Seyfoullah Fokeer-box, huit ans, n’aura survécu qu’un mois à son hospitalisation survenue le dimanche 6 avril. Il est resté dans le coma après avoir été tabassé par son beau-père. Le petit enfant martyr est décédé à l’hôpital Jeetoo, mardi, emporté par une septicémie aiguë causée par les graves blessures reçues à la tête.

Sayed Mamode Sobhan, le beau-père, 33 ans, en détention préventive à la Prison centrale de Beau-Bassin, sera inculpé d’assassinat lors de sa prochaine comparution en Cour. La mère, Jusbeen, 26 ans, devra également répondre de ces actes,la Criminal Investigation Division de Port-Louis Nord estimant qu’elle était au courant des sévices infligés à son fils par son compagnon. Elle se serait tue pour le protéger.

L’avis du Parquet est sollicité sur ce point. D’autant que le délit de non-assistance à personne en danger vient d’être inclus dans le Code pénal. Jusbeen aura du mal à soutenir ses précédentes déclarations. Contrairement à sa fille aînée, Mehjabeen, 10 ans, elle a soutenu que Sayed Mamode Sobhan, l’homme avec qui elle s’est mariée en secondes noces, n’a fait que “corriger” son fils avec sa ceinture.

Pourtant, quelques jours après l’hospitalisation de Seyfoullah, Mehjabeen, placée sous la protection de la Child Development Unit, a expliqué aux officiers de la CID comment son beau-père avait brutalisé son frère cadet. “Line lev li, line pile li”, a-t-elle fait ressortir.

Ce dimanche tragique, après avoir passé la journée à mendier, Sayed Mamode Sobhan  rentre chez lui avec du poulet acheté au fast-food. Pendant le repas, il cogne Seyfoullah, lui plaquant la tête contre une cloison de leur misérable
case en tôle, située Boulevard Victoria, Vallée-Pitot.

Le dîner terminé, Mehjabeen prend son bain. Puis, c’est au tour de Seyfoullah. L’enfant tarde dans la salle de bains. Sayed Mamode Sobhan entre dans une rage folle. Il le soulève et le jette au sol.

Seyfoullah inconscient, Jusbeen se dépêche de l’emmener à l’hôpital. Aux médecins, elle soutient que le petit a chuté dans la salle de bains. C’était sans compter sur l’œil aguerri d’un infirmier qui a déjà aperçu Seyfoullah aux soins intensifs de l’hôpital du Nord.

L’enfant portait également des traces de brûlure de cigarette à l’entrejambe. L’autopsie du Dr Sudesh Kumar Gungadin confirmera que l’enfant était bel et bien battu, car il avait des marques d’anciennes fractures aux bras.

Arrêté le vendredi 11 avril, le beau-père nie avoir “corrigé” l’enfant. Toutefois, il a dû, à demi-mot, avouer n’être pas allé de main morte envers Seyfoullah lorsque sa compagne Jusbeen donne sa version des événements.

La déposition de Mehjabeen portera un coup fatal à ses précédentes déclarations. Il reconnaîtra alors ces actes et participera à une reconstitution des faits, une semaine plus tard.
Multirécidiviste, Sayed Mamode Sobhan vit d’une allocation sociale perçue pour un handicap à la colonne vertébrale. Ce qui ne l’aura pas empêché de battre Seyfoullah comme plâtre. Il fut aussi accusé de sodomie par une mineure avec qui il a contracté un mariage religieux (‘nikka’), l’an dernier, lorsque Jusbeen s’était séparée de lui.

Son sort est désormais entre les mains de la justice.

L’Ombudsperson for Children, Shirin Aumeeruddy-Cziffra, elle, déplore l’indifférence des voisins et des proches de l’enfant-martyr. S’ils avaient alerté les autorités, Seyfoullah serait encore parmi nous aujourd’hui.