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Elle avait légué sa maison à sa fille: À 72 ans, elle est tabassée par son fils
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Emma Chelumbrum

 
By Emma Chelumbrum
Published on 06/27/2009
 
Lelowtee Mudon, 72 ans, a été sauvagement battue par son fils, chauffeur de taxi, à coups de sabre et de gourdin. Il a également voulu se débarrasser de son corps inconscient, croyant qu’elle était morte.

Le visage tuméfié, Lelowtee Mudon fait peine à voir. Elle a la face toute mauve et les yeux au beurre noir. À 72 ans, cette habitante d’Écroignard, village sur la route de Flacq, n’aurait jamais cru que son fils allait lever la main sur elle. À coups de sabre et de gourdin, le taximan s’est acharné sur la vieille dame sans défense. Le motif de sa fureur vengeresse : sa mère a légué la vieille maison familiale à l’une de ses sœurs installée en France.

C’est vers 15 h 30, ce vendredi 19 juin, que Lelowtee, surnommée Kusmawtee, a cru sa dernière heure arrivée. Elle venait de rentrer après une journée passée aux champs. Elle était assise, histoire de souffler un peu avant de s’attaquer aux tâches ménagères. Son fils a rappliqué avec son sabre et son gourdin, fou de rage, bien décidé à lui régler son compte.
Ce n’est pas la première fois qu’il s’en prend à elle. À trois reprises, depuis 2007, Lelowtee a dû réclamer un « Protection Order » contre son cadet. Et pour cause : il n’a jamais digéré le fait qu’elle ait laissé la maison familiale à sa sœur. Chaque fois que l’occasion se présente, il laisse exploser sa colère.

Ce vendredi-là, Lelowtee a failli finir sur un terrain vague. Après l’avoir frappée, son fils a voulu y abandonner la vieille inconsciente. Un témoin l’observe, le fils décide alors de l’emmener à l’hôpital. Devant la multitude de blessures que présente sa mère, le taximan soutient au médecin de service «que la vieille a abusé de la bouteille et qu’elle a chuté dans les escaliers ». Il en profite pour prendre la clé des champs.

Entre-temps, un voisin alerte l’une des six filles de Lelowtee. Celle-ci consigne une déposition au poste de police de Flacq, mais quand les policiers débarquent, Lelowtee est déjà aux soins intensifs. Les médecins décèleront des fêlures au crâne, ainsi que de multiples coupures à la nuque, ce qui nécessitera la pose de points de suture.

Le calvaire vécu

Ne parlant que le bhojpuri, Lelowtee peine à relater son calvaire. Elle est allongée sur son lit d’hôpital, les yeux à demi-fermés, les membres couverts de pansements. La mère est d’autant plus triste que son fils n’aurait jamais osé porter la main sur elle si son mari était encore en vie. « Je n’ai jamais connu de peine aux côtés de mon époux. Il m’a donné deux fils et six filles. Depuis sa mort, il y a deux ans, mon fils n’a cessé de m’agresser, à cause de la maison. Il m’a frappés en mai 2008 avec un tuyau d’arrosage et m’a fait une profonde entaille à la tête. La police attend peut-être que je sois morte pour agir », pleure Lelowtee.

Jusqu’à présent, la pauvre n’a pu consigner sa déposition. Et vu son état, ce n’est pas demain la veille qu’elle quittera l’hôpital. Lelowtee angoisse déjà en pensant que son fils pourrait venir la voir…

Ses filles craignent le pire. « C’est terrible ! Je n’arrive pas à croire qu’un fils puisse cogner sa mère ainsi. Je suis terrifiée. Mon frère est allé trop loin. Il doit être puni pour avoir osé porter la main sur notre mère », fulmine l’une d’elles.
Le fils a, dans l’intervalle, consigné une déposition contre sa sœur, l’accusant de l’avoir injurié. Le lendemain, des policiers de Rivière-du-Rempart sont venus lui donner un avertissement. «LA police a été moins rapide à intervenir dans les cas d’agression de notre mère. Elle n’a pas cru utile d’appréhender le fils indigne»,dépolre la soeur. Informé de cette affaire, le Commissaire de police réclame des comptes. Le pire dans cette histoire, c’est que tous les voisins de la vieille dame savaient qu’elle était battue par son fils. Toutefois, nul ne s’est jamais interposé.