Le Défi Media Group

Cours en pharmacie à l’Université de Maurice : Bataille légale entre chargés de cours
http://www.defimedia.info/articles/1352/1/Cours-en-pharmacie-a-lUniversite-de-Maurice--Bataille-legale-entre-charges-de-cours/Page1.html
By Eshan Dinally
Published on 15th March, 2008
 
Situation malsaine à la faculté “Health Sciences” de l’Université de Maurice. L’Associate Professor Sharmila Seetulsingh-Goorah qui se bat pour un cours en pharmacie court le risque d’être poursuivie.
 

 
D’importants dégâts relationnels à la faculté “Health Sciences” de l’Université de Maurice (UoM). Du moins, c’est la conséquence que pourra avoir la polémique autour du non-lancement d’un cours en pharmacie. Depuis le début de mars 2008, le combat de l’Associate Professor Sharmila Seetulsingh-Goorah est devenu acharné. Car, la perception qu’elle serait victime d’une certaine discrimination se renforce en le for intérieur de cette détentrice d’un doctorat en pharmacie. D’une part, elle ne digère pas la décision de l’UoM d’avaliser le lancement d’un cours en nutrition “en quatrième vitesse”. D’autre part, alors que l’UoM tergiverse, une institution privée lancera des cours en pharmacie.

A force de rechercher des éclaircissements sur le non-lancement d’un cours en pharmacie, Sharmila Seetulsingh-Goorah irrite plusieurs collègues. Une de ses correspondances est  jugée diffamatoire par un Senior Lecturer. Celui-ci a transmis ce courriel à son homme de loi pour envisager des actions légales. Dans ce courriel, en date du 29 février, Sharmila Seetulsingh-Goorah allègue que le cours menant à un diplôme en pharmacie serait un plagiat de son cours menant à un degré en pharmacie.

Harcèlement moral
Mme Sharmila Seetulsingh-Goorah a elle aussi contacté son conseiller légal car elle voit dans cette menace du Senior Lecturer une forme de harcèlement moral. Si ce Senior Lecturer va de l’avant, ce sera une répétition de 2005. Cette année-là, Sharmila Seetulsingh-Goorah avait été assignée en justice lorsqu’elle avait protesté contre le fait que le Diploma/BPharm qu’elle avait conçu avait été mis de côté sans justification et remplacé par un Diploma Pharmacy Technician. Elle affirmait que ce cours ne serait qu’un plagiat du Diploma/BPharm. La plainte avait été retirée en février 2007 après un procès de 18 mois.

Fin 2007, elle reprend son combat pour le lancement du Diploma/BPharm. Tout son département l’approuve, sauf le Senior Lecturer. Sharmila Seetulsingh-Goorah lui reproche de n’avoir jamais pu fournir la composition de l’équipe départementale qui a conçu le Diploma Pharmacy Technician. Tout récemment, il s’est aligné du côté de la direction de l’UoM en affirmant qu’il était lui aussi d’avis que le Diploma/BPharm devrait passer par un ‘fresh Advisory Committee’. Signalons que le Diploma Pharmacy Technician n’est plus offert car ce cours ne répondait pas aux besoins et aspirations des étudiants potentiels et a attiré seulement un ‘batch’ d’étudiants. Raison de plus, selon Sharmila Seetulsingh-Goorah, pour lancer un full BPharm.

Un cours en pharmacie
Sharmila Seetulsingh-Goorah redoutait que l’Université de Maurice soit rattrappée par une institution privée. Elle avait raison. L’Ecole de médicine Louis Pasteur lancera un cours de pharmacie au début de 2009. Elle vient d’inviter les intéressés à s’inscrire.

Ce développement irrite Sharmila Seetulsingh-Goorah. Dans une correspondance au Vice Chancelier, le Professeur Indur Fagoonee, elle rappelle l’avoir mis en garde : “I had, in a previous e-mail to you warned about a Private Institution overtaking the University of Mauritius in the offer of a Pharmacy Course if the UoM delays uneccessarily the processing, advertisement and offer of the Pharmacy Course.”

Sharmila Seetulsingh-Goorah lui avait demandé de faire prévaloir ses prérogatives pour lancer au plus vite ce cours : “If you have the best interest of the UoM at heart and are committed to ensuring the competitiveness and progress of the UoM, then I am urging you to use the prerogatives and powers vested in you as Vice-Chancellor (as you did for the BSc Hons/MSc Nutritional Sciences course), to find appropriate solutions and take urgent remedial action so that the Pharmacy Course designed at the University of Mauritius three years ago is urgently advertised and run in the academic year 2008/2009.”

Jeudi, un troisième Advisory Committee s’est réuni pour se pencher sur le programme d’études proposé par Sharmila Seetulsingh-Goorah. A la suite de cette réunion, elle a envoyé un courriel à son doyen pour lui demander de faire diligence pour que l’UoM lance les inscriptions au plus vite, surtout pour ne pas perdre des étudiants. Sharmila Seetulsingh-Goorah n’épouse pas la décision de réunir l’Advisory Council pour une troisième fois pour se prononcer sur le nouveaux cours en pharmacie. Le Head of Depart­ment l’informe que c’est le Vice-Chancelier qui aurait insisté sur un ‘fresh Advisory Committee’ pour le cours de Phar­macie car le premier était ‘vieux’ de trois ans.

Selon Sharmila Seetulsingh-Goorah, il n’y a pas de date d’expiration pour les recommandations d’un Advisory Committee. Dans un courriel à la direction de l’UoM, elle fait ressortir que les Advisory Committees pour plusieurs des cours offerts par cette institution sont ‘vieux’ de plus de dix ans, mais ce n’est pas pour autant que ces cours sont réexaminés par un autre Advisory Committee. “Pourquoi donc cette discrimination envers le cours en pharmacie ?” se demande-t-elle.

D’ailleurs, Sharmila Seetulsingh-Goorah a demandé des explications au Vice-Chancelier. “Who removed the course from the list and why? According to University Statutes, an Advisory Committee does not have the mandate to decide whether a course should or not be offered by the University of Mauritius – this decision rests solely with the University authorities”. Elle précise que le monde pharmaceutique évolue à grande vitesse et que l’île Maurice ne peut pas reculer.  Elle fait ressortir que le cours de pharmacie était dispensé à Maurice il y a bien plus de 60 ans de cela et avec succès, comme l’atteste le nombre de pharmaciens formés à Maurice. Ce n’est que récemment que le ministère de la Santé a mis fin aux examens sanctionnant ce cours.