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Débat sur les 40 ans d’Indépendance : L’influence du communalisme sur la politique décriée
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By Le Défi Media Group
Published on 9th March, 2008
 
Le débat organisé par Radio-Plus, samedi, dans le cadre du 40e anniversaire de l’Indépendance du pays, a été riche en propositions. Si Jack Bizlall suggère la Deuxième république, Vidula Nababsingh propose un pacte contre le communalisme, tandis que Cassam Uteem et Nita Deerpalsing réclament l’élimination des « bases » durant les campagnes électorales.
 

 
Un thème, un plateau rehaussé et une audience réceptive. Les ingrédients étaient réunis, samedi, à la salle du Conseil de la mairie des Villes sœurs pour un débat de haut niveau. Pour le forum-débat, sur le thème 40 ans après : Constats et perspectives, Nawaz Noorbux et Jean-Luc Emile avaient, comme invités : Cassam Uteem, Vidula Nababsing, Jack Bizlall, Nita Deerpalsing, Malenn Oodiah et Jocelyn Chan Low.

La présence du communalisme dans la politique a été un des points forts des débats. Tous les participants sont unanimes à reconnaître que les lobbies à caractère communal minent l’action politique. Vidula Nababsing, ancienne dirigeante du MMM, a été la plus tranchante. Elle trouve « inacceptable » l’influence des sociétés socioculturelles sur la classe politique. « Certains entrent en politique avec de bonnes intentions. Mais en chemin, ils se laissent récupérer par des sociétés socioculturelles qui les enguirlandent », observe-t-elle.

Pour remédier à la situation, la sociologue lance l’idée que les partis politiques signent un pacte et adoptent un Code de conduite. « Arrête recevoir guirlandes ! » lance-t-elle aux politiciens. Car, dit-elle, les sociétés socioculturelles ne représentent pas grand-chose et la religion ne devrait être limitée qu’au domaine privé.

Interdire les ‘bases’ communales
L’ancien Président de la République partage l’avis de son ancienne camarade d’armes au sein du MMM au sujet du pacte. Celui-ci soutient que l’ossature de ce Pacte devrait contenir des provisions interdisant les « bases » créées sur une base communale par des « rodère boutte », combattre l’influence des sociétés socioculturelles sur la politique et empêcher toute interaction entre la religion et la politique. Ces sociétés qui existent dans toutes les communautés, fait-il ressortir, se contentent uniquement de faire du lobby pour certains.

La députée PTr Nita Deerpalsing a abondé dans le même sens. Mieux, elle réclame l’élimination pure et simple des « bases » durant la campagne électorale. « C’est une abomination ! L’existence des bases dénature la notion même de la démocratie. Je suis horrifiée qu’au sein d’un parti politique, des camarades disent qu’il faut avoir des bases à caractère ethnique ça et là », fulmine-t-elle. Ces « bases », fait-elle ressortir, ne servent pas à grand-chose pour les candidats : « C’est enn place acotte asizer, manger, boire et joué domino ».

Pour Jack Bizlall, la solution est simple : « Il faut venir de l’avant avec une nouvelle Constitution sous une 2e République. » Selon lui, les raccommodages et autres rapiéçages ne serviront à rien. « Un changement en profondeur s’avère nécessaire. On ne peut plus continuer avec de telles pratiques indignes. Un emploi ou une promotion ne peut pas dépendre de la communauté ou de la caste d’une personne », lance-t-il.

Soulignons que Cassam Uteem s’est prononcé pour l’abolition du système de députés correctifs, mais qu’il faut, pour cela, introduire la réforme électorale.

Le système éducatif décrié
L’ancien président de la République, Cassam Uteem, a fait le procès de notre système éducatif : « C’est un système élitiste qui exclut pas mal d’enfants. À partir du primaire, environ 30 % d’enfants sont exclus de l’école. Il n’y a pas un système pour les repêcher. »

Selon lui, ce système élitiste produit des égoïstes : « Quand j’étais étudiant, nous partagions les ‘notes’ avec les camarades qui étaient absents. Mais, aujourd’hui, un enfant n’hésitera pas à déchirer une page d’un magazine de la bibliothèque de l’école afin que ses camarades ne puissent pas avoir ces informations. » Pour Cassam Uteem, on ne peut pas blâmer que le système d’éducation car les parents ont également leur part de responsabilité.

Il s’est également élevé contre les conditions de vie de certains enfants : « Certaines familles vivent dans des conditions inhumaines. Les animaux sont mieux logés qu’eux. Leurs enfants traînent la rue. Demain, s’ils volent pour remplir leur ventre, ne va-t-on pas les taxer de voleurs ? » Après ce diagnostic, il propose une refonte complète de notre système d’éducation.
L’historien Jocelyn Chan Low estime, lui aussi, que notre système éducatif est basé sur la compétition. Il constate aussi l’absence d’idéal parmi les jeunes : « Dans les années 70, nous sommes descendus dans la rue pour changer le système. » Vidula Nababsing, elle, dira tout simplement que la présente génération d’adultes a échoué.

Maturité de la nation
Cassam Uteem est d’avis que la nation mauricienne a atteint sa maturité. Mais Nita Deerpalsing ne partage pas son avis : « Beaucoup reste à faire. Le chemin de la construction d’une nation mauricienne est parsemé de divisions. Nous ne sommes pas dans la bonne voie. » Vidula Nababsing se réjouit de ce que « nous sommes parvenus à garder un équilibre » qui fait défaut dans beaucoup de pays. Jack Bizlall, pour sa part, dira que la société mauricienne a commencé à atteindre sa maturité depuis 1920. Quant à Malenn Oodiah, il observe que le concept le plus approprié de la nation mauricienne c’est « le vouloir vivre ensemble. » De son côté, Jocelyn Chan Low décrit la nation mauricienne comme une « nation de métissages culturel et biologique. »