Une jeune femme accuse Pietro Allata de harcèlement sexuel. Cet homme d’affaires italien n’en finit pas de créer des polémiques. Il est celui qui aurait qualifié les Mauriciens de pygmées. Il nie tout en bloc.
« Il m'a demandé de me mettre en tenue sexy. Il m'a ensuite fait des avances. Il disait vouloir faire l'amour avec moi ! » C’est ce que cette ancienne miss d’un concours de beauté a déclaré dans sa déposition.
Dans celle-ci, elle accuse Pietro Allata, un Italien de 54 ans, qui possède des magasins dans le Nord, de harcèlement sexuel. C’est le 9 juin dernier qu’elle a porté plainte. Conséquence : le ressortissant étranger a été arrêté par la police de Grand-Baie. Traduit en cour sous une accusation de harcèlement sexuel, il a été relâché par le tribunal de Mapou, mercredi, après avoir fourni une caution de Rs 10 000.
C'est dans une boîte de nuit du littoral nord qu'Alicia a été approchée pour travailler pour Pietro Allata. « J'étais responsable de cette boîte de nuit. Lui était un VIP. Il m’a proposé de gérer un de ses magasins de vêtements », a-t-elle raconté dans sa déposition. La jeune femme, qui envisageait de se lancer dans la restauration, accepte. Une maison est mise à sa disposition par l'Italien. « À l’époque, il était vraiment caring », dit-elle. Mais, quelque temps plus tard, Alicia note un changement d'attitude. « Il a commencé à me courtiser et à me faire toutes sortes de propositions. Il profitait de ma mauvaise situation financière », explique la présumée victime, que nous avons rencontrée mardi.
Alicia démissionne. Mais Pietro Allata, selon les dires de la jeune femme, est parvenu à la convaincre de retourner bosser pour lui. « Mais il n’avait pas changé. Un jour, à l'heure de la pause déjeuner, il a introduit sa main dans mes vêtements et a essayé de m'embrasser. Je l'ai giflé. Il m'a dit de dégager si je n'aimais pas ce qu'il faisait. Je me suis sentie salie », ajoute-t-elle. Alicia craque et claque la porte. Depuis, elle a déménagé et n’habite plus le Nord. « Jamais je n'ai eu autant peur qu’aujourd’hui. Je connais son passé. Il m'a déjà raconté des tas de choses sur lui. Je ne veux pas prendre de risques », lâche Alicia.
Pietro Allata, arrêté en début de semaine, a nié toutes les allégations portées contre lui. Il affirme que c’est lui la victime. Car, selon lui, ces allégations seraient un coup monté. Il allègue avoir découvert qu’Alicia avait volé plusieurs vêtements, coûtant plusieurs milliers de roupies. « Je l’ai renvoyée. C’est lorsque je lui ai demandé de me rendre les clés de la maison que j’avais mise à sa disposition qu’elle est allée consigner une déposition à la police », a-t-il affirmé aux policiers. Il dit aussi avoir des preuves pour soutenir ses dires.
Un homme au passé sulfureux
Le passé de Pietro Allata est sulfureux. Et ceux auprès de qui il s’est affiché en Europe sentent aussi le soufre. L’Italien a déjà été inculpé pour faillites frauduleuses. Il est le frère de Salvatore Allata, 35 ans, considéré comme étant l’un des caïds des négriers du bâtiment. À Maurice, lorsqu’il pose ses valises pour affaires, vers la fin de 2006, il montre un intérêt profond pour notre football. Il veut monter un centre de formation afin de professionnaliser les jeunes talents. Des contacts sont pris avec le ministre des Sports d'alors, Sylvio Tang, avec qui il discute du recrutement d'un DTN pour un Club M mal en point. Il balance même le nom de Serge Brio, un coach connu.
Sur le blog qu'il a ouvert sur internet, il a qualifié les Mauriciens de pygmées. Mais, lorsque L’Hebdo lui a posé la question, en janvier 2007, il a nié en bloc. « Moi-même, je ne mesure que 1 mètre 50. Comment pourrais-je vous traiter de pygmées ? Ce n'est pas sérieux », a-t-il déclaré.