Floryse est terrifiée.
Floryse est dans tous ses états. Victime d’un viol collectif par des jeunes de la Cité-Bassin, à Quatre-Bornes, aux petites heures du lundi 1er juin, cette femme de 49 ans a désormais peur de sortir au grand jour.

Elle a abandonné sa vieille case délabrée et se terre chez son vieux père depuis son agression, par crainte de représailles.
De vengeance, il n’y en a pas eu jusqu’à présent. Elle a plutôt été invitée de ne pas apporter de l’eau au moulin du représentant du ministère public en Cour, afin que ses bourreaux ne soient pas condamnés. La semaine dernière, Floryse a reçu la visite des proches de ses violeurs. Ils lui auraient fait une offre. «Je ne sais plus quoi faire monsieur… ! Ils m’ont dit que j’aurais de terribles problèmes dans cette affaire… Réglons le problème sans tapage. Ils m’ont dit qu’ils me donneraient une maison, ainsi qu’un terrain à bail si j’oubliais cette affaire », s’indigne-t-elle.

Floryse ne sait plus que penser. Des individus lui ont dit qu’après le procès, elle se trouverait à la rue, sans ressources et sans soutien. Si elle revoyait sa version des faits, les choses seraient autres.

La quadragénaire, elle, ne veut pas d’une telle ignoble entente. Elle n’a pas encore signalé cette proposition à la police, laissant au Défi-Plus le soin de l’évoquer en premier lieu, histoire de s’assurer que les enquêteurs l’écouteront mieux.
Un proche des accusés a également contacté la rédaction du Défi-Plus, la semaine dernière. Il affirme que Floryse est venue le voir, ainsi que d’autres proches des prévenus, pour réclamer Rs 2 000 à chaque famille. « Une victime qui réclame Rs 2 000 à chaque famille des accusés,
c’est impensable ! C’est une histoire à dormir debout… » confie, une source proche du dossier. « Floryse n’a pas encore porté plainte, une enquête ne peut donc être initiée à ce sujet.»

Sans nouvelles de son fils

Terrorisée, constamment sur ses gardes, Floryse craint une nouvelle visite de cette bande de jeunes. Ce qui l’inquiète davantage, c’est de n’avoir pu parler à son fils Marcus, qui serait à l’origine de son agression. «Une dame a prétendu que c’est parce que mon fils a violé une fille, que j’ai été agressée à mon tour. C’est impensable ! Mon fils a disparu depuis et il ne m’a pas encore contactée», soupire-t-elle.

La CID de Quatre-Bornes ne comprend toujours pas ce qui a poussé cette bande de jeunes de 16 à 22 ans à s’en prendre à elle. Ils étaient une dizaine à la recherche de Marcus, mais seuls quatre d’entre eux ont abusé de la quadragénaire, qui a été poursuivie jusqu’à chez sa belle-sœur. Cette dernière a également subides sévices.
Une autre rumeur impliquerait Marcus et la bande de violeurs dans un trafic de gandia, mais aucune preuve n’a été avancée jusqu’à présent.

Seule certitude : c’est une gifle infligée par Marcus à la sœur de deux des agresseurs qui aurait provoqué cette expédition punitive.