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Ouverture de l’économie : Maurice veut jouer dans la cour des grands
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By Christina Vilbrin
Published on 14th June, 2008
 
Favoriser l’investissement et éliminer les lourdeurs administratives. Le Budget prévoit plusieurs mesures qui encouragent les initiatives privées. Mais beaucoup reste encore à faire pour consolider l’économie.
 

 
Positionner Maurice parmi les dix économies les plus performantes au monde en termes de facilitation des affaires. L’objectif du gouvernement est clairement défini. Le Budget 2008/09 prévoit une série de mesures pour créer un environnement propice aux affaires.

Parmi, la simplification du système d’octroi de permis, la création de bureaux de crédit à travers l’île, la réduction du nombre de permis au niveau de l’import et de l’export d’ici à juillet 2009. Il suffira de seulement 15 jours au lieu de 210 jours pour enregistrer une propriété à Maurice. Les conflits commerciaux seront réglés dans un délai de sept mois au lieu de deux ans. D’autre part, un investisseur dont l’entreprise réalise un chiffre d’affaires supérieur à Rs 15 millions sur trois années consécutives pourra faire une demande pour une résidence permanente. Un avantage étendu à tous ceux qui font des affaires à Maurice avant octobre 2006.

C’est la grande satisfaction dans le secteur privé. «Ces mesures faisaient partie de nos demandes afin de réduire la bureaucratie pour promouvoir l’investissement», explique Gérard Garrioch, président du Joint Economic Council (JEC). Rama Sithanen, avance-t-il, a lui-même reconnu qu’il fallait 474 différents types de permis pour faire des affaires à Maurice. Alors qu’à Singapour, il y en a sept fois moins. «Nous nous attendions à ce que le ministre des Finances poursuit sur sa lancée de faire de Maurice un ‘Investment Friendly Environment’. Ce présent Budget est une continuation des deux précédents Budgets.»

Obligation de réussite
Faciliter les affaires, c’est bien, mais ce n’est pas tout ! Il faut maintenir le cap, insiste le président du JEC. «Si aujourd’hui, nous sommes sur la bonne voie et que nous regardons dans la bonne direction, il reste toutefois encore du chemin à faire pour que Maurice figure parmi les dix premières économies mondiales. Il y a des efforts à faire au niveau des infrastructures et de la télécommunication.»

 La barre a été fixée très haut et il y a obligation de réussite pour le secteur privé. Un défi que comptent relever les entreprises du privé. «Le secteur privé est un ensemble de secteurs et chaque secteur a à cœur de faire le mieux possible. D’ailleurs, c’est une constante du secteur privé que de travailler sous pression pour réaliser la meilleure performance. Nous jouerons le jeu pour atteindre les objectifs fixés comme nous l’avons toujours fait dans le passé.»

Gérard Garrioch salue aussi les mesures prises pour améliorer l’accès aux crédits pour les petites et moyennes entreprises (PME). Elles pourront ainsi obtenir des emprunts en mobilisant seulement 10 % de leurs investissements contre 40 % actuellement. La Banque de Développement a aussi revu à la hausse le plafond du ‘Quasi-Equity Scheme’ qui passe de Rs 400 000 à Rs 500 000. Celui du ‘Booster Loan Scheme’ augmente de Rs 75 000 à Rs 100 000.

Du côté des PME, on se tient sur la défensive et préfère attendre de voir comment dans la pratique seront appliquées les mesures pour une plus grande ouverture de l’économie. «Nous sommes actuellement dans le flou. Nous attendons de connaître les conditions qui seront attachées à ces mesures pour voir de quoi il retourne exactement», soutient Michel Moothoosamy, président de la Small and Medium Enterprises Federation (SMEF). Les deux précédents Budgets de Sithanen, rappelle-t-il, faisaient état d’une panoplie de mesures pour promouvoir les PME. «Or, si les structures ont été mises en place, les conditions pour y avoir accès, surtout pour l’accès aux crédits, étaient inaccessibles.»

Cependant, Michel Moothoosamy salue l’initiative de créer un Manufacturing Adjustment and SME Development Fund d’un montant de Rs 500 millions. Ce fonds sera mis à la disposition de l’industrie locale pour qu’elle reste compétitive avec la détaxe sur des produits importés. Il les assistera aussi si elles veulent se tourner davantage vers l’exportation.

Les industriels s’accordent toutefois sur un point : si nous voulons jouer dans la cour des grands, nous devons poursuivre notre politique d’ouverture.