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Une multinationale indienne crie au scandale : Maldonne alléguée sur un contrat de Rs 160 M du CEB
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Jean Claude Dedans
 
By Jean Claude Dedans
Published on 15th June, 2008
 
Une multinationale indienne crie au scandale au sujet d’un contrat de Rs 160 millions pour l’installation de six transformateurs. Elle a contesté le choix du CEB devant le Procurement Bureau. Et pourrait saisir la Cour suprême. L’organisme para-étatique soutient, lui, que tout a été fait selon les règles.
 

 
Tout commence par un appel d'offres lancé l'année dernière par le CEB pour l'installation de six transformateurs d'une capacité de 66/22KV et 36/45 MVA. Six compagnies sont intéressées. Le 16 août 2007, à l'ouverture des offres par le Central Tender Board, qui n’avait pas encore été remplacé par le Central Procurement Office, c'est la multinationale CGL (Crompton Greaves Ltd India), représentée à Maurice par ABB, qui est le soumissionnaire le moins cher – soit 2 896 482 euros (Rs 128 314 152,60) et 25 200 euros (Rs 1 116 360) pour les pièces de rechange.

Koncar (Croatia), dont le représentant à Maurice est Mauengineering Supplies Co Ltd, avait coté à 3 574 000 euros (Rs 159 337 060) et 39 050 euros (Rs 1 729 915) pour les pièces de rechange. Quant à Mauritech Ltd, elle avait coté à US $ 6 595 680 (Rs 207 368 179.20) et les pièces de rechange s'élevaient à Rs 1 719 547,92.

Dans une note de pied, le comité technique du CEB souligne que « Koncar has no record for such capacity in Mauritius » et que « the original evaluation was in favour of Crompton Greaves Ltd ». Toutefois, après que le comité technique a estimé que le taux de perdition sur les transformateurs indiens était trop élevé, la décision a été prise d’allouer le contrat au deuxième soumissionnaire le plus bas, c’est-à-dire Koncar. Nous sommes alors en octobre 2007.

Par le biais de Netra Bag, Senior Marketing Manager de la International Division, la direction de Crompton Greaves Ltd écrit, le 4 octobre 2007, au Haut-Commissaire de Maurice en Inde, Mukheswur Choonee, pour lui demander d’intervenir en sa faveur. La correspondance contient aussi un historique du géant indien, qui a racheté la compagnie belge Pauwel's et la compagnie hongroise Ganz, deux autres mastodontes dans le secteur de la fabrication de transformateurs.

Différence de Rs 14 millions
Le CEB décide entre-temps de procéder à un nouvel appel d'offres. Nous sommes alors en janvier 2008. Cette fois, l’offre de Koncar est plus basse que celle de Crompton Greaves. La compagnie croate ne réclame que 3 590 160 euros, tandis que celle de la Grande péninsule réclame US $ 4 830 000 pour le job. Une différence de Rs 14 millions. Aux explications recherchées par la multinationale indienne, le CEB rétorque que ses transformateurs ont un fort taux de perdition. Et que, grâce à ceux de Koncar, le CEB va pouvoir bénéficier d’économies d’environ Rs 4,2 M sur un quart de siècle.

Le 27 mai 2008, le CEB informe Crompton Greaves que le contrat sera alloué à Koncar. La multinationale indienne a 15 jours pour contester cette décision devant le Procurement Bureau. Passé ce délai, il sera trop tard. Le 28 mai 2008, c’est Nitin Naik, de CGL, qui écrit au CEB pour rappeler que l'entreprise est présente à Maurice depuis 1999 et que les travaux qu’il a effectués sont de qualité. Il souligne aussi que si ce contrat lui est alloué, l'installation des six transformateurs ne prendra que 22 semaines.

Plus important, Crompton Greaves demande au CEB, en se basant sur les dispositions de la nouvelle Procurement Act, de lui révéler le taux de perdition de Koncar. Nitin Naik demande aussi que trois panels d'experts – un du CEB, un de CGL et un du Central Procurement Office – se penchent sur les soumissions. Le CEB, à travers K. Guptar, répond, dans une lettre en date du 10 juin, que l'offre technique de Crompton Greaves a été soigneusement examinée et qu'il ne serait pas éthique de divulguer les détails d’autres soumissionnaires.

Concernant la demande de CGL, pour trois panels d’experts, K. Guptar ajoute que la question ne se pose même pas. Car les spécifications contenues dans les documents de l’appel d’offres sont claires.

La compagnie Crompton and Greaves a déjà déposé plainte auprès du Procurement Office qui a, entretemps, remplacé le Central Tender Board. Pour que cet organisme se prononce sur sa plainte, elle doit faire un dépôt d’environ Rs 2,5 millions. Ce qu’elle fera dans les jours à venir, car côté indien, on soutient qu’il s’agit plus d’une question de principe que d’argent. La possibilité de saisir la Cour suprême est aussi envisagée.

Pour ce qui est du CEB, un haut cadre nous a déclaré que tout a été fait selon les règles. Affaire à suivre.