La jeuneusse évolue rapidement grâce à la progression rapide de nouvelles technologies. Ce qui rend plus vulnérables jeunes filles et jeunes garçons. Même à l'école primaire, ils ne sont pas épargnés. Les cas d’affaires de moeurs dans lesquelles sont impliqués des adolescents et qui sont rapportés à la police sont en hausse. Certains ados sont même acteurs et actrices dans des clips à caractère pornographique.
A chaque fois qu’une déviance sexuelle des jeunes fait les choux gras de la presse, hommes politiques, chefs religieux et autres travailleurs sociaux sont prompts à évoquer le manque d'éducation sexuelle dans les écoles. On oublie que l'éducation sexuelle y est dispensée depuis 1993. Certes, dans un premier temps seulement, huit écoles étaient concernées. Aujourd'hui, ce chiffre a connu une progression fulgurante, car 40 écoles et collèges à travers le pays sont concernés. Ces cours sont dispensés conjointement par le personnel de la Mauritius Family Planning and Welfare Association et des enseignants qui ont reçu une formation spécifique pour mener à bien cette entreprise. Pour certains de ces établissements, les cours sont dispensés à intervalles réguliers tandis que dans d'autres, c’est sur demande!
Vidya Charran, directrice de la MFPWA, explique qu'après ces cours, l'écolier ou l'étudiant concerné doit pouvoir adopter une vie sexuellle responsable. “Les éducateurs sexuels mettent beaucoup d’accent sur les développements qui surviennent dans le corps des jeunes à cet âge “On enseigne à ces élèves les changements qui s’opèrent en eux à l’âge de la puberté et les changements émotionnels, physiques et intellectuels qui surgissent”.
Parmi les autres sessions qui sont dispensées, il y a des classes sur la prévention du VIH/SIDA. Et Vidya Charran d'expliquer : “On leur enseigne les moyens de prévention et comment le VIH / SIDA se propage.”
Les sujets sont traités en fonction de l'âge des élèves et collégiens "Il y a certains éléments d'information qu'on dispense à l’enfant par rapport à son niveau de maturité."
Plusieurs étudiants que nous avons interrogés sont unanimes. Axelle, une étudiante de 17 ans, qui fréquente un collège de l’Est, déclare que ces cours sont importants car ils aident les jeunes à connaître les mesures préventives à adopter pour pouvoir faire la différence entre ce qui est faisable et pas.
Aneessa, une collégienne qui a bénéficié de ces cours, affirme que ceux-ci l'ont grandement aidée, surtout avec des changements au niveau de son corps, alors qu’à la maison beaucoup de parents refusent d'aborder le sujet qui demeure tabou. “Mo trouve li vaut la peine. Zotte explique nous lor nous règles et banne les autres trucs concernant la puberté”, nous dit Aneessa.
Il faut briser le tabou
Eric, père de famille, est catégorique: “L’éducation sexuelle est primordiale”, dit-il. Il pense qu’à la maison les parents doivent faire l'éducation sexuelle de leurs enfants car sinon ils seront vulnérables avec des risques qu’une fille soit enceinte à 15 ans. Alors que d'autres parents sont toujours contre l’idée même d’en parler aux enfants. “Zenfant-là bizin conner ki li pou faire!” nous lancent plusieurs pères de famille qui refusent même d'aborder le sujet.
Vidya Charran, directrice de la MFPWA : « Tout le monde est unanime »
Bien qu’au total 40 établissements soient touchés, la directrice de la Mauritius Family Planning Welfare Association trouve ce nombre insuffisant. “Aujourd'hui, je peux vous dire que tout le monde est unanime : le besoin se fait sentir pour l’introduction de l'éducation sexuelle dans tous les établissements scolaires. Car, actuellement c’est seulement une poignée de jeunes qui sont touchés”.