Cruelle réalité... Les autorités figurent parmi les principaux responsables des inondations à Maurice. C’est ce qui ressort d’une enquête menée par Le Défi-Plus sur le terrain. Les gros tuyaux de la Central Water Authority (CWA) et des structures de la Wastewater Management Authority (WMA) contribuent à obstruer les cours d’eau et autres ruisseaux.

A Terre-Rouge et Ste-Croix, les familles affectées par les inondations pointent du doigt CWA et WMA. Non sans raison... Le ruisseau qui traverse ces régions est enjambé par plusieurs ponts et autres routes. Sous certains de ces ouvrages, les tuyaux de la CWA peuvent constituer un problème en cas d’inondation. Car au lieu d’être fixés aux parois, ces tuyaux sont placés à quelques pieds sous ces structures. Ainsi, en cas de débordement, la voie n’est plus libre pour les branches, bois, vieux appareils électroménagers qui dérivent dans les flots. De fait, l’eau déborde sur les rues et les cours avoisinantes.

Un ingénieur d’expérience confie au Défi-Plus que ces tuyaux auraient pu être fixés aux parois. “J’avoue que cela requiert davantage de travail,
mais, dans l’intérêt de la population, la CWA doit refaire son réseau qui peut obstruer les cours d’eau”, explique-t-il.

Dans certains cas, la WMA obstrue carrément les cours. Dans le ruisseau de Terre-Rouge, à un lieu donné, elle a construit une structure qui gêne le passage à moitié. Pis, le tuyau qui relie cette structure à une autre, construite en retrait du ruisseau, est à quelques pieds du lit de ce ruisseau. “Comment un organisme tel que la WMA a-t-il pu agir de manière aussi irresponsable?”, s’interrogent les habitants de la localité. A jeudi après-midi, des eaux nauséabondes stagnaient dans ce ruisseau. “Nous nous demandons si la WMA ne doit pas nous dédommager pour les dégâts causés par ces inondations. Sa structure a obstrué le cours du ruisseau”, soutiennent-ils.

Les collectivités locales ont, elles aussi, leur part de responsabilité dans bon nombre de régions. D’une part, elles ne nettoient pas les cours d’eau régulièrement. D’autre part, elles ont toléré des constructions illégales. A Quatre-Bornes, des travaux d’élargissement du drain Nellan ont été stoppés car certaines constructions empiètent sur ce cours d’eau.