Cette mère de famille de 27 ans veut faire une croix sur son ancien job. Elle a décidé de briser le silence. Pendant sept ans elle a été masseuse. Auparavant, elle était employée d’usine. Son maigre salaire se révélant insuffisant, elle fait un saut dans un salon de coiffeuse de Curepipe et se fait engager comme
“manœuvre”. Alors qu’elle veut devenir coiffeuse, Sheila découvre très vite qu’elle s’est trompée d’adresse. Au salon, on offre aussi les services de massage. Un jour, à la demande de ses supérieurs, elle doit offrir un massage à un homme d’une trentaine d’années.
“Mone bien masse li mais kan près pou fini, li demande moi si pena plisse”. Sheila ne comprend rien à la demande du client. Elle sort de la cabine pour chercher des explications.
“Masturbe li… to capave gagne Rs 200”, s’entend-elle dire. Elle est morte de frayeur et n’ose pas se rebeller.
“Mo ti mari peur li faire moi kitsoze si mo dire li non”.
Prise par un sentiment de dégoût, notre interlocutrice prend congé du salon. Mais pas pour longtemps. Les privations et la perspective de mener la belle vie ont vite raison d’elle.
“Cash ti pe faire défaut mo ti zène et content tam-tam”. Elle devait joindre une équipe de masseuses dans un salon de Quatre-Bornes avec des revenus de Rs 3 500 par semaine.
Avocat, député et autres notablesSheila devait nous expliquer que certains jours c’était des affaires d’or. Elle pouvait y toucher jusqu’à Rs 3000. Cela incluait les paiements reçus pour des ébats sexuels et autres jeux i

ntimes. Durant ces sept années passées dans plusieurs salons de massage, elle a côtoyé des clients de toutes les couches sociales.
“Ena député vini (elle cite le nom d’un politicien qui siège au Parlement), des avocats, des commerçants et beaucoup de policiers”. L’ancienne masseuse explique qu’elle n’éprouvera aucune difficulté à identifier les policiers.
“Zotte vine faire massage pou guetter si faire kitsoz intime dans salon. Mais zotte le corps couma du bois et bien dur. Zotte pena tatouage et zot zorey pas piké narien. Alors nous dire zotte pena kitsoz intime ici”. Elle devait également indiquer que les gérants sont très stricts sur la tenue vestimentaire. “Dans la majorité des salons on est obligé de se mettre dans des tenues très chaudes”.