Il lui a volé sa femme ! Et son argent, par-dessus le marché ! Désemparé, Nawaz, 34 ans, a presque honte de relater son calvaire. S’il parle aujourd’hui de la mésaventure, vécue à cause d’un longaniste venu lui bousiller la vie à Londres, il y a deux ans, c’est parce qu’il ne veut pas que d’autres tombent dans le même panneau.

Celui qu’il accuse de tous ses malheurs, c’est un dénommé Yassine, 46 ans, une vieille connaissance de son père qui habitait Plaine-Verte. Ce dernier est entré dans la vie de Nawaz, au début de l’année 2005. Notre homme vit alors dans les brumes de la Blonde Albion aux côtés de sa dulcinée, qui avait un enfant de son premier mariage.

« Il est venu me rencontrer dans mon appartement. Il m'a expliqué qu'il était un ami de mon père », raconte Nawaz. Les deux se lient immédiatement d’amitié car, dans un pays étranger, c’est toujours bon de s’entraider entre compatriotes. Lorsque Yassine lui fait part de sa difficulté à trouver un emploi, Nawaz n’hésite pas à lui venir en aide.

« Il voulait intervenir »
D’autant que ce dernier gagne bien sa vie. Employé à son propre compte, l’argent n’est pas ce qui manque à Nawaz. Il est tellement obnubilé par son nouvel ami qu’il ne se rend pas compte que ce dernier le manipule comme un vulgaire pantin. « Nous nous sommes très vite liés d'amitié. J'ai eu pitié de lui et je lui ai prêté de l'argent », poursuit Nawaz. Ce dernier, aujourd’hui, n’a que des regrets : « Il paraissait si vulnérable, que l'idée de me méfier de lui ne m'a jamais effleuré l'esprit ».

Amitié ne va pas forcément de pair avec vie conjugale. Déjà que sa vie de couple n’était pas au top, Nawaz se dispute souvent avec son épouse devant Yassine. Lui, profite de l’occasion pour susurrer au jeune homme qu’il peut lui venir en aide car il est longaniste. « Il m'a ainsi fait part de ses intentions d'intervenir dans notre couple. Il m’a dit que je n’avais aucun souci à me faire car il n’était pas un de ces nombreux longanistes mardaye », soupire Nawaz.

Mal lui en prit. Après le discours de Yassine,
il s’est laissé convaincre et lui a donné carte blanche « pou fer travaye-là ». Mais au bout de quelques mois, au lieu d’une vie toute rose, c’est l’enfer qui s’ouvre sous les pieds de Nawaz. « J'avais l'impression d'être hypnotisé. J'étais dans l'incapacité de réagir. Il m'a alors fait part qu'il était à Londres avec un faux passeport et qu'il a été déporté à plusieurs reprises », avance Nawaz.

Entre Nawaz et Zeynab, le courant ne passe plus. Elle se montre de plus en plus distante avec lui. À contrario, elle se rapproche de Yassine. Beaucoup trop. « Je n'arrivais malheureusement pas à réagir »,  déclare Nawaz dans un créole haché d’anglais.

Au final, il réalise que Yassine lui a pompé 10 000 livres, soit la coquette somme de Rs 600 000. C’est presque toutes ses économies. Et comme un malheur ne vient jamais seul, Zeynab annonce à Nawaz qu'elle le quitte… pour Yassine.

Pas de cadeau
Acculé, choqué, Nawaz n’a d’autre alternative que d’abandonner aux nouveaux amants l’appartement qu’il louait. « J'étais descendu très bas. Je galérais. Je me suis retrouvé tout d'un coup sans le moindre penny en poche. Et je venais de perdre la femme de ma vie », se lamente le jeune homme, aujourd’hui revenu au pays pour se reconstruire une vie meilleure.
Nawaz croit savoir que d'autres Mauriciens établis en Angleterre sont dans le même pétrin que lui, par la faute de Yassine. « Je leur demande de rester sur leurs gardes. Méfiez-vous de cet énergumène, car il ne vous fera pas de cadeau », crache-t-il.

Le traumatisme a été tel qu’il a été forcé de suivre un traitement psychiatrique. Il remonte peu à peu la pente. Le plus dur, c’est d’oublier celle à qui il avait promis d’offrir une nouvelle vie.

Yassine, lui, l’ancien entrepreneur, est introuvable. Ses proches, ayant coupé les ponts avec lui depuis des années, ne savent pas s’il est au pays. La seule embrouille qu’il a eue avec la police date de plus de trois décennies : une objection à quitter le territoire pesait sur lui, alors qu’il avait à peine atteint la majorité.

Nawaz, lui, veut lui faire sa fête dès qu’il lui mettra la main dessus. Lui qui voulait venir en aide à un ami en détresse a été récompensé de la pire des façons.