Allshad Peerboccus : Un homme qui doit sa survie au glaçon râpé

Par Mario Boutia O commentaire
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Allshad Peerboccus, qui a déjà fait de la prison, trouve injuste qu’il doive encore payer sa dette à la société. Son rêve de décrocher un emploi permanent lui est pour l’instant inaccessible. Pour gagner sa vie, il vend du glaçon râpé au sirop.

Allshad Peerboccus est de ceux qui n’arrivent pas à décrocher d’emploi permanent, ayant eu des démêlés avec la justice dans le passé. « Dix ans après avoir payé ma dette à la société, on me refuse toujours un emploi permanent. J’espère qu’avec le récent amendement à la Certificate of Character Act, où les offenses mineures ne figureront pas sur le document après un certain temps, je pourrai enfin trouver un emploi permanent », confie le jeune homme que nous avons rencontré samedi, à Chemin-Grenier.

Pour gagner sa vie, le jeune homme vend du glaçon râpé. Il a emboîté le pas à son père. Pour arrondir ses fins de mois, Allshad Peerboccus travaille parfois comme maçon. « Je me débrouille çà et là pour gagner ma vie honnêtement. » Ce qui explique qu’il vend ses glaçons râpés surtout les samedis et les dimanches.

Allshad Peerboccus prépare lui-même ses blocs de glaçon, en plaçant des récipients d’eau dans le congélateur. Il concocte aussi ses sirops de différents parfums, comme le tamarin, la fraise et l’amande. À 10 heures, le marchand de glaçon râpé est déjà en route. On le voit venir au loin sur la route principale de Chemin-Grenier, poussant son tricycle.

Accablées par la chaleur estivale, des personnes lui achètent des glaçons pour se rafraîchir. Quelques minutes plus tard, Allshad Peerboccus s’installe devant un magasin. « C’est quand la chaleur est intolérable que mes glaçons se vendent à gogo. Nombreuses sont les personnes qui préfèrent se rafraîchir avec du glaçon râpé au lieu de consommer une boisson gazeuse. »

À chaque commande, Allshad Peerboccus prend un bloc de glaçon qu’il passe sur une râpe placée sur un rectangle en bois. Il recueille la glace râpée dans un petit pot en plastique. Il ajoute du sirop de tamarin, de fraise et d’amande. Un pot se vend à Rs 20.

Le vendeur se rend chaque dimanche sur la plage de Pointe-aux-Roches pour écouler ses glaçons. Il profite des fêtes et rassemblements pour commercialiser ses produits. « C’est un métier qui rapporte, mais cela dépend des jours. S’il pleut ou qu’il fait froid, c’est inutile de sortir. » Il se rabat alors sur son métier de maçon. 

Allshad Peerboccus dit qu’il songe à devenir  agent de sécurité. Ce rêve lui est, pour l’instant, inaccessible à cause de son certificat de caractère. Mais il garde espoir. « Ce n’est pas parce qu’une personne a été condamnée une fois qu’elle doit le payer sa vie entière. Dieu sait que j’ai toujours agi avec honnêteté pour gagner ma vie. »