Le matériel scolaire des enfants n’existe plus. Soit il a été emporté par la brusque montée des eaux, soit il a été jeté, complètement abîmé après les pluies diluviennes de la semaine dernière.
A Cité La Cure, Carina et son frère Kinsley La Rose n’ont plus rien. Ces deux enfants de l’école primaire Marcel Cabon sont en Std 4 et 2 respectivement.
Tous deux affirment aimer leur école mais l’intégralité de leur matériel est inutilisable. “Tellement zot bane zafaires ine mouillé, mo fine bizin jette tout...”, avance leur maman, Marie-Thérèse. L’établissement scolaire que fréquentent les enfants a promis de les aider. Cette famille a beaucoup souffert des dernières intempéries. La petite maison de deux pièces en tôle et en bois a eu du mal à protéger ses occupants. “Nou la case coulé partout. Mo bane zenfants pé bizin dormi lors matelas mouillé.” Pour évacuer l’eau de la maison et de la cour, la famille a dû percer une ouverture dans le mur d’enceinte en briques.
Marie-Thérèse confie également que sa maison n’est pas connectée au réseau électrique. La famille s’éclaire donc le soir à la bougie. Elle affirme, par ailleurs avoir profité de la pluie pour en récupérer la précieuse eau, conservée dans des barils. C’est cette même eau qu’elle donnera à boire à ses enfants après l’avoir fait bouillir. “Mo bizin marche beaucoup pour gagne de l’eau pour mo servi. Là. mo fine ramasse de l’eau dans tous bane drums ki mo éna et mo pou servi li pou mo louvraz la case...”
A Mon-Goût, c’est toute la maison de la famille Sohorye qui a été emportée par les eaux. Ses occupants ont dû se réfugier chez un parent voisin. Les trois enfants ont entièrement perdu leurs effets scolaires. L’aîné, Avikesh, est en Form III au collège Merton de Pamplemousses, sa soeur Anishka est en Form II au collège Friendship de Goodlands alors que Avishek, 10 ans, prépare le CPE à l’école primaire de Mon-Goût.
La tante qui héberge la famille a bien voulu remplacer les cahiers et l’uniforme de l’adolescente. Le fils, pour sa part, recevra de nouveaux livres. Quant au benjamin, son école a promis de faire quelque chose. Tous attendent avec impatience de recevoir le matériel approprié pour poursuivre leurs études. Leur mère espère que, d’ici le prochain trimestre, les choses iront mieux. Cette famille, durement éprouvée, a reçu des dons de matériau pour lui permettre de reconstruire sa maison. “Nous fine perdi tout ! Astère nous pé reste à dix dimounes kot mo belle-soeur dans ène la case de deux chambres à coucher. Li pas facile... !”
Vinay Mattapullut, lui, habite à quelques pas de la famille Sohorye. Père de trois enfants, ce menuisier a dû trouver de l’argent pour remplacer leurs effets abîmés. “Zamais, mo fine trouve ça kalité débordement-là. Livres, cahiers, uniforme : mo bane zenfants népli éna nanien. Tout fine gâté.”
Le père ne se laisse pas décourager. Bien que sa famille ait du mal à s’en sortir, il n’a qu’une phrase à la bouche : “Bizin débrouillé.”
A Mon-Goût, une petite équipe de volontaires s’est vite constituée pour aider une soixantaine de familles dans le besoin.
Nathalie, Bernard et Eric sont de ceux qui ont frappé à la porte de certaines firmes dont le siège se trouve dans la région Nord. Plusieurs ont répondu favorablement à l’appel et, mercredi dernier, ces familles sinistrées ont reçu des denrées alimentaires et divers effets scolaires.
Elan de solidarité de Radio Plus
A l’initiative de Radio Plus, des conteneurs ont été placés en trois endroits : un dans le parking de la station radio, rue LaBourdonnais, Port-Louis ; un autre au siège du conseil de districts de Moka/Flacq à Quartier Militaire, et le troisième au conseil de districts du Nord à Mapou. Les membres du public sont invités à déposer essentiellement des denrées alimentaires non-périssables et de matériel scolaire. Les meubles en bon état sont également les bienvenus.
La distribution s’effectuera dans les prochains jours selon un programme établi. Le contenu du conteneur à Port-Louis est destiné aux nécessiteux de la capitale et des régions environnantes. Celui du Nord pour la région de Mapou et Mon- Goût, et celui de Quartier-Militaire pour la région de l’Est. Les responsables procéderont à la distribution en fonction de la liste des sinistrés établie par la Sécurité sociale.
Collaborent également à cet exercice la Mauritius Commercial Bank et la Fondation Espoir et Développement en termes de vivres et de matériel scolaire à hauteur de
Rs 500 000. Le Benevolent Club de la Dunputh Lallah State Secondary School a également invité ses élèves à faire des dons. La présidente du club, Indira Radhakissoon, confie que les collégiens se sont organisés : ceux de Form I ont porté du matériel scolaire ; ceux de Form II, des grains secs ; ceux de Form III, des conserves ; les Forms IV, V et VI, la farine, le riz et l’huile. Les enseignants, eux, fait don de boîtes de lait. Toutes les denrées récoltées ont été placées dans le conteneur de Radio Plus.
L’Education à la rescousse
Le ministère de l’Education ne veut être en reste. Le ministre Dharam Gokhool est conscient que de nombreux enfants sont en difficulté. Les maîtres d’école ont donc eu pour tâche de dresser la liste de tous les enfants sinistrés. Cette liste sera traitée, rapidement et, au début du prochain trimestre, les livres et les cahiers abîmés leur seront remplacés.