Ce lundi 8 octobre a été fatidique : c'était le dernier jour pour la soumission des fiches d'impôt. Certains Mauriciens croyaient que le gouvernement allait quand même modifier la taxe résidentielle (National Residential Property Tax, NRPT) et la ponction sur les intérêts bancaires. Deux mesures très mal accueillies par l'électorat travailliste.

C'était aussi le jour de la dernière chance pour Dinesh Ramjuttun, conseiller spécial du Premier ministre à qui on prêtait l'intention d'aller soutenir le MMM.

Or, il n'y a eu aucune modification et la politique de Sithanen n'a pas été remise en question. Occasion pour Sithanen de consolider sa position et de rabattre le caquet à ses propres détracteurs au sein de l'Alliance sociale. Sithanen a eu recours à une méthode qui lui est propre. Il crée l'impression qu'il claque la porte et démissionne. Le même cinéma s'était produit en mars 2007 quand le ministre avait soi-disant démissionné.

Donc, la journée du lundi 8 octobre a permis à Sithanen de serrer la vis et de s'affirmer comme seul maître à bord. Clairement, il a le soutien du Premier ministre puisque rien n'a été changé au niveau de l'Income Tax.

Jusqu'à  la présentation du prochain budget, Sithanen est bien en selle au ministère des Finances. Mais le Premier ministre reste le véritable décideur. Si Sithanen sert les intérêts du gouvernement, tant mieux, qu'il reste. Mais si Sithanen devient une source d'embarras, pas de problème. Il passe à la trappe. Mais ce n'est pas pour bientôt.

Quant à Ramjuttun, on apprenait en début de matinée que le Premier ministre allait l'amadouer et le maintenir à son poste de conseiller. Si Ramjuttun n'a pas été révoqué, c'est qu'il sort grandi de cette épreuve. Il sera un franc-tireur et attention aux dégâts. Mais il roulera pour le Premier ministre.