Dîner de levée de fonds du FCM : Le MMM boude le père Grégoire
- By Jean Claude Dedans
- Published 27th April, 2008
- Politique
-
Rating:




L'ambiance était cool et l'humeur badine. Pour cause, les invités du père Jocelyn Grégoire étaient conviés à un dîner chinois dans le beau cadre du Domaine Anna, Flic-en-Flac. Le dîner a coûté Rs 1 000 par personne et une partie a été prélevée pour financer les activités de la FCM, dont le meeting prévu pour le 1er Mai, au stade de Rose-Hill. Présence remarquée dans la salle de quelques-unes des personnalités politiques créoles du PTr et du MSM.
Comme leurs tables étaient mitoyennes, on pouvait constater qu'ils s'échangeaient des blagues entre eux. Ainsi, Sheila Grenade a eu une longue conversation
avec Patrick Assirvaden et Étienne Sinatambou. Joe Lesjongard, quant à lui, blaguait avec Mathieu Laclé, tandis que Jean-François Chaumière discutait avec Mireille Martin et son mari. Au menu : du poisson, de grosses crevettes, du calamar, des brèdes 'tom pouce' sautés à l'ail et, comme dessert, de la glace.
L'absence des membres du MMM, dont Françoise Labelle, a été diversement commentée. Il se chuchotait au dîner que la députée, de même que les autres membres du parti, ont payé leur participation mais ont rendu le carton d'invitation en s'excusant auprès d'un des responsables de la FCM, le jour même du dîner.
Hungley, le seul Mauve
Interrogée, samedi, Françoise Labelle rejette l'idée de pression de la part de son leader. Elle explique que sa décision de ne pas se rendre à ce dîner « relève d’une décision personnelle ». Quoiqu’elle précise qu’elle comptait s’y rendre dans un premier temps. Elle dit regretter que des gens s'attardent sur des peccadilles au lieu de se concentrer sur des choses plus rationnelles. Donc, il n’y a pas eu de mot d’ordre de la direction de son parti. N’empêche que Paul Bérenger a commenté la démarche du père Grégoire, au cours de sa conférence de presse, samedi.
Robert Hungley, ancien maire des villes-soeurs, est le seul membre du MMM à s’être pointé au dîner. Renseignement pris, personne ne pensait qu’il allait s’y rendre et ne l’a averti des
risques qu’il encourait. Il est resté jusqu'à la fin, malgré sa gêne d’être le seul mauve de la soirée.
Dans son intervention très brève, l'abbé Grégoire a avancé que le rendez-vous du 1er Mai revêt une grande importance pour les Créoles et la FCM : « Bizin donne choc le 1er Mai ». Le prêtre a dit apprécier la présence de notables qui soutiennent le mouvement qu’il préside : « La FCM apprécie votre présence, car nous avons besoin des têtes pensantes comme vous autour de nous pour réfléchir comment aider notre communauté ».
Puis, répondant à ceux qui pensent que la FCM a repoussé l'heure de son rassemblement pour ne pas gêner les partis politiques, l'abbé Grégoire a lancé cette pique : « La place, on ne peut la changer. Ce sera au stade de Rose-Hill, Mais l'heure, oui. On peut la ramener plus tôt ».
Le battage pour le meeting du 1er Mai de la FCM bat son plein. Dès son retour au pays, mercredi dernier, le prêtre n'a pas eu le temps de souffler. Après un long voyage des États-unis à la France, il s'est rendu à Bambous à la rencontre de centaines de sympathisants dans la cour de l'église de la localité. Au programme ce soir-là : défilé au son de la ravane, de la maravane et du djembé. Et de quoi manger avec, au menu, du riz blanc et du curry de tandrake (tang) vendu à Rs 50 le plat, et des grillades.
Le lendemain, l'abbé Grégoire s'est rendu dans le lointain village de Clémencia à l'invitation d'Yvon Brûlecoeur. Présence du Deputy Speaker de l’Assemblée nationale, Jean-François Chaumière.
Son message est éminemment politique, entrecoupé de ses cantiques, que ceux présents en famille reprennent avec lui en choeur. L'unité est palpable, chacun se tient la main. « Aimer tout en se sachant aimé », chante le prêtre d'une voix douce.
« Souvent nou dimane nou Bon Dié la coté, ki fer Créoles encore souffert dans sa pays la ? » lâche-t-il. Il rejette le fait qu'il est au service des partis politiques : « Père Grégoire ne reçoit l'ordre d'aucun politicien, ni de Bérenger, ni de Ramgoolam ni de Jugnauth. L'heure de la rencontre, c'est moi qui l’ai choisie ».
Puis, d'une voix grave à l'adresse des politiciens : « Créoles népli dépôt fixe ni propriété okene parti ».
Le pari sera-t-il relevé pour la FCM, le 1er mai ? En tout cas, la mobilisation a pris une vive allure depuis le retour du Singing Priest au pays.
Comme leurs tables étaient mitoyennes, on pouvait constater qu'ils s'échangeaient des blagues entre eux. Ainsi, Sheila Grenade a eu une longue conversation
avec Patrick Assirvaden et Étienne Sinatambou. Joe Lesjongard, quant à lui, blaguait avec Mathieu Laclé, tandis que Jean-François Chaumière discutait avec Mireille Martin et son mari. Au menu : du poisson, de grosses crevettes, du calamar, des brèdes 'tom pouce' sautés à l'ail et, comme dessert, de la glace.L'absence des membres du MMM, dont Françoise Labelle, a été diversement commentée. Il se chuchotait au dîner que la députée, de même que les autres membres du parti, ont payé leur participation mais ont rendu le carton d'invitation en s'excusant auprès d'un des responsables de la FCM, le jour même du dîner.
Hungley, le seul Mauve
Interrogée, samedi, Françoise Labelle rejette l'idée de pression de la part de son leader. Elle explique que sa décision de ne pas se rendre à ce dîner « relève d’une décision personnelle ». Quoiqu’elle précise qu’elle comptait s’y rendre dans un premier temps. Elle dit regretter que des gens s'attardent sur des peccadilles au lieu de se concentrer sur des choses plus rationnelles. Donc, il n’y a pas eu de mot d’ordre de la direction de son parti. N’empêche que Paul Bérenger a commenté la démarche du père Grégoire, au cours de sa conférence de presse, samedi.
Robert Hungley, ancien maire des villes-soeurs, est le seul membre du MMM à s’être pointé au dîner. Renseignement pris, personne ne pensait qu’il allait s’y rendre et ne l’a averti des
Dans son intervention très brève, l'abbé Grégoire a avancé que le rendez-vous du 1er Mai revêt une grande importance pour les Créoles et la FCM : « Bizin donne choc le 1er Mai ». Le prêtre a dit apprécier la présence de notables qui soutiennent le mouvement qu’il préside : « La FCM apprécie votre présence, car nous avons besoin des têtes pensantes comme vous autour de nous pour réfléchir comment aider notre communauté ».
Puis, répondant à ceux qui pensent que la FCM a repoussé l'heure de son rassemblement pour ne pas gêner les partis politiques, l'abbé Grégoire a lancé cette pique : « La place, on ne peut la changer. Ce sera au stade de Rose-Hill, Mais l'heure, oui. On peut la ramener plus tôt ».
Le battage pour le meeting du 1er Mai de la FCM bat son plein. Dès son retour au pays, mercredi dernier, le prêtre n'a pas eu le temps de souffler. Après un long voyage des États-unis à la France, il s'est rendu à Bambous à la rencontre de centaines de sympathisants dans la cour de l'église de la localité. Au programme ce soir-là : défilé au son de la ravane, de la maravane et du djembé. Et de quoi manger avec, au menu, du riz blanc et du curry de tandrake (tang) vendu à Rs 50 le plat, et des grillades.
Le lendemain, l'abbé Grégoire s'est rendu dans le lointain village de Clémencia à l'invitation d'Yvon Brûlecoeur. Présence du Deputy Speaker de l’Assemblée nationale, Jean-François Chaumière.
Son message est éminemment politique, entrecoupé de ses cantiques, que ceux présents en famille reprennent avec lui en choeur. L'unité est palpable, chacun se tient la main. « Aimer tout en se sachant aimé », chante le prêtre d'une voix douce.
« Souvent nou dimane nou Bon Dié la coté, ki fer Créoles encore souffert dans sa pays la ? » lâche-t-il. Il rejette le fait qu'il est au service des partis politiques : « Père Grégoire ne reçoit l'ordre d'aucun politicien, ni de Bérenger, ni de Ramgoolam ni de Jugnauth. L'heure de la rencontre, c'est moi qui l’ai choisie ».
Puis, d'une voix grave à l'adresse des politiciens : « Créoles népli dépôt fixe ni propriété okene parti ».
Le pari sera-t-il relevé pour la FCM, le 1er mai ? En tout cas, la mobilisation a pris une vive allure depuis le retour du Singing Priest au pays.
Spread The Word
2 Responses to "Dîner de levée de fonds du FCM : Le MMM boude le père Grégoire" 
|
said this on 02 May 2008 2:07:49 PM MUT
Sa meme creole deriere midi coume sa, avec banne commentaire coume sa. Bizin plis solidarite entre nou meme.
|
|
said this on 01 May 2008 5:00:30 AM MUT
Le combat du père Grégoire pour améliorer le sort de la population créole est sans doute légitime vu la pauvreté qui frappe une grande partie de cette communauté. Comme feu Martin Luther King, dont il a appris certaines idées grâce à ses séjours fréquents aux Etats-Unis, le prêtre catholique a des rêves pour ses coreligionnaires qu’il veut mener à la terre promise. Mais contrairement au tribun américain, qui avait une vision claire de la lutte pour les droits civiques des afro-américains, le père Grégoire cherche sa voie et semble incapable de dégager des propositions concrètes pour tirer les créoles de la misère. A ce jour, il a fait certaines revendications, telles que la reconnaissance constitutionnelle de la population créole et la réservation de 30% d’emplois dans la fonction publique aux créoles, qui suscitent peu d’intérêt chez les partis politiques, qui craignent un « backlash » d’autres communautés. Tout en se déclarant apolitique, il envoie une flèche du Parthe à l’endroit du MMM en disant que la communauté créole n’est pas le dépôt fixe d’un parti politique. Si tous les partis politiques sont responsables de l’appauvrissement des créoles, l’Eglise catholique aussi est à blâmer. Pourquoi l’Eglise n’a-t-elle pas exercé l’option préférentielle pour les pauvres que les prêtres progressistes ont adoptée dans les pays d’Amérique latine, particulièrement en matière d’éducation ? L’éducation étant la base de la mobilité sociale, le père Grégoire devrait interpeller tous les partis pour savoir ce qu’ils feront de concret pour permettre aux créoles d’avoir un accès facile à l’éducation. Que pense-t-il de l’éducation élitiste promue par le Parti travailliste, qui a réintroduit le « ranking » au CPE au grand détriment des enfants pauvres ? Son silence sur cette contre-réforme et d’autres mesures qui pénalisent les pauvres donne lieu à l’allégation qu’il est le cheval de Troie du gouvernement. Si on est résolument en faveur des pauvres, il faut combattre toute politique qui leur est préjudiciable. Tout mouvement civique devrait pouvoir analyser les problèmes objectivement, situer les responsabilités, proposer des solutions et parler aux protagonistes qui sont plus susceptibles de les mettre en œuvre. Au-delà de la rhétorique revendicative, le père Grégoire ne semble pas vouloir s’engager dans une réflexion profonde sur les causes du mal.
|

Author)




