Jack Bizlall et son Mouvement Premier Mai militent pour la légalisation
de la prostitution. " Nous sommes pour la légalisation de ce qu’on peut
appeler la prostitution libre. Nous sommes aussi pour la légalisation
de la prostitution en tant que métier salarié, bien que cette
légalisation doit impérativement être soutenue par une démarche pour
encourager ces travailleurs à pratiquer ce métier autrement ou tout
simplement de choisir un autre métier. Il existe tout un encadrement à
mettre en place ", explique-t-il.
Jack Bizlall et son Mouvement Premier Mai militent pour la légalisation de la prostitution. " Nous sommes pour la légalisation de ce qu’on peut appeler la prostitution libre. Nous sommes aussi pour la légalisation de la prostitution en tant que métier salarié, bien que cette légalisation doit impérativement être soutenue par une démarche pour encourager ces travailleurs à pratiquer ce métier autrement ou tout simplement de choisir un autre métier. Il existe tout un encadrement à mettre en place ", explique-t-il.
Pour agir dans un cadre démocratique acceptable et venir de l’avant avec un référendum sur la question, le Mouvement a étudié ce qui se passe dans d’autres pays et ce qui se passe à Maurice. Cet exercice est considéré comme essentiel pour que le respect d’une des libertés fondamentales de l’individu, soit soutenu par le respect des droits de toutes les personnes concernées et non uniquement les prostituées. " La collectivité dans tous les sens sociaux du terme a, dans le cas de cette liberté, un droit démocratique qui est celui de n’être ni affecté par ce métier et d’avoir à contribuer à son développement. Le plus vieux métier du monde est encore jusqu’aujourd’hui vilipendé dans les salons et pratiqué dans l’arrière salle ", fait remarquer Jack Bizlall.
Le Mouvement, poursuit-il, a pris position pour la légalisation de la prostitution dans son manifeste ‘Toi et Moi’. " Nous avons amplement abordé la question liée à la liberté personnelle de chaque individu libre, consentant, adulte et sain d'esprit de se prostituer. A notre point de vue il n'y a aucune raison de criminaliser la pratique de la prostitution sous la définition que nous lui avons donnée. Nous abordons la question philosophique dans le livre Toi et Moi ", explique-t-il.
Jack Bizlall rappelle que dans quelques pays, la prostitution est décriminalisée pour la prostituée ou pour le client : " Il n'existe pas que l'aspect de décriminaliser la prostitution. Le projet de la légaliser est envisagé dans certains pays. L'Allemagne est déjà à l'avant-garde de la légalisation de la prostitution. "
Dans le cadre d'un tel débat, il soutient qu'on ne peut occulter le fait que la majorité des prostituées ont fait de la prostitution un métier. A son avis, les prostituées en général ont le contrôle de leur liberté. " Elles vendent des services sexuels chez elles ou dans des endroits qu'elles louent. Elles font le trottoir, racolent dans des lieux publics, font de la publicité dans des revues spécialisées ou recrutent leurs clients par le biais du portable ou des services de renseignements spécialisés ", dit-il. Ce type de prostitution, reconnaît-il, pose un certain nombre de problèmes. Mais la tendance est de les laisser faire bien qu’elles soient confrontées à des problèmes multiples comprenant les maladies, la violence des clients, les policiers et les habitants des endroits où elles opèrent.
Cependant, d’autres sont employés dans des saunas, des centres de massage, des bordels, etc. Elles ont un contrat de travail dont les conditions doivent être respectées et sont confrontées aux mêmes problèmes que l’ensemble des autres catégories de travailleurs en terme des rémunérations reçues, d’intensité de travail, d’heures de travail, de chômage, de sécurité sociale, de congé de maladie ou de repos, de pension ou de sécurité dans le travail. " Dans ce cas précis, elles ont entièrement le droit de se syndiquer et de revendiquer leurs droits en tant que travailleurs. Pour ces raisons, il n’est pas évident que l’opinion commune est en faveur de sa légalisation. Même si la légalisation d’un tel métier est inévitable pour plusieurs raisons et que la syndicalisation des prostituées est un droit non reconnu ", considère-t-il.
Jack Bizlall déclare qu'il faut aussi envisager la désaliénation à un tel type de travail: " Le combat contre l’exploitation des femmes et l’objectif ultime est de casser les rapports explotants-exploités qui est beaucoup plus inacceptable dans la société que nous vivons où tout est marchandise. "
Esclavagisme et engagisme
Pour Jack Bizlall, la prostitution inclut tout acte sexuel consenti contre de l'argent : " Il existe une idéologie qui ne fait pas entrer dans le même terme prostitution les actes consentis contre des faveurs en nature ou sous forme de protection. Ainsi, n'est pas prostitué un gigolo ou une femme qui est entretenue ou payée en bijoux ou en robes. "
La prostitution, dit-il, est aussi un métier : " Ce métier est pratiqué par les membres des deux sexes, qu'ils soient hétérosexuels, bisexuels, homosexuels ou transsexuels. Dans les pays développés et encore plus dans les pays ou le tourisme féminin se développe, les hommes se prostituent de plus en plus auprès des femmes. La prostitution est loin d'être une affaire de femmes. Le terme ‘prostituée’ est utilisé par moi uniquement parce qu'il s’applique majoritairement aux femmes. "
Jack Bizall considère qu'il est hors cadre d'y inclure tout acte par lequel quelqu'un est forcé d'avoir des rapports sexuels pour de l'argent, par la violence ou le chantage. " Des femmes sont séquestrées à travers le monde dans des maisons de prostitution et sont obligées à avoir des rapports sexuels contre leur gré et ce sont des réseaux mafieux qui touchent de l'argent. Ces femmes sont seulement nourries et hébergées. Elles sont souvent droguées ", explique-t-il. A son avis, dans des cas pareils, c'est purement et simplement de l'esclavage. " Il nous faut nous battre contre toutes les formes d'esclavagisme. L'objectif de légaliser la prostitution est justement de faire comprendre à ceux qui font appel aux prostituées que s'il n'y a à priori aucun crime pour cela, il est par contre criminel de soutenir l'esclavage sexuel ", lance-t-il.
Une autre particularité, semblable à l'engagisme, déclare-t-il, doit être exclue de la prostitution. C'est le cas où des femmes, souvent des pays pauvres, sont engagées pour se prostituer dans les pays riches à partir d'un accord qui prévoit le remboursement à terme plus intérêts des frais de voyage et d'hébergement. " L'élément de consentement est sujet à l'aliénation de leur liberté. Ce qui fait que c'est du quasi-esclavagisme. C'est une pratique qui ne peut être incluse dans la prostitution. Entre aussi dans le même cadre, le commerce sexuel des enfants. Toutes ces pratiques sont condamnables et les responsables doivent être punis en tant que criminels ", dit-il.
Une composante des libertés personnelles
Jack Bizlall soutient que le Mouvement Premier Mai limite le terme prostitution aux actes consentis liés au commerce de services sexuels. " Cette approche est importante, dans la mesure où, pour le Mouvement, la pratique de la prostitution fait partie des libertés personnelles. Il se trouve que des prostituées tirent du plaisir de leurs actes ", précise-t-il.
Dans le cadre courant de tels actes, les clients, dit-il, recherchent couramment le coït anal ou vaginal, la masturbation, le cunnilingus ou la fellation. Il dira qu'il existe d'autres services sexuels, praticables à deux ou à plusieurs personnes, qui sont achetés par ceux qui ont de l'argent. " Tous ces actes sont aussi et surtout pratiqués hors du cadre de la prostitution et certaines, comme la sodomie, sont dans plusieurs pays des actes criminalisés. Il est question ici de déterminer une politique de la sexualité que nous proposons d'ailleurs dans le Manifeste Toi et Moi ", dit-il.
Ce qui pousse le Mouvement de s'appesantir sur un élément fondamental : la prostitution n'a rien à voir avec les pratiques sexuelles. " Les éléments qui entrent dans le cadre du débat sur la prostitution sont principalement l'acte sexuel contre de l'argent et les retombées de la prostitution en terme de maladies, de l'environnement mafieuse et de violence. Bref, dans le cadre particulier dans lequel elle est pratiquée et réprimandée ", dit-il.