mettre en œuvre pour combattre les agressions, dont sont victimes les travailleurs du transport public. 

Rien qu’en 2017, la Union of Bus Industry Workers (UBIW) a enregistré 96 cas d'agression. Pour janvier 2018, trois autres cas se sont ajoutés à la liste. Le refus de certains passagers de payer leur ticket en est souvent à l’origine. Dans d'autres cas, des passagers assaillent les receveurs pour dérober leur recette. 

Dans un premier temps, une campagne de sensibilisation contre ces agressions sera lancée. Puis, une hotline sera introduite et le numéro sera affiché dans les autobus. En cas d’agression, le public appellera la hotline et une unité spéciale traitera le cas. Elle comprendra des membres de la police, du ministère du Transport et de la National Transport Authority. « Le comité veut accroître la présence policière sur les black spots », indique notre source. Une cartographie des zones à risques sera établie, relevant le nombre d'agressions par régions. 

« Ces attaques interviennent le plus souvent les dimanches matin, aux abords des boîtes de nuit et dans les quartiers chauds », indique Alain Kistnen, secrétaire de l'UBIW. « Dans le Nord, nous craignons de rouler quand il y a un fancy-fair ou un concert. Les gens ne veulent pas payer, saccagent les bus et agressent receveurs et chauffeurs », déplore Coundavel Seerungen, travailleur du transport du Nord. « Les agressions se font plus violentes, à coups de cutter. » 


Liste des points chauds 

Place de l'Immigration — tôt le matin, le soir où à la sortie des classes

Gare Victoria

Baie-du-Tombeau

Pointe-aux-Sables

Coromandel

Flic-en-Flac — à la sortie des boîtes de nuit. 

Vacoas — à la sortie des boîtes de nuit 

Curepipe — gare Jan Palach Sud

Chemin-Grenier

Route côtière entre Mahébourg et Bel-Air

Pamplemousses

Goodlands

Cap-Malheureux

Triolet

Péreybère

Plaine-Verte 

Entre Albion et Petite-Rivière


 

Agressée au gourdin 

Madvi Kauleedoss est receveuse de la United Bus Service (UBS) depuis huit ans. Elle a frôlé la mort en novembre 2017. Elle revenait d'Albion avec son chauffeur vers 18 h 30. « Il y avait un couple à bord. À peine avions-nous quitté le village d'Albion que l'homme s'est levé pour me dire qu'il ne comptait pas payer. » Quand Madvi Kauleedoss l’avertit qu'il risque d'être expulsé du bus ou d’être arrêté par la police, le jeune homme est devenu violent. « Il m’a insultée, tandis que sa compagne disait : ‘zet kas-la dan so lagel’ ». Le jeune homme s’est acquitté du ticket lorsque le chauffeur avait sollicité des policiers qui étaient sur le bord de la route. Toutefois, il a promis aux employés du bus  qu’il leur ferait payer une fois arrivé à Rose-Hill. C'est ce qu’il a fait. Dans les parages de Buckingham, le couple descend et fait appel à deux autres individus. Armés de gourdins, ils ont agressé le chauffeur et la receveuse. Pendant qu'ils s’en prenaient à Madvi, la femme a tenté de les calmer en disant : « Less li linn konpran aster. » Madvi est restée au sol plusieurs minutes durant. « J'ai pris des coups au dos et à l'épaule. Mon chauffeur et moi avons atterri à l'hôpital.» Quand la police débarque, les assaillants avaient déjà fui. La semaine dernière, ce sont des collégiennes de Petite-Rivière qui ont lapidé l'autobus de Madvi.