L’appréciation de la roupie est le résultat de la croissance économique. Pour le directeur de la London School of Economics, sir Howard Davies, notre monnaie est promise à une embellie vu que nous sommes appelés à gagner en compétitivité et productivité.

La crise des crédits à risques (Subprimes) aux États-Unis limitera la performance de plusieurs pays. Qu’est-ce qui vous fait dire cela ?
La crise des ‘Subprimes’ aura, selon moi, un impact significatif sur d’autres pays qui ont des relations d’affaires étroites avec les États-Unis et les pays d’Europe, notamment le Royaume-Uni et l’Espagne où la croissance économique a été dopée par la montée des prix de l’immobilier. Ailleurs, surtout en Chine et en Inde, la demande locale sera assez forte pour contrecarrer la récession même si la croissance sera probablement à la baisse dans ces pays.

Il y a un excès de liquidités sur le marché mauricien en raison surtout de la croissance économique et des investissements étrangers qui sont en hausse. Ce qui contribue à une roupie forte. Une bonne chose pour les consommateurs en général, mais un casse-tête pour les exportateurs. La Banque de Maurice privilégie une politique interventionniste pour freiner la dépréciation du dollar et favoriser les exportations. Ne pensez-vous pas qu’il faut laisser le marché évoluer directement ?
Dans le long terme, si Maurice améliore sa compétitivité et sa productivité – ce qui semble être le cas – la roupie grimpera alors en termes
réels et il ne sera pas possible ou souhaitable d’empêcher cette appréciation. Dans le court terme, s’il y a des raisons de croire que cette appréciation est dopée par des spéculations, ce sera justifié d’inverser en partie la tendance. Toutefois, les coûts pour le faire sont élevés.

La planète fait face à une grave crise alimentaire parce que la demande en nourriture est supérieure à l’offre. L’Organi­sa­tion de Coopération et de Déve­lop­pement Économiques (OCDE) prévoit que la crise durera pendant les dix prochaines années. Quel est votre avis sur la question ?
Je pense que l’OCDE a probablement raison, quoique je ne sois pas un expert sur l’évolution des prix des produits alimentaires. Il y a toutefois des interventions gouvernementales, comme le fait de subventionner les biocarburants qui n’aident en rien à la situation. Ces mesures doivent être revues, cela modérera la hausse des prix.

Maurice a organisé récemment une conférence régionale sur la pauvreté. On dénombre 7 200 familles mauriciennes qui vivent avec moins de Rs 100 par mois. Comment faire pour éradiquer la pauvreté absolue sur le plan national et au niveau de la Southern African Development Community (SADC) ?
Si je connaissais la réponse, on me canoniserait Dans le long terme, je serais en faveur de solutions pour un marché libre combiné avec des gouvernements honnêtes. Beaucoup de pays pauvres sont assaillis par des interventions de l’État et des gouvernements corrompus. L’île Maurice est bien placée pour résoudre ses propres problèmes, précisément parce qu’elle jouit d’une stabilité politique et dispose de politiciens responsables.