On a recensé 8 824 demandes de subvention pour le paiement des frais d’examens. C’est ce qu’a annoncé la ministre de la Sécurité sociale, Sheila Bappoo, lors de la première séance parlementaire du mardi 25 mars. 6 289 demandes concernent les frais pour le School Certificate et 2 235 pour le Higher School Certificate. De ce nombre, 5 700 demandes ont été approuvées par le ministère. Les officiers de la Sécu ne chôment pas et continuent à examiner les dossiers.

Selon les critères établis, les parents percevant jusqu’à Rs 7 500 de revenus bénéficient d’une subvention totale. Ceux dont les revenus ne dépassent pas Rs 10 000 mais qui ont deux enfants perçoivent une subvention à hauteur de 50 % des frais.

Les personnes qui s’estiment éligibles doivent présenter, entre autres documents, leur fiche de paie, une carte d’identité, une attestation du collège, pour soutenir leur requête. Cet exercice terminé, les officiers de la Sécu, qui connaissent les localités concernées et leurs habitants, enquêteront de visu. Toutefois, des parents affirment n’avoir reçu aucune visite, ce qui ne les a pas empêchés de recevoir un courrier notifiant le refus de la Sécu. Un officier du ministère soutient que les dossiers sont examinés cas par cas.

Francine Moutou, de Cité Mangalkhan est outrée : elle n’a reçu aucune visite de la Sécu et pourtant sa requête a été rejetée. Sa fille Valma fréquente le collège Lorette de Curepipe et se présentera aux examens du HSC. Les frais avoisinent les Rs 9 970; or, Francine n’a pas les moyens de payer pareille somme.

C’est au mois de février qu’elle a entamé ses démarches auprès du bureau de la Sécu de Curepipe. Liaison Officer à l’école Espitalier-Noël de Floréal, elle ne touche que Rs 5 000 par mois. Son époux, menuisier de son état, n’a pas de revenus fixes. Francine, qui se bat pour obtenir cette aide, a reçu la mauvaise nouvelle mardi dernier. “Je ne comprends pas sur quoi ils se sont basés puisque je n’ai reçu la visite d’aucun officier de la Sécu. S’ils s’étaient dérangés, ils auraient constaté dans quelles conditions je vis avec ma famille...”

Après ce refus, elle a été bien embarrassée pour régler les frais. Même si le délai fixé par le MES s’étend du 21 au 25 avril, le collège souhaitait faire tous les enregistrements le vendredi 4 avril. Elle n’a eu d’autre choix que d’emprunter pour s’acquitter desdits frais.

Par ailleurs, sa fille Valma a adressé une lettre au Premier ministre et aux responsables de diverses institutions. Elle dénonce “l’injustice commise envers ces 2 000 enfants qui souffrent”. Elle ne réclame pas la pitié mais un peu de justice.

Ecole non-Grant Aided
Yasmine Edoo, elle, tient un stand à Cité Martial. Sa demande a également été refusée, alors que son fils, scolarisé dans un collège privé payant, se présente aux examens du HSC. Elle assure qu’elle doit être aidée car son métier ne lui permet pas de réunir les Rs 9 970 nécessaires. Le motif du refus de la Sécu, c’est que le collège de son fils n’est pas un établissement Grant Aided reconnu par la Private Secondary Schools Authority. Yasmine Edoo nous confie que ce n’est pas elle qui paie la scolarité de son fils mais une compagnie privée. Elle a d’ailleurs envoyé tous les justificatifs y relatifs au bureau concerné.

Un Bon Samaritain
A.B. est très reconnaissante envers Anand Ramanah qui a réglé la totalité de ses frais d’examens. Etudiante au collège Lorette de Bambous-Virieux, cette adolescente doit passer les examens du SC à la fin de l’année. C’est à Plein-Bois, dans le Sud, que nous l’avons rencontrée, ainsi que sa mère. “A.B. consent beaucoup d’efforts
pour ses études. Elle s’attend à travailler davantage afin d’obtenir de bons résultats”, explique sa maman.

C’est auprès du bureau de la Sécu de L’Escalier que la famille a soumis une demande d’aide pour le paiement des frais d’examens. Hélas, la requête a été rejetée. La mère explique qu’elle n’a pas été jugée éligible car les revenus du ménage dépassent les Rs 7 500. “Selon les fiches de paie de mon mari, il touche entre Rs 2 500 à Rs 3 000 par quinzaine. Moi, je ne travaille pas mais je reçois une pension d’invalidité de Rs 2 571 par mois. Quand on ajoute tous ces montants, la famille se retrouve hors de cette catégorie de bénéficiaires.”

Cette dame a lancé un appel sur Radio Plus, appel que Anand Ramanah a entendu. Et le Bon Samaritain de nous déclarer : “J’écoutais la radio quand j’ai entendu l’appel de détresse de cette dame. Je me suis alors rendu à la radio pour savoir quoi faire.Voilà !” Cet habitant de L’Espérance-Quartier-Militaire, a l’habitude des gestes généreux. “Je n’ai pu rester insensible à cet appel. Rendez-vous fut donc pris le lundi 31 mars pour le paiement de ces Rs 7 897au collège de la jeune fille.”

Mais cette dernière n’est pas au bout de ses peines. Depuis janvier, elle a réclamé trois manuels scolaires. En vain, la requête a été rejetée par la Sécu.

Pour Rs 4 de plus
Le cas de Christelle, scolarisée au collège Lorette de Mahébourg, mérite également d’être dénoncé. “Le bureau de la Sécurité sociale a refusé de me venir en aide à cause de quatre malheureuses roupies. Maman touche en effet Rs 1 505, alors que mon beau-père reçoit Rs 6 000. Selon les critères de la Sécu, le revenu de la famille ne doit pas dépasser les… Rs 7 501.”  En entendant évoquer ce problème à la radio, Jonathan Dardenne, habitant de Trou-d’Eau-Douce, a immédiatement réagi.

“On ne peut rester insensible. Aussitôt que j’ai pris connaissance de ce cas, j’ai fait un don de Rs 10 000. On ne peut rester les bras croisés alors que d’autres souffrent injustement...”

Deux cas identiques deux solutions différentes
Autre incompréhension, le refus opposé à Barlen Mootooca­roopen. L’homme est exaspéré: “Pourquoi m’a-t-on refusé une subvention alors que l’un de mes collègues, exactement dans la même situation que moi, l’a reçue ?”

Barlen a reçu Rs 654 000 en décembre. Cette somme représente la compensation qui lui a été versée après la fermeture de l’usine sucrière de Riche-en-Eau où il a passé 30 ans de vie professionnelle.

Il a soumis une requête au bureau de la Sécu de L’Escalier, le 7 mars dernier. Son fils Danakrishna, en Form V au collège Imperial de Curepipe, passe ses examens en fin d’année.

Il relate sa mésaventure. “N’ayant reçu aucune réponse, je me suis rendu au bureau de L’Escalier. Un officier m’a répondu que je n’étais pas éligible. Je lui ai demandé pourquoi ? Il m’a alors référé au bureau de Plaine-Magnien. Mon ami s’est entretenu avec un officier et moi avec une dame. La demande de mon ami a été acceptée alors que la mienne a été refusée. C’est à ne rien y comprendre…!”  Barlen dénonce par ailleurs le langage de l’officier de la Sécu à son égard. “La femme m’a dit : Monsieur, ou pas pou gagné à cause ou fine gagne VRS. C’est une aberration ! Comment dans un même bureau, au même moment, un parent peut-il recevoir l’aide qui est refusée à un autre ?”

Ce père de famille a consigné une déposition auprès du poste de police de L’Escalier. Il nous confie : “La somme obtenue du VRS a servi à rembourser les emprunts contractés auprès des banques pour construire ma maison et à payer les soins de mon épouse malade. Moi-même, je ne jouis pas d’une excellente santé...”