Encore une fois, c’était le Far West à Ste-Croix. Plus d’une centaine d’habitants ont bloqué l’artère principale de la région, la route Nicolay. Ils voulaient exprimer leur mécontentement vis-à-vis d’un couple de boutiquiers qui aurait remis un faux billet de Rs 500 à un client qui, à son tour, a été arrêté par la police.

Dans la soirée de vendredi, c’est une scène irréelle qui se déroulait sur place. Devant un fort contingent de « gardes bâton » de la Special Supporting Unit, des pneus brûlent sur la chaussée. Si la police anti-émeute est présente, c’est que, quelques minutes plus tôt, les officiers du poste d’Abercrombie avaient essuyé des jets de pierres, alors qu’ils tentaient d’extraire les propriétaires assiégés de la boutique Good Heart, avec l’aide des pompiers.

Encore une fois, les manifestants n’ont pas caché leur hostilité face à la présence des forces de l’ordre. La première tentative de les forcer à rentrer chez eux a tourné en eau de boudin. Les policiers ne purent non plus les forcer à éteindre les pneus qu’ils avaient enflammés et à ôter
les pierres amoncelées sur la route. Les jets de pavés volaient de tous côtés.

Ce n’est que bien plus tard, bouclier dans une main, matraque dans l’autre, que les éléments de la SSU purent repousser la foule vers la Cité-Briquetterie. La colère était à son comble surtout que les policiers n’hésitèrent pas à faire usage de gaz lacrymogène. Pour les manifestants, « il n’est pas juste qu’un innocent soit arrêté alors que les coupables sont en liberté ». Jeudi soir, certains d’entre eux avaient d’ailleurs saccagé la façade de la boutique. Ce qui a justifié l’intervention de la SSU.

à samedi, la police d’Abercrombie recherchait huit suspects, hommes et femmes qui seront identifiés grâce aux clichés pris par les policiers, ce soir-là. Les enquêteurs ont en ligne de mire une activiste proche d’une députée de la majorité gouvernementale. Elle serait la meneuse du noyau dur des manifestants et ne serait pas à son premier coup. Selon un rapport de la police, elle était à la tête d’un groupe de personnes qui a endommagé un véhicule du poste d’Abercrombie devant la boutique Good Heart, jeudi.

Vel Moonien / Irshaad Olitte