Arrestation de l’escroc Jean Yves Cossigny : 25 dépositions consignées à ce jour

Par Irshaad Olitte O commentaire
Jean Yves Cossigny

L’enquête de la police de Terre-Rouge sur le rôle du supposé agent recruteur Jean Yves Cossigny progresse. Le nombre de plaintes logées contre le suspect de 69 ans est passé de 14 à 25, le montant des sommes escroquées s’élève désormais à Rs 986 000.

L’affaire se corse pour Jean Yves Cossigny. Depuis la publication de l’article sur ses agissements en Une du Défi Plus du 26 novembre, les dénonciations à la police se multiplient contre le vieil homme. Leur nombre est passé de 14 vendredi dernier à 25, mercredi.

Depuis le week-end dernier, plusieurs personnes auxquelles Jean Yves Cossigny avait promis de l’emploi au Canada se sont ruées au poste de police de Terre-Rouge. Elles ont pris connaissance de son arrestation et de son profil d’escroc dans l’article du Défi Plus relayé sur le site www.defimedia.info.

Neha, 22 ans, rêvait d’un avenir meilleur au Canada. Elle explique avoir été choquée en découvrant l’arrestation de l’escroc présumé. « Samedi vers minuit, j’ai lu sur Facebook l’article relatif à Jean Yves Cossigny. Choquée, j’ai porté plainte le lendemain. Mon frère, ma belle-sœur et moi avions cru en ses promesses », dit Neha.

C’est en 2015 qu’ils sollicitent les services du pseudo agent-recruteur. Neha a déboursé Rs 32 000 pour ses démarches. L’agent lui avait promis un emploi de vendeuse dans une boutique d’hôtel au Canada.  « Li ti dir mwa mo ti pou gagn Rs 40 000 par mwa. »

Le départ est prévu en août 2016. La date approche mais Neha ne voit rien venir. « Il a prétexté divers problèmes à cause d’un vol commis par un groupe de Mauriciens dans cet hôtel au Canada ». Neha et ses proches disent avoir cru aux promesses de Jean Yves Cossigny. « Li dir li pe rod dimoune pou al Canada ar nou. » Les jours passent et toujours rien. Cette fois, la jeune fille et ses proches commencent à désespérer.

Ils décident de réclamer leur argent au bureau de l’agent à St-Joseph, Terre-Rouge. Mais les locaux sont fermés. Neha communique avec l’agent par interphone : « Je voulais le voir, il m’a répondu qu’il était indisponible. Depuis, je n’ai pu communiquer avec lui. Linn zwe sove ar mwa. »

Convaincue d’avoir été bernée, elle porte enfin plainte. Elle se dit très affectée par cette mésaventure et souhaite récupérer son argent. « Monn fer boukou sakrifis pou ramass Rs 32 000. Mo spere li pou ranbours nous kass, la police bizin sezi so dibien…» dit-elle.

Jean Yves Cossigny reste en détention policière. À mercredi, 25 plaintes pour escroquerie alléguée ont été logées contre lui, pour une somme totale de Rs 986 000 extorquée. Il a été inculpé d’escroquerie (swindling) en cour de Pamplemousses. À son casier judiciaire figurent six précédentes condamnations pour escroquerie, la dernière remonte à 1986.

Mardi,le panel d’enquêteurs de Terre-Rouge, dirigé par le chef inspecteur Reeaz Jummun, le caporal Dahoo et le constable Bhunjun, ont perquisitionné le bureau de l’agent-recruteur.Un ordinateur, six passeports et un livre religieux ont été saisis. Une des victimes avait affirmé à la police que Jean Yves Cossigny avait juré sur ce livre qu’il l’enverrait au Canada.