Marcelin Humbert, Clifford Eléonore et Louis Clency Eleonore sont accusés du meurtre de Jean-Noël Touche, 32 ans. La mère de ce dernier l'avait retrouvé sans vie dans son lit, le 17 mars dernier.

C'est la veille, à Cité Barkly, que tout s'est passé. Jean-Noël Touche prend un verre. Il a une discussion avec Clency Éléonore. Marcelin Humbert vient pour les calmer, mais finalement il se met de la partie. Et Clifford Éléonore, le frère de Clency, qui a vent de cette rixe, vient sur les lieux et va asséner des coups, lui aussi, à la victime. Il s'avère même, selon la police, que les trois accusés ont utilisé un tesson de bouteille lors de cette bagarre.

Jean-Noël s'est rendu à l'hôpital où on lui a fait deux injections, avant de l'autoriser à regagner son domicil. Ce n'est que le lendemain que la maman de Jean-Noël a découvert le cadavre de son fils. Les trois présumés agresseurs ont été arrétés par la police qui a eu des renseignements des gens de la localité.

Nous sommes descendus sur les lieux en milieu de semaine, recherchant l'adresse de Marcelin. les habitants ont refusé de nous aider par crainte de représailles. Dans les faubourgs des villes-soeurs, il est réputé pour son caractère « aggressif et bézer ». Personne ne veut chercher noise avec cet homme de forte corpulence aux allures de dur.

Cet homme est considéré comme un caïd par les habitants de ce quartier : « Enne grand caïd sa, li meme contrôle Rose-Hill, Stanley, Camp Levieux, Plaisance, etc. La police pas capave arret li tension zotte transfert. li ti ena ene ti lakaz, azordi chateau », nous dit l'un d'entre eux.

Sa proximité
avec un politicien est décriée à haute voix. Lors de la reconstitution des faits, tenue jeudi, dans ce cas de meurtre à Cité Barkly, les esprits étaient surchauffés et certaines remarques désobligeantes n'ont pas manqué de pleuvoir. Il semble qu'on ne le porte pas dans son coeur.

Le frère de Marcelin Humbert, Jean Daniel, devait nous confirmer que son frère est un « butor » mais pas un criminel, ni un individu vulgaire. Marcelin, dit-il, passe son temps à s'occuper de  la boutique familiale et agit comme contracteur pour des travaux d’installations électriques.

Il a reconnu que Marcelin est proche de ce politicien mais « les gens inventent n'importe quoi. il peut être l'homme de ce politicien, mais il ne fait pas tout ce qu'il dit ». Il avance que « Marcelin aime tellement aider que les gens viennent le voir comme s'il était un ministre. Actuellement, il aide les jeunes à monter une équipe de foot afin de les éloigner de la drogue ».
Jean Daniel explique que si on déteste son frère Marcelin, c'est parce que celui-ci est un rempart contre des actes « dominères ».

En fait, avec un passé aussi lourd et si Marcelin est déféré aux assises, selon la police, il risque gros.

Une femme en colère
Linmay, épouse de la victime, est accablée. Lors de la reconstitution des faits, elle était au premier plan, entourée de ses proches et des policiers. cette mère d'un garçon de 3 ans n'a cessé de répéter : « Qui faire zot in touye mo mari ? Guette zordi mone vine veuve ». « Il n'y a pas de justice dans ce pays, mon mari ne faisait partie d'aucun gang », lâche cette femme qui n'a pu contenir sa rage à l'arrivée des trois présumés meurtriers de son mari.