Anoup Goodary : un homme de loi qui se démarque

Par Irfaad Olitte O commentaire
Anoup Goodary

L’affaire David Gaiqui a fait l’actualité. Une photo de ce présumé braqueur qui avait les mains menottées et les pieds enchaînés, en tenue d’Adam, à la Central Investigation Division de Curepipe, dans la soirée du vendredi 26 janvier 2018, avait été publiée sur Facebook par son avocat Anoup Goodary. Portrait.

Depuis une semaine, Anoup Goodary est très pris. D’un côté, il y a les comparutions au tribunal et de l’autre, il se trouve au banc des accusés. Le Central Criminal Investigation Department (CCID) lui reproche d’avoir publié une photo de David Gaiqui nu sur Facebook. Cela n’empêche pas l’avocat de se consacrer à fond à son travail.

Anoup Goodary est originaire de chemin Gaëtan-Duval, Melville, à Grand-Gaube. L’étudiant du Mahatma Gandhi Institute se classe 3e en Higher School Certificate (HSC) (Arts Side) et il est 1er en hindouisme en 1998/99.

Après sa scolarité, il met le cap sur Londres où il s’inscrit à l’université de South Bank pour un BA Honours English Studies. Ensuite il suit un cours en pédagogie à l’Oxford House College, à Londres. Il se préparait à devenir enseignant en langue anglaise comme son père qui est un enseignant d’anglais bien connu dans le Nord. En 2007, après un LLB à l’université de Londres, Anoup Goodary s’envole pour Boston aux États-Unis pour une formation en journalisme et en Public Speaking à l’université de Harvard.

Inspiré par Sir Gaëtan Duval

En 2008, pour son plaisir personnel et pour s’enrichir intellectuellement, il s’inscrit à un Graduate Diploma in Law à BPP University Waterloo Londres. Il est loin d’imaginer qu’il allait devenir avocat.

Entre-temps, la City Law School de Londres avait accepté sa demande pour le Bar Course d’avocat. Il saisit l’occasion et passe avec succès les quinze examens de Bar à sa première tentative. La carrière d’Anoup Goodary prend alors une autre tournure. En janvier 2012, il prête serment au barreau mauricien, mais il retourne à Londres, car il avait un full time UK work permit jusqu’en février 2016.

Après avoir passé une quinzaine d’années au centre de Londres, il rentre finalement au bercail, à la demande de son père.

En mars 2016, il décide d’exercer à plein temps au barreau mauricien. Il a la chance de faire son apprentissage avec Ivan Collendavelloo SC, Yousuf Mohamed SC, Antoine Domaingue SC et Rama Valayden. Dans son cercle d’amis proches se trouvent Me Ravi Rutnah, Me Sanjeev Teeluckdharry, Me Dick Ng Sui Wa, Me Ashley Hurrangee et Me Neelkanth Dulloo, entre autres. Son inspiration lui vient de sir Gaëtan Duval. « J’ai un seul tableau dans ma maison et c’est un grand portrait de sir Gaëtan Duval QC, avec un visage tout souriant, plein d’énergie, rempli d’audace et d’espoir. Quand j’ai un doute dans ma vie professionnelle ou personnelle, je regarde son visage et je me demande comment il aurait fait. »

Les rastas arrêtés dans la capitale pour possession d’un plant de cannabis durant leur prière, le dossier des marchands ambulants, les allégations de brutalité policière à l’égard des artistes, l’affaire Kunal Gauzee, en cour d’assises avec l’équipe de Rama Valayden, l’affaire Sanjay Luchmun et l’affaire Jean Christophe Bryan Lacloche, avec Ashley Hurrangee, l’affaire Brandon Cangy, entre autres, sont autant d’affaires brûlantes qu’Anoup Goodary a traitées.

Il compte mener son combat sans relâche. Humaniste dans l’âme, il lâche qu’un jour Me Antoine Domaingue lui avait fait cette remarque : « Tu ne peux pas être avocat si tu as les mains tièdes ! »

Il se bat donc avec détermination, sans frayeur et sans relâche et puise sa force dans la spiritualité.

Ni saint ni héros

Anoup Goodary cumule les polémiques. Il avait fait placer un panneau pour indiquer à ses clients la direction de sa maison et de son bureau d’avocat à Chemin Vingt-Pieds, à Grand-Baie et le Bar Council l’avait interpellé. L’avocat confie qu’il éprouve beaucoup de peine à avoir accès à ses clients mis en état d’arrestation par l’Anti-Drug and Smuggling Unit (Adsu) de Grand-Baie.

Il n’est pas quelqu’un qui se laisse faire. En 2013, alors que Ravi Rutnah était convoqué au CCID dans l’affaire Michella Harte, les policiers lui avaient refusé l’accès. Il avait eu une vigoureuse prise de bec avec les policiers et avait protesté vivement afin de pouvoir parler à son client.L’avocat fait néanmoins ressortir qu’il n’est ni un saint ni un super héros mais « une personne ordinaire, simple, avec des émotions et remplie de faiblesses. »

« La politique, comme elle l’est actuellement, ne m’intéresse pas ! », ajoute-t-il. « La politique c’est le social et c’est aussi avoir un peu d’amour sincère dans le cœur pour son prochain », estime-t-il.

Celui qui voulait changer le monde quand il était jeune, aspire dorénavant à travailler sur ses qualités. Il confie que la vie intérieure le passionne. Il a développé ce penchant pour se découvrir, après avoir vécu dans des ashrams en Autriche, en Allemagne, en France, en Angleterre, en Inde, en Thaïlande et récemment au Dhamma Java Bogoren en Indonésie. L’avocat a des certificats internationaux qui le qualifient pour être prof de yoga. Il détient un certificat obtenu à Rishikesh en Inde.

David Gaiqui, le client d’Anoup Goodary, a été blanchi le vendredi 2 février. Pour son avocat ce n’est pas une victoire personnelle, mais une victoire pour le peuple mauricien.