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Accusé par des mineures, Tonton Joe : «Je ne suis pas un pervers !»
- By Irshaad Olitte
- Published 06/27/2009
- Faits Divers
- Unrated
Lyndon Fanfan (Joe). «Mo stressé net !» La tête baissée, les yeux hagards, Lyndon Fanfan, dit Joe, grille cigarette sur cigarette. À 56 ans, cet habitant de la Cité-Îlois, Baie-du-Tombeau s’est retrouvé derrière les barreaux, deux mois à peine après sa sortie de prison. Motif : il est accusé par deux de ses nièces âgées de 13 et 16 ans ainsi que la fille de sa concubine, âgée de 14 ans, d’attouchements et d’abus sexuels.
Mardi, dès qu’elles l’ont dénoncé, il a été conduit illico presto au poste de police de Baie-du-Tombeau. Niant les faits, le marchand d’huîtres a quand même été inculpé de « causing a child to be sexually abused » devant le tribunal de Pamplemousses. Jeudi, après avoir versé deux cautions, il a été remis en liberté provisoire.
Ces trois adolescentes, qui le surnomment affectueusement Tonton Joe, Lyndon Fanfan se dit déçu qu’elles l’ont dénoncé pour un crime qu’il affirme n’avoir pas commis. Si Sandrine, 14 ans, Anaëlle, 16 ans, et sa sœur Charlotte, 13 ans, — prénoms fictifs — l’ont accusé, ajoute-t-il, c’est pour se venger du fait qu’il leur a interdit de sortir le soir.
La fille de sa concubine a vécu avec lui depuis qu’elle a ses quatre mois tandis que les deux autres filles sont les enfants de sa sœur. Si Lyndon Fanfan s’est décidé à les prendre sous son aile, c’est parce que sa sœur a déjà sept gamins à sa charge et qu’elle peinait à joindre les deux bouts.
Toutefois, Charlotte la benjamine n’est venue chez son Tonton Joe que le 25 avril. Contrairement à son aînée qui vit avec lui depuis sa tendre enfance. C’est elle qui a brisé le silence que les filles semblent s’être imposées en leur avouant que leur oncle lui a violemment peloté la poitrine le week-end dernier.
Et Tonton Joe aurait abusé d’elle sur le canapé du salon, pièce dans laquelle dort la concubine de ce dernier. En révélant aux deux ados qu’elle avait été violentée, celles-ci sont alors entrées dans une rage folle et ont expliqué avoir également subi régulièrement les assauts du vieil homme.
Elles ont ainsi décidé, samedi dernier, de prendre la clé des champs pour se rendre à pied aux Casernes Centrales. Le délit ayant été commis à Baie-du-Tombeau, les policiers du poste des Line Barracks les ont dirigées vers celui de la localité pour consigner leur déposition.
«Dans lacaze, li fine déshabille moi et line embrasse moi partout », relate ainsi Anaëlle en présence d’un officier de la Child Development Unit. Le constat du médecin légiste de la police, Jankee-Parsad, est accablant. Les filles ont une vie sexuelle active malgré leur jeune âge. Quant à Charlotte, elle répète ce qu’elle
Ce vendredi, face à lui, sa concubine démonte les accusations des trois adolescentes, aujourd’hui placées dans un abri du ministère de la Femme, du Bien-être de la Famille et du Développement de l’Enfant. « Tout ce qu’elles racontent est faux. Ce soir-là, on a regardé la télé avec les trois filles, puis Joe est venue se coucher dans notre lit. À aucun moment il n’a violé Charlotte. Si tel avait été le cas, j’aurais tout entendu », peste cette femme de 46 ans.
On l’aurait remarqué
Lyndon Fanfan explique qu’il vit dans cette maison avec sept autres personnes et que s’il avait des vues sur ces filles et que s’il abusait d’elles, l’un des occupants l’aurait remarqué. Il ajoute que les filles auraient bien pu le dénoncer durant les trois années où il était en prison.
Le quinquagénaire égrène les raisons de ces accusations. « Mo bane tifis-là ti pé coumance sorti are bane garçons, zotte ti pé habille sexy avec ti linge bretelle et short courte courte. Depi deux mois, mo pé surveille zot. Acoz mo trouve zot la route pas bon... Zot pa obéir. Mone dir zot si zot continye faire comme ça, guette cot zot pou allé ! Mone mette sévère are zot et zordi guette qui zotte faire moi !», lance-t-il.
« Je ne suis pas un pervers », lance le marchand d’huîtres qui se vante devant sa concubine « d’avoir eu toutes les femmes qu’il a voulu ». «Regardez ces photos. Je suis marchand de plage. Je suis sorti avec plusieurs femmes… Si je peux coucher avec une touriste, pourquoi vais-je avoir des relations sexuelles avec des petites filles ?», martèle-t-il.
La fille de Lyndon Fanfan, âgée de 14 ans, le défend. Et s’en prend aux trois ados qu’elle accuse d’avoir voulu le piéger pour continuer à mener la belle vie.
Elle affirme que quand elle se rendait au collège avec Sandrine et Charlotte, ces dernières avaient l’habitude de rencontrer des jeunes hommes. « Charlotte m’a déjà dit que si je raconte à mes parents qu’elles sortent avec des garçons, elles allaient me frapper. Tous les jours, des garçons à moto viennent les rencontrer à la sortie du collège », poursuit-elle..
« Zot dire qui zotte pour mette ène la guerre pour faire tonton quitte lacaze aller », avance une amie des filles, témoin de la déconvenue de Tonton Joe. «Je ne suis pas un pervers. Zamé mo pas pou réprand zot cot moi aster », s’emporte Lyndon Fanfan.
Bien que la police soit en possession du téléphone portable de Lyndon Fanfan que les trois filles ont subtilisé pour communiquer avec leur petits amis le soir de leur escapade pour le dénoncer à la police, le marchand d’huîtres risque gros. D’autant que ses trois années passées en prison, il les doit pour un cas d’attouchement sexuel…








