Allégation de brutalité policière : le CCID enquête sur la publication d’une photo qui fait le buzz

Par Nasif Joomratty O commentaire
David Gaiqui.

Le Central Criminal Investigation Department (CCID) enquête sur les circonstances entourant la publication d’une photo sur Facebook, montrant un suspect en tenue d’Adam et menotté.

David Gaiqui a été arrêté, le vendredi 26 janvier, pour une affaire de vol en série. En lui rendant visite, son homme de loi, Me Anoop Goodarry, l’a trouvé enchaîné à une chaise dans le bureau de la Criminal Investigation Division (CID) de Curepipe. Il a pris une photo, qui a été publiée sur son compte Facebook.

Si les policiers ont fauté, ils seront sanctionnés»

Les limiers du CCID tenteront de connaître les circonstances dans lesquelles l’avocat a pris cette photo. Il sera convoqué pour fournir des explications. Sollicité par Le Dimanche/L’Hebdo, Me Anoop Goodarry affirme qu’il ne pouvait garder le silence sur ce qu’il a été témoin. Il explique que sa décision de se retirer de l’affaire comme avocat est temporaire. « J’ai parlé avec l’Attorney General. Il m’a affirmé que je pouvais toujours représenter les intérêts de David Gaiqui. Il se peut que je redevienne à nouveau son homme de loi », nous a-t-il déclaré.

À samedi après-midi, les Casernes centrales avaient déjà procédé à l’interrogatoire de quatre éléments de la CID de Curepipe, dont un sergent de police. Il s’agit d’un autre volet de cette enquête. Les hommes du surintendant de police Appaya, du CCID, s’étaient rendus au bureau de la CID de Curepipe pour cet exercice. Selon nos informations, les limiers de la CID auraient demandé au suspect de se déshabiller pour effectuer une fouille corporelle. Les enquêteurs ont expliqué qu’ils soupçonnaient David Gaiqui d’avoir dissimulée de la drogue sur lui. Cependant, ils ont nié toute allégation de brutalité sur le suspect. Cette enquête interne a été ouverte sur ordre du commissaire de police Mario Nobin. « Si les policiers ont fauté, ils seront sanctionnés », nous a laissé entendre un haut gradé aux Casernes centrales.

À Radio Plus, l’un des proches du suspect a affirmé que David Gaiqui niait les faits qui lui étaient reprochés. Il raconte que des policiers l’ont d’abord emmené au poste de police de Terre-Rouge, puis à Moka, avant de le transférer à Curepipe. « Il n’a rien à voir avec toute cette histoire. Les policiers m’ont dit qu’un 4x4 était impliqué dans les vols, mais David n’a pas de 4x4. Il a un van de 15 places », a affirmé le proche sur Radio Plus.

C’est du barbarisme flagrant de la part des policiers...»

L’inspecteur Shiva Coothen, responsable de communication de la police, affirme ne pas être au courant que cette photo circulant sur les réseaux sociaux. Il a indiqué que si l’avocat du détenu est persuadé que son client a été maltraité, il doit se tourner vers la Commission des droits de l’Homme.

Cette affaire a aussi été commentée par le leader du Mouvement Patriotique (MP) lors de sa conférence de presse hebdomadaire, samedi après-midi. Alan Ganoo a qualifié cet acte de barbare et réclame que ces policiers soient interdits de leurs fonctions. « C’est du barbarisme flagrant de la part des policiers », a déclaré Alan Ganoo. Le président du MP estime que la force policière a toujours des black sheeps dans ses rangs, malgré tous les efforts des autorités. Alan Ganoo a réclamé une commission pour enquêter sur la police. «  Il faut enquêter sur les écarts de conduite des policiers », a-t-il insisté. Il a aussi déploré que ce soit au lendemain de son arrestation que le suspect a été présenté devant la Bail and Remand Court. Il se dit choqué de la déclaration de l’inspecteur Shiva Coothen, qui affirme que le suspect avait été libéré, alors que ce n’était pas le cas.

Dans une déclaration à Le Dimanche/L’Hebdo samedi, Ivan Collendavelloo, le Premier ministre par intérim, a déclaré qu’il ferait la lumière sur l’arrestation de David Gaiqui, retrouvé nu et enchaîné au poste de police de Curepipe. « Je vais en parler au commissaire de police. Je souhaite qu’une enquête soit ouverte pour qu’on puisse connaître la vérité dans cette affaire. »