15 000 balles la planche, ce n'est pas donné à tout le monde de surfer. D'autant plus que lorsqu'on va surfer, on n'est pas toujours sûr de rentrer avec sa planche en bon état. Les risques du surf ! Les vagues ne font pas de cadeaux ; lorsqu'elles viennent s'écraser, elles n'épargnent personne. Plus facile donc de s'acheter un ballon à Rs 200. A moins que maman et papa ont suffisamment de sous pour vous emmener chez Billabong et vous acheter une nouvelle planche à tous les coups. Cependant, détrompez-vous : faire du surf n'est pas qu'une question de fric ou de frime. Si vous n'avez pas le savoir-faire, un petit conseil : contentez-vous de faire la planche à dos !
C'est à Tamarin que Bradley a décidé de poser sa planche. Le meilleur endroit pour surfer, selon lui. Il va même jusqu'à dire que les vagues de Tamarin sont comparables à celles de Miami. Cela fait bientôt 15 ans qu'il pratique le surf.
Si aujourd'hui les différentes techniques de ce sport n'ont aucun secret pour lui, il confie qu'il lui a fallu des mois, voire des années de pratique pour arriver à un tel niveau. «Les première fois sont dures. On enchaîne échec sur échec, il n'y a pas de vrais secrets pour réussir. Le tout, c'est de rester patient et de croire en soi, quoi qu'il arrive», souligne-t-il.
Puis, au fil du temps, on finit par voir ses efforts récompensés et, petit à petit, on passe à un niveau supérieur. On virevolte, et on essaie des techniques à couper le souffle : le Tube-Rider, l’Aerial- Revolutionner ou encore le Top-Fun.
« La planche c’est que pour draguer »
Normal, lorsqu'on maîtrise les bases, on a envie de se surpasser et de jouer dans la cour des grands. De se la jouer Mikael Picon ou encore d'imiter le grand Kelly Slater.
Torse nu, le corps huilé, cheveux dans le vent. Ils affichent librement le look à la Brice de Nice. Ils se prénomment Ashley, Pascal, et Kevin. Pas besoin d'aller chercher loin pour comprendre qu'ils sont là pour épater la galerie. Les nanas en raffolent, lorsqu'il s'agit de beaux blonds aux yeux bleus munis de leurs planches.
« Nous sommes là uniquement pour casser un poz », disent-ils, tout ça dans un accent franco-créole. Le comble, c'est qu'ils ne s'y connaissent nullement en surf. «La planche, c'est que pour draguer », indique Kevin. «Tout à fait chagrinant de voir que ce sont de telles personnes qui peuvent s'offrir des planches à 20 000 balles. Ce ne sont que des fils à papa qui, pour s'occuper, se trimbalent sur les plages uniquement pour se la péter», lâche Andy. Ce dernier explique qu'il existe pas mal de jeunes qui meurent d'envie d'apprendre et qui sont bourrés de talents mais qui, faute de moyens, doivent se contenter d'être des spectateurs », laisse-t-il entendre.
Du haut de ses 17 ans, Andy ne jure que par le surf. Mais puisque l'argent fait défaut, ce n'est pas tous les jours qu'il peut se permettre de prendre une vague. Il attend donc que ses amis terminent, pour pouvoir donner libre cours à sa passion.
Se débrouiller comme un chef
Ses amis de retour, il ne se fait pas prier pour se jeter à l'eau. Il s'allonge sur sa planche. La concentration est de mise. Il repère une vague. Il lui faut de la vitesse, pour que la vague puisse l'emporter. Il faut ramer avec les mains. Il n'a pas droit à l'erreur, il faut qu'il la prenne. Il redresse son buste, tout n'est qu'une question d'équilibre. Tout se joue sur le gestuel du corps, alors que ses jambes servent à amortir. Il virevolte, pivote, il s'est débrouillé comme un chef. Il a même droit à une standing ovation.
Entre-temps, il économise. «D'ici deux mois, si je parviens à mettre assez d'argent de côté, je serai en mesure de me procurer une planche de seconde-main », raconte-t-il.
Un sport de frime pour certains, une passion pour d'autres, le surf demeure une discipline très controversée aux yeux de pas mal de gens. Certains envient les surfers, alors que d'autres peuvent les détester. Mais tout ce qu'on retient du surf, c'est qu'être beau et avoir les poches remplies d'oseille ne veut pas forcément dire qu'on sait surfer. En tout cas, si ce n'est que pour frimer, vaut mieux se contenter de danser la tecktonik.