Notre économie est certes sur les rails mais il faut rester prudent, insiste Rama Sithanen. Le monde fait face à une baisse de la croissance. “The IMF and most international experts are lowering growth expectations even for high performing economies like China and India”, fait-il remarquer.

Et le ministre des Finances de rappeler la situation économique qui prévaut en ce moment aux Etats-Unis.

Notre avenir économique dépend grandement des mesures de relance de la compétitivité, insiste-t-il. Il évoque la nécessité d’améliorer nos infrastructures portuaires, aéroportuaires, la fourniture d’eau et la production d’énergie. Il est aussi impérieux de réduire les coûts de production, de rehausser le niveau de formation de la main-d’oeuvre.

La rapidité des réformes à venir déterminera notre capacité à préserver notre taux de croissance, à un moment où nos principaux partenaires économiques font face à une récession économique.

Rama Sithanen n’a pas voulu commenter la performance budgétaire 2007-2008. Il le fera lors des prochains débats budgétaires. Néanmoins, il a donné quelques informations d’ordre général.

Dettes publiques
Le ministre a fait ressortir que Moody’s et le Fonds monétaire international ont reconnu que la structure de la dette publique a connu des améliorations.

Commentant le taux de croissance, il annonce que le Bureau central des statistiques
a avancé un taux de 6% en 2008 et de 5,6% en 2009. Le FMI, lui, parle de 7% et la Mauritius Commercial Bank de 5,9% pour 2008. La prudence est de mise, vu la situation sur le plan international, insiste le ministre.

Il fait ressortir que les dépenses liées au budget de développement ont augmenté considérablement depuis le dernier trimestre.“Moreover, there is significant year to year variation, ranging from a low 43% in 2003-04 to a high 57% in 2006/07”.

Le gouvernement, dit-il, a revu le budget de développement.

En ce qui concerne les revenus, Rama Sithanen avance que “we have done better than projected”. Ce sont les résultats des réformes fiscales, et à une plus grande transparence dans le système.

Le leader de l’Opposition, lui, ne s’est pas laissé impressionner par les propos de Rama Sithanen. Paul Bérenger a attiré l’attention du Grand Argentier sur les décalages entre les divers chiffres avancés par le FMI, le Bureau des statistiques et la Mauritius Com-mercial Bank sur la croissance.

Rama Sithanen fait ressortir que le FMI avait initialement proposé un taux de croissance de 8%. Cette institution, dit-il, a mis en lumière trois autres facteurs soit le taux élevé des investissements directs étrangers, la création d’emplois et la croissance dans les recettes fiscales.

Le leader de l’Opposition s’est enquis de la baisse de croissance dans les secteurs de la construction, de l’hôtellerie et du textile. Le ministre a souligné qu’il sera difficile pour Maurice de rééditer la bonne croissance qu’elle a connue dans ces secteurs ces années précédentes.