Le Défi Media Group

Ma maison, mon conteneur
http://www.defimedia.info/articles/1793/1/Ma-maison-mon-conteneur/Page1.html
Thierry Laurent
 
By Thierry Laurent
Published on 20th April, 2008
 
Elle est aux abois. Faute de mieux, elle a dû se résoudre à trouver refuge, avec ses deux enfants, dans un conteneur. C'est à Camp Levieux, Rose-Hill, que se situe son chez elle, ou plutôt ce tas de fer qui lui sert d'abri. Comment Annick Mauree, 38 ans, a-t-elle atterri là ?
 

 
Elle est aux abois. Faute de mieux, elle a dû se résoudre à trouver refuge, avec ses deux enfants, dans un conteneur. C'est à Camp Levieux, Rose-Hill, que se situe son chez elle, ou plutôt ce tas de fer qui lui sert d'abri. Comment Annick Mauree, 38 ans, a-t-elle atterri là ?

Son expulsion de chez elle remonte à deux mois. « Avec mes quatre gosses, ainsi que mon époux, on vivait chez mon frère », fait-elle part. Celui-ci les avait accueillis chez lui « puisqu'on n'avait pas les moyens pour louer une maison ».

Un beau jour, mine de rien, elle se retrouve à la rue. « Mon frère n'avait pas encore payé les loyers. Nous avons tous été expulsés », laisse-t-elle entendre. Et comme un malheur ne vient jamais seul, son époux se retrouve en même temps sous les verrous, pour une affaire de vol de portables.

Elle raconte avoir erré dans tous les coins de Rose-Hill pendant deux jours jusqu'à ce qu'elle aille frapper à la porte de Robert Hungley, l'ancien maire de Beau-Bassin/Rose-Hill. « Il m'a refilé un conteneur. C'est tout ce qu'il a pu faire », souligne-t-elle.

Entre-temps, elle doit se résoudre à renoncer à la garde de deux de ses quatre enfants, soit Lorenzo, 13 ans, et Vicenzo, 11 ans, faute de moyens. Ils sont tous deux partis vivre à la Child Protection Unit. « J'ai préféré garder Juliano et Bella à mes côtés, ce sont les deux cadets de la famille », dit-elle.

Pour survivre, elle compte sur la générosité de ses voisins. « Lorsque mes enfants vont à l'école, des amis leur donnent de quoi à manger. Comme nous n'avons ni  eau ni électricité, nous devons aussi nous rendre chez les voisins pour un petit brin de toilettes », confie-t-elle, le visage en proie à la détresse.

À l'intérieur de ce tas de ferraille, c'est un désordre apocalyptique. Des vestiges de bois usés leur servent de lit. Le premier pas fait à l'intérieur du conteneur, on peut déjà sentir l'odeur nauséabonde d'urine. Dehors, son fils Juliano joue torse nu. Nu pieds, il gribouille dans la terre.

Pour s'occuper à la tombée de la nuit, Annick se rend chez des voisins pour regarder un peu la télévision. Mais il commence à faire tard, elle doit rentrer chez elle pour dormir sur un matelas pourri, dans un conteneur chauffé comme un four.

Annick fait un appel à la générosité des gens pour trouver un toit, car elle veut s'en sortir. « Seule, avec deux enfants en bas âge, c'est très difficile », conclut-elle.