Applications mobiles : les services locaux à portée de main

Par Rajmeela Seetamonee, Thierry Léon O commentaire
Applications mobiles

Le gouvernement, à travers le ministère de la Technologie, lance sept applications mobiles cette année. Ces logiciels pourront faciliter la vie des Mauriciens dans divers secteurs. Il existe déjà plusieurs applications populaires. Dossier.

À l’ère du numérique, il est désormais facile d’accéder à des informations et à des services. En effet, les applications mobiles sont en vogue. Elles sont utiles, pratiques et à portée de main.

L’informaticien Avinash Meetoo explique que l’avènement des smartphones a généré le développement des applications mobiles. Une application mobile est un logiciel payant ou gratuit qui peut être téléchargé sur un smartphone.

« Auparavant, les utilisateurs devaient se contenter des fonctionnalités proposées par les constructeurs de téléphone mobile. Puis, iPhone d’Apple a vu le jour et avec lui des applications mobiles. Cela permet aux mobinautes d’avoir accès à plusieurs fonctions »

« Auparavant, les utilisateurs devaient se contenter des fonctionnalités proposées par les constructeurs de téléphone mobile. Puis, iPhone d’Apple a vu le jour et avec lui des applications mobiles. Cela permet aux mobinautes d’avoir accès à plusieurs fonctions », dit-il.

L’informaticien indique que Maurice est parmi les pays du monde qui jouissent d’un fort taux de pénétration de smartphones.

Avinash Meetoo trouve que les smartphones sont désormais abordables et certains Mauriciens préfèrent en avoir au lieu d’une tablette ou d’un ordinateur. Ces utilisateurs vont donc télécharger des applications.

Il ajoute que les applications populaires sont celles qui sont utiles. « Les réseaux sociaux sont sans doute les applications les plus populaires à Maurice, suivis des applications de jeux et de divertissement. Puis, il y a ceux qui aiment se documenter », constate-t-il.

Notre interlocuteur note que le développement des applications mobiles à Maurice a commencé il y a deux ans. « D’abord, il y a eu des applications comme des outils de marketing. Puis, certaines ont été créées pour faciliter la vie des Mauriciens, par exemple, Traffic Watch de Mauritius Telecom. Elle permet aux mobinautes de suivre en temps réel le flux de la circulation sur leur smartphone ou tablette. Une application peut être créée par n’importe qui et sur n’importe quel sujet », indique-t-il.

Avinash Meetoo explique que de nombreuses applications mobiles dans le monde dépendent des données du gouvernement. Il cite l’exemple d’une application sur les pharmacies de garde. « Pour créer cette application, le développeur a besoin des horaires d’ouverture et ces informations sont fournies par le ministère de la Santé. L’Open Data, annoncée dans le budget, entrera bientôt en vigueur », poursuit-il. Il s’agit d’une plate-forme sur laquelle le gouvernement va publier des informations dans différents domaines. Elles pourront alors être exploitées par les développeurs.

Qu’en est-il du cadre légal ? « Maurice est déjà très en avance dans le domaine juridique. Les gens sont obligés de se conformer aux lois notamment la Computer Misuse Act », fait-il observer.


Concorde excursion

Jerry Live Pan, l’ICT Manager chez Concorde Mauritius. 

Les compagnies mauriciennes ont compris que pour toucher plus de clients, il est désormais important d’avoir une plate-forme sur la Toile. C’est ce qui explique l’émergence des applications mobiles.

Cela fait deux ans que l’agence Concorde Mauritius propose à ses clients une application mobile. Concorde excursion invite ainsi les touristes à découvrir le pays à travers une centaine de lieux d’attraction.

« Auparavant, nos agents étaient dans les hôtels brochures à la main pour vendre nos excursions. Puis avec l’évolution, nous avons choisi de créer une application mobile qui est beaucoup plus simple à utiliser, » explique Jerry Live Pan, ICT manager de la compagnie. 

« D’abord, le client peut réserver. Après sa réservation, il peut également effectuer son paiement avec sa carte de crédit. De plus, il peut prendre connaissance de toutes les excursions que nous proposons. »

Les applications c’est avant tout une stratégie de marketing. L’application de Concorde est disponible gratuitement à la fois sur IOS et sur Android. « Comme beaucoup d’applications dans le monde, nous avons choisi de le mettre à la disposition de nos clients gratuitement. C’est gratuit parce que nous voulons toucher un maximum de clients », fait ressortir Jerry Live Pan.


JuiceByMCB

L’application JuiceByMCB compte plus de 150 000 utilisateurs. 

Lancée en juin 2013, l’application JuiceByMCB, est certainement l’application mobile la plus utilisée à Maurice. Près de 150 000 clients de la MCB se sont abonnés à Juice et quelque 1 200 commerçants offrent la possibilité de payer en utilisant cette application.

Consciente des attentes de ses clients, la MCB proposera bientôt un tout nouveau look à son application. Il a aussi pour objectif d’être encore plus « user-friendly » et d’offrir une expérience optimisée en termes de navigation.

Outre la possibilité d’effectuer des paiements, de retirer de l’argent à un guichet automatique sans une carte de débit et d’avoir accès à PayPal pour des achats en ligne, l’application comportera d’ici peu de nouvelles fonctions simplifiées. L’identification par empreinte digitale ou encore la modification de la limite quotidienne de transfert figurent parmi elles.

Une autre nouvelle fonction : le paiement par code QR. Il suffira désormais aux utilisateurs Juice de scanner le code QR Juice d’un commerçant, d’insérer le montant, de choisir le compte à débiter et de valider la transaction.

Pour Alain Law Min, Chief Executive Officer (CEO), MCB Ltd, il est important de se mettre à l’ère numérique. « La MCB continue d’innover en proposant diverses solutions innovatrices en matière de paiement. Avec le lancement du service “Touch & Pay” et la nouvelle version de l’application mobile JuiceByMCB, qui s’enrichit de nouvelles fonctions telles que le paiement par QR Code, nous demeurons fidèles à notre vocation : celle d’être pionnière de l’innovation, afin de mieux répondre aux besoins de nos clients. De ce fait, nous nous positionnons résolument comme une banque numérique, avec cette touche humaine qui fait la différence. »


Mauritius Traffic Alert et Mauritius Airport

Mauritius Traffic Alert compte 1 000 utilisations par jour.

Mobi Move existe depuis 2011 et s’est lancée dans le développement des applications mobiles depuis un an. « Les Mauriciens utilisent souvent Whatsapp, Facebook et Instagram. Puis, Mauritius Traffic Alert et Mauritius Airport sont les applications locales les plus utilisées », explique Suryani Chang, Chief Operating Officer de Mobi Move. La société a créé ces deux applications.

Mauritius Traffic Alert permet aux chauffeurs de partager des informations entre eux. Elle a été lancée en juin 2017 et a été téléchargée plus de 10 000 fois. Elle compte 1 000 utilisations par jour. Mauritius Airport est un produit créé pour Airport of Mauritius (ATOL). Les voyageurs peuvent vérifier les horaires des vols et accéder à des « reward vouchers », entre autres.

« Bientôt, l’application va accueillir une plate-forme e-commerce, afin de permettre aux voyageurs de s’offrir des activités telles que la skydiving. Mauritius Airport compte environ 100 000 téléchargements depuis son lancement en décembre 2016 et entre 600 et 700 utilisateurs quotidiennement », dit notre interlocutrice.

Mobi Move développe aussi des applications pour Visa EU, des banques, les médias et des concessionnaires, entre autres. D’après Suryani Chang, il faut ouvrir et payer un compte développeur sur des stores. Les stores les plus influents en ce moment sont App Store d’Apple et Play Store de Google. Pour être visible sur Play Store, il suffit de payer 25 dollars américains, à une seule reprise, alors qu’App Store demande 99 dollars américains par année.


Alain Ramanisum

À ce jour, Alain Ramanisum est le premier et seul artiste local à avoir une application mobile. Pour ce dernier, c’est aujourd’hui un « must ». « Je dois remercier François Mark, le développeur de cette application. C’est lui qui m’a donné l’idée de la lancer. C’est devenu une réalité en 2014 et aujourd’hui cela m’aide beaucoup dans ma vie artistique. C’est désormais indispensable. »

Les fans de l’artiste découvrent tout sur celui-ci. « Ces derniers disposent de ma biographie, de ma discographie, des dates de tournées, de mes clips et de toute mon actualité. Ils peuvent même découvrir en avant-première mes chansons. »

Du sang neuf

Cloudhub Co. Ltd, en collaboration avec la Blood Donors Association, a lancé l’application Mauritius Blood Donors, lors de la 5e édition du Salon de la Famille et de la Santé l’an dernier. Selon Zaynah Imrit, Operations Manager chez Cloudhub Co. Ltd, l’application annonce des collectes de sang et des événements. Elle permet aussi d’accéder à un registre. De plus, si un utilisateur recherche un groupe sanguin spécifique, les autres seront notifiés à travers un message. « Nous avons créé l’application sur une base humanitaire et non pour générer des profits. C’est une de valeurs de Cloudhub », dit-elle.

Bon’App

Une nouvelle version de Bon'App sera bientôt disponible, annonce Bianca de Chazal.

Bon’App existe depuis deux ans et demi. Selon la Manager, Bianca de Chazal, l’application a été téléchargée plus de 10 000 fois et accueille un millier d’utilisateurs par mois.

« Bon’App est un répertoire d’adresses et d’offres des restaurants de l’île. L’application agit comme un pont entre les restaurateurs et ceux souhaitant manger dans un restaurant. L’application est téléchargeable gratuitement. Les restaurants paient un frais pour être visibles sur Bon’App. C’est ainsi que nous générons nos revenues » explique Biance de Chazal.

Bientôt, Bon’App va présenter une nouvelle version. « Cela a nécessité un important investissement, mais il nous faut être à jour avec l’ère numérique et la demande de nos utilisateurs et restaurateurs », explique-t-elle. Elle fait ressortir qu’une application est indépendante d’un site d’internet. « Mais nous proposons les deux produits, afin de faciliter la vie à nos utilisateurs », dit-elle.


Sept nouvelles applications

Soucieux de faire de Maurice, une île numérique, le gouvernement lancera prochainement sept nouvelles applications mobiles.

Search Gov
L’application Search Gov sera une plate-forme pour, entre autres, découvrir tous les services du gouvernement mauricien. Les internautes pourront également prendre connaissance des dernières politiques du gouvernement.

Smart Police
Smart Police est une application pour avoir des informations sur les centres de refuge pendant la période cyclonique. L’application servira aussi de lien entre le public et la force policière.

Smart Traffic
Smart Traffic donnera au public tous les renseignements sur le trafic routier.

Family Welfare
Family Welfare permettra de rapporter les cas de violence domestiques et d’abus sur les enfants tout en conservant l’anonymat.

Consumer Rights
L’application Consumer Rights enregistrera les doléances des consommateurs par rapport aux produits défectueux ou à un mauvais service. Ces plaintes iront directement à la Consumer Protection Unit. Les consommateurs pourront également envoyer des photos ou des documents pour appuyer leurs doléances.

School Companion
School Companion donnera des informations sur le « timetable » des étudiants, leur présence, les activités scolaires et des événements. D’autres versions de cette application permettront de recevoir les résultats de l’élève.

SME NET
SME NET se présente comme une vitrine pour les projets novateurs et les idées. Des entrepreneurs, des jeunes innovateurs et probablement des travailleurs sociaux, seront invités à partager leurs projets et idées pour améliorer la vie des Mauriciens. Le public pourra aussi donner son avis sur les propositions.


Les applications de Mauritius Telecom

Le développement des applications mobiles permet à Mauritius Telecom (MT) d’être plus proche de ses clients et de se positionner comme un acteur principal du développement des applications mobiles à Maurice et dans la région.

Les applications de MT se positionnent dans le Top Chart des téléchargements à Maurice. Par exemple, sur les plateformes Android et IoS, TrafficWatch compte plus de 100 000 téléchargements, My. T TV plus 70 000 téléchargements et My. T Top Up 30 000 téléchargements.

Traffic Watch a d’ailleurs décroché la récompense de la meilleure application mobile sur le continent africain. MT a été récompensé pour cette application lors de l’AfricaCom Awards 2016. L’application est très populaire de par sa dimension novatrice et sa simplicité d’utilisation.

Traffic Watch a su conquérir les cœurs des Mauriciens pendant des événements tels que Maha Shivratree, le pèlerinage vers le tombeau du père Laval et plus récemment durant l’événement Porlwi by Nature.

L’application permet aux Mauriciens d’avoir une vue de la circulation routière en temps réel. Cette application est utilisée pour avoir une vue d’ensemble du trafic routier dans certains endroits. Une des innovations majeures et très appréciées des utilisateurs est le fait d’avoir une vue aérienne des événements.

My. T TopUp est aussi très connue. Elle permet aux clients de gérer leur compte mobile en leur donnant un relevé de leur consommation de crédit mobile ou de forfait Internet. Cette application offre aussi la possibilité aux clients d’acheter des forfaits d’appels ou d’Internet mobile.

L’équipe Innovation de Mauritius Telecom est responsable du développement des applications et dans certains cas fait appel à des prestataires locaux. Pour certaines applications, la compagnie travaille avec des partenaires locaux et des équipementiers.

Les applications mobiles de Mauritius Telecom sont Traffic Watch, Myt. T TopUp App, My. T TV app for TV service, eCitizen, NouMoris, Chaké en collaboration avec PLDI (Port Louis Development Initiative) et Mauritius Drive Safe.


Développeur d’applications mobiles : les codes de demain

Développeur d’application mobile est un métier en plein essor avec les avancées technologiques. Comme François Mark, de nombreux développeurs jonglent avec une multitude de codes pour créer des applications. Portrait.

Aujourd’hui, il suffit de sortir son téléphone cellulaire de sa poche pour payer ses factures, commander à manger voire réserver son billet d’avion. Comment ? Tout simplement grâce à des applications mobiles.

François Mark fait ce métier depuis une vingtaine d’années. Directeur d’IGFX Studio, une boîte de multimédia, il en a fait du développement des applications mobiles son fer de lance.
Pour lui, le point de départ c’est toujours la créativité. « On aura beau suivre des formations, il faut toujours une dose d’audace et d’originalité pour offrir un produit de qualité supérieure. »

« La conception et la création d’une application mobile peuvent prendre un an »

Et là, il n’y a pas de secret, il faut bouquiner. « Pour rester à la page, il faut passer des heures à se documenter sur les dernières technologies. Cela se fait à travers des magazines ou en surfant sur le la Toile », explique François Mark.

Mais qu’est-ce qu’une application mobile ? « Pour faciliter la compréhension, on va dire que c’est un encodage pour abriter l’interface et le contenu de l’application. En principe, une application mobile est toujours comme une extension d’un site web classique. Les deux échangent des informations afin de générer du trafic. C’est simple », répond-il.

Par contre, ce qui est loin d’être une mince affaire, c’est le processus d’encodage. « La conception et la création d’une application mobile peuvent prendre un an. Il suffit que le client veuille ne serait-ce que changer une couleur, pour que le développeur ait à recommencer du début. C’est pratiquement le seul inconvénient quand il en vient à la création des applications. »

Par ailleurs, c’est le prix qui freine les entrepreneurs pour opter pour cet outil informatique. « La réalisation d’une application mobile requiert du temps c’est pour cela que cela coûte cher. En moyenne il faut compter Rs 100 000 à monter pour une application mobile. Ce qui n’est pas donné. Mais je pense qu’à l’avenir on va pouvoir ramener ce prix à la baisse pour rendre les applications mobiles accessibles. »

« On aura beau suivre des formations, il faut toujours une dose d’audace et d’originalité pour offrir un produit de qualité supérieure »

Et la formation dans tout cela ? « Certains se tournent vers les universités. C’est bien, je ne dis pas le contraire. Mais dans ce métier, il faut se laisser guider par sa curiosité. Ainsi, on peut tout apprendre via la Toile et les livres sur le sujet. »

Selon lui, les applications mobiles sont vouées à un brillant avenir. « Prochainement, les applications mobiles seront plus intelligentes. Elles viendront davantage simplifier la vie des utilisateurs. Elles pourront par la suite gérer notre maison et nos préférences musicales, entre autres. L’avenir ne tardera pas à nous le démontrer », dit-il.

François Mark l’encodeur !

Passionné par l’informatique, François Mark se fait embaucher par Presse Image, une société française venue développer l’Internet à Maurice. Alors étudiant, en Form V, il entame une formation en parallèle. Après avoir passé deux ans avec Presse Image, il travaille pour une autre compagnie française avant d'être embauché dans le secteur civil. En 2011, il décide de lancer sa propre entreprise. IGFX Studio est né.

Fin 2017, sa boîte signe un partenariat avec Google Expedition, pour fournir du contenu de réalités virtuelles pour les enseignants.