C’est le statu quo. Le Premier ministre, Navin Ramgoolam, ne veut toujours pas témoigner dans le procès que le ministère public intente à son employé, Gérard Marco Théose, pour possession de 1,38 gramme de gandia en Cour de Curepipe. Dans un nouvel affidavit juré le 16 mai, le chef du gouvernement explique que : “I reiterate that I do not have any personal, material and relevant admissible evidence” dans cette affaire.

Ancien maître-chien de Navin Ramgoolam, Gérard Théose touchait un salaire mensuel de Rs 6 000. Il s’occupait de ses quatre bergers allemands à Riverwalk, Floréal. Son épouse y était aussi employée comme cuisinière. Ses malheurs, explique-t-il dans sa déposition à la police, ont débuté en 2003 quand sa mobylette est tombée en panne. Il soutient que Veena Ramgoolam, qui s’apprêtait à se rendre à l’étranger en compagnie de son époux, lui a alors promis qu’elle demanderait aux policiers affectés comme sentinelles devant son domicile de le récupérer et de le déposer chez lui pendant les jours de travail. Il déplore, toutefois, que ces derniers aient refusé de le faire.

Rancune
Gérard Théose a attendu le retour du couple Ramgoolam pour se plaindre des policiers. Depuis, dit-il, un sergent de police, qui se trouve être un des garde du corps de Ramgoolam, lui a gardé rancune. Plus tard, un des proches de l’ancien maître-chien devait le prévenir de «faire attention car il a appris qu’on le piégerait dans une affaire de drogue».

Ayant pris ces paroles au sérieux, Gérard Théose dit avoir évoqué ses craintes avec Navin Ramgoolam. Toujours est-il que l’ancien maître-chien sera arrêté pour
possession de 1,38 g de gandia non loin de son domicile à Allée-Brillant le 14 février 2004. La drogue a été découverte sous la selle de sa mobylette.

Après son arrestation, Gérard Théose, qui est père d’une fille de 8 ans, a été remercié par le couple Ramgoolam. Tout comme son épouse. Quatre ans plus tard, un procès a été instruit contre lui en Cour de Curepipe. Défendu par Me Ashley Hurhangee, il plaide non-coupable. Pour prouver son innocence, dit-il, il est impératif que le Premier ministre apporte son témoignage en Cour au sujet des craintes qu’il lui avait exprimées. C’est pour cette raison qu’il l’a assigné comme témoin.

Mais Navin Ramgoolam soutient qu’il ne sait rien dans cette affaire. Sa convocation en Cour, estime-t-il, constitue un ‘abus de procédure’. Tout en reconnaissant que Gérard Théose était son ancien employé, il nie que l’officier de police incriminé par son maître-chien travaillait chez lui au moment où il était le chef de l’Opposition. A cette époque, précise-t-il dans son affidavit, ses chauffeurs étaient les policiers Seewolall et Dwarika.

Le Premier ministre nie également que son épouse a été mise au courant que Gérard Théose avait eu une discussion avec le sergent au sujet du transport. Pour toutes ces raisons, il demande à la Cour suprê­me de casser son assignation comme témoin. Cette affaire sera appelée le 2 juin.

Par contre, le procès intenté à Gérard Théose se poursuivra le 12 juin. Il n’a pas encore dit son dernier mot car, pour l’heure, il tente le tout pour le tout pour que le PM témoigne en sa faveur en Cour. Il demande aussi au Commissaire de Police de déléguer les sentinelles postées devant la résidence du Premier ministre pour qu’elles produisent les entrées faites dans le ‘Diary Book’ du 14 février 2004.