Votre travail de formateur consiste en quoi?
Le travail d'un formateur c'est d'aider et de former les jeunes qui veulent s'embarquer dans le monde du télé marketing. On  les aide à mieux comprendre en quoi ce travail consiste, améliorer le niveau de leur français parler et écrit, on essaie d'éliminer en eux le petit accent mauricien et pour ne pas oublier on leur inculque le talent du tac au tac. En gros, je les fais devenir de bons télé-vendeurs en les préparant à toutes sortes de situations qu'ils peuvent rencontrer  quand ils seront en ligne.  

Les formateurs sont souvent blâmés pour être ceux qui sont à la base de la transformation des télé-agents en arnaqueurs...
On ne les transforme pas en arnaqueurs mais en télé-agents. On leur montre comment se présenter en ligne et aussi bien comment se tirer d'affaire en se battant poliment sur chaque appel. Je ne vais pas le nier, il y a eu des critiques à l'effet que les télé-vendeurs sont des arnaqueurs. Mais ce n'est pas la faute aux formateurs, car dès le premier jour on leur fait bien comprendre que notre travail c'est du marketing et non pas de la publicité mensongère. Ceux qui le deviennent ne sont que des opportunistes qui veulent gagner plus de commissions en passant par la voie malhonnête. Mais sachez que dans tous les centres d'appels c'est pareil, ceux qui mentent en ligne sont avertis.

Voyez-vous un avenir dans votre métier?
Bien évidemment. C'est un métier qui gagne de la valeur de jour en jour. Même formateur, on suit également des cours de perfection. On travaille déjà avec des étrangers tels que des Canadiens, des Français, des Réunionnais, des Rodriguais, entre autres. Donc on est prêt même pour prendre une dimension internationale. Comme tout le monde, j'ai également des ambitions mais pour le moment je pense plutôt me stagner dans ce poste et me perfectionner davantage dans le métier. Mais,
qui sait, peut-être qu’un jour je serai formateur dans une autre boîte dans un autre pays.

Vous êtes aussi connu comme un artiste, comment faites-vous pour trouver le juste milieu ?
Cela demande une bonne gestion de son temps. Mon travail c'est ma vie et il demande beaucoup de temps et de concentration. Mais la musique, le chant et le social sont mes passions pour lesquel je dois également consacrer beaucoup de temps. Surtout dans mes compositions et dans le travail collectif que je fais avec des gens de La Tour Koenig pour aider comme on dit les 'rejetons' de la société.

On dit que les jeunes chanteurs n'ont aucun respect pour Dieu. Est-ce votre cas?
Je chante pour Dieu. Il est mon support. J'ai toujours été ainsi depuis mon plus jeune âge. Selon moi, le message doit être passé à tout le monde par tout le monde. Je le fais à travers mes chansons et mes animations. Tout ceci grâce à Sydney Laroulette, le directeur actuel de la chorale Amitié Dévouement Obéissance. Il m'a lancé dans cette voie et je lui en suis bien redevable. Concernant les jeunes chanteurs qui n'ont pas de respect pour Dieu, c'est bien décevant mais en même temps je les comprends. Ils sont frustrés et vantent toutes leurs frustrations sur celui qui les a créés.

La musique empêche-t-elle les jeunes d'évoluer académiquement ?
Oui est non. Si la personne ne connaîs pas ses priorités il ne faut pas pour autant  blâmer la musique.

On parle de pauvreté. Vous qui êtes dans le social, la rencontrez-vous souvent ?
En comparaison avec l'Ethiopie, par exemple, les Mauriciens sont bien aisés. Ceux qu'on appelle des pauvres à Maurice ne le sont pas réellement. Je dirais plutôt qu'il y a beaucoup plus de 'batter bis'.

On parle de pénurie alimentaire et certains nous appellent à nous réadapter. Votre avis ?
La pénurie va malheureusement frapper beaucoup de pays. Mais comme toujours il y aura des solutions. Mais, je ne vois pas les Mauriciens aller planter des 'batat manioc' pour survivre.