Cécilia Paul a fait son coming out très tôt, à l’âge de 12 ans. Et depuis, la vie n'a pas toujours été facile. Elle a dû lutter constamment contre les préjugés de la société et les tabous tenaces d’une société moderne, mais toujours puritaine. On lui a mis une étiquette sur le dos, sans même entendre ce qu'elle avait à dire. On la jugeait sans même la connaître. Uniquement parce qu’elle aimait les femmes. Être lesbienne, c’est comme être traduite devant un tribunal militaire. Vous êtes coupable au départ même, à vous maintenant de prouver votre innocence.

Mais Cécilia n’a pas voulu se taire. Elle a fait face à ses juges pour défendre le mode de vie qu’elle a choisi. Pour faire comprendre qu’elle préfère les filles aux garçons. Célibataire pour le moment, elle n'a pas froid aux yeux et s'affiche avec ses petites amies. Une décision qu’elle a payée au prix fort. «Le mot qui revenait le plus souvent était ‘anormal’. Parce que j'étais une fille et que j'aimais les filles, j'étais taxée d'anormale. À l'école, c'était encore pire. Ce n'était pas du tout évident d'être lesbienne et d'étudier dans un collège confessionnel », dit-elle en soupirant.

Assumer son choix
Ces années passées sur les bancs du collège semblent l’avoir marquée. « Il n'y avait que des filles au collège. Mais dès qu'on me voyait avec mes amies, on me regardait avec du mépris. On m'avait même conseillée de consulter un psychologue. Ce qui est totalement ridicule. Car être lesbienne, c’est une orientation sexuelle, pas une maladie », ajoute-t-elle avec Cécilia Paul