Air Mauritius : l’académie pour former des pilotes décolle en juin

Par Patrick Hilbert O commentaire
Air Mauritius

Après un demi-siècle  d’existence, le transporteur national veut passer à une autre étape : la formation de pilotes pour ses propres besoins et ceux d’autres compagnies. L’académie pourrait démarrer vers le mois de juin.

À 50 ans, il est temps pour la compagnie aérienne de former ses propres pilotes. L’objectif que sa direction s’est fixé est de pouvoir démarrer la formation de pilotes mauriciens, vers le mois de juin, à travers une nouvelle institution, l’Air Mauritius Flying School, qui sera elle-même placée sous l’Air Mauritius Institute. Il est question de former 10 à 12 pilotes par an.

La très prestigieuse école nationale d’aviation civile (ENAC) et Airbus ont déjà accepté d’apporter leur soutien. Air Mauritius est maintenant en pourparlers avec de potentiels partenaires sud-africains en vue de l’aider dans la formation de pilotes pour des opérations commerciales et de ligne.

La compagnie mauricienne a déjà une école permettant d’offrir des formations courtes et de rehausser le niveau de pilotes qui sont déjà formés. Maintenant, il s’agit d’aller beaucoup plus loin. « Nous voulons recruter des jeunes qui sortent du collège pour leur permettre de suivre tout le programme, afin de devenir des pilotes que nous pourrions éventuellement recruter », explique Alain Leung, responsable de la création de cette académie.

« Beaucoup de gens ne connaissent pas le métier de pilote à Maurice. C’est un métier à haut revenu et pourquoi ne pas se servir de la matière grise que nous avons dans le pays. Puis, pouvoir former nos propres pilotes permet d’avoir des gens qui entrent parfaitement dans nos critères », déclare Somas Appavoo, Chief Executive Officer d’Air Mauritius, qui est lui-même pilote.

Pour cela, le transporteur national est prêt à injecter plusieurs dizaines de millions de roupies. « Jusqu’ici, nous sélectionnions des jeunes ayant, selon nous, des aptitudes pour devenir pilotes et nous les envoyions se former dans des académies en Europe, Australie ou Afrique du Sud. Une fois leur formation terminée, ils revenaient chez nous. Notre objectif est maintenant de gérer la formation de à à Z », ajoute  Alain Leung.

Mais Air Mauritius ne pense pas seulement à renforcer ses propres troupes. L’ambition est de faire de cette institution de formation une référence reconnue dans le monde et d’attirer des étudiants de la région. De plus, dans la région, il n’y a pas beaucoup d’académies pouvant former des pilotes de ligne. Pourtant, l’industrie mondiale de l’aviation est toujours plus gourmande. « Selon nos projections, pour les cinq prochaines années, c’est 50 pilotes de ligne par jour qu’il faudra dans le monde. Air France, par exemple, veut recruter 250 pilotes par an sur les trois prochaines années », indique encore Alain Leung.

Dans un premier temps, l’académie, qui se situera dans les environs de l’aéroport, s’occupera de toute la première partie de la formation. Le partenaire d’Air Mauritius prendra ensuite le relais pour terminer le stage. L’idée est, à terme, de faire le tout localement.

Actuellement, la compagnie compte environ 300 pilotes. Depuis plusieurs années, elle s’est lancée dans la mauricianisation de son personnel naviguant. Aujourd’hui, les Mauriciens comptent pour environ la moitié du personnel. L’objectif n’est certes pas de n’avoir que des pilotes provenant du pays, mais d’augmenter le nombre, tout en gardant un certain mélange de Mauriciens et étrangers.

Moins de deux ans pour devenir pilote

Contrairement à la croyance populaire, devenir pilote de ligne ne prend pas beaucoup d’années. En moins de deux ans, une personne peut déjà être installée dans le cockpit d’un ATR en tant que copilote. Comme base, il faut un bon Higher School Certificate ou Baccalauréat. Et cela dans la filière scientifique. Avant de pouvoir entamer les études, il faut être sélectionné. Et cela passe par des tests d’aptitudes, comprenant un test psychologique, psychomoteur, entre autres.