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Zaid Allyjaun, arrêté, incarcéré et acquitté à Hong-Kong : « C'est trop facile de coller l'étiquette de terroriste »
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L'Hebdo
L'Hebdo News Service

 
By L'Hebdo
Published on 22nd June, 2008
 
Ils croyaient que tout était perdu. Les Allyjaun pensaient ne plus revoir Zaid, détenu et poursuivi à Hong-Kong sous une charge de possession d’objets de nature offensive. Mais le jeune homme a finalement été disculpé par la justice.
 

 
Ils ont eu chaud. Pendant près de quatre mois, la famille Allyjaun ne cessait de louer Allah pour que leur fils unique, Zaid Allyjaun, puisse retourner à Maurice. Ce dernier, âgé de 25 ans, avait été arrêté et détenu à Hong-Kong, où une charge de « possession of firearms and ammunition without a licence » avait été logée contre lui. « Justice a été faite », crient-ils aujourd’hui.

Les Allyjaun n’ont pas vécu pendant les quatre mois pendant lesquels Zaid était incarcéré. « Je croyais ne plus revoir mon fils », explique Toorab Allyjaun, le père du jeune homme. Ce dernier a remué ciel et terre, à Hong-Kong, afin que son fils recouvre la liberté. « Mais à aucun moment, je n’ai douté de son innocence », martèle-t-il.

Homme d'affaires, Zaid fait souvent la navette entre Maurice et Hong-Kong. Ainsi, le 17 mars dernier, après avoir séjourné cinq jours là-bas « pour business », il prend l'avion pour rentrer au pays. Mais une fois à l'aéroport, tout se bouscule. Une trentaine de policiers l’encerclent et fouillent dans ses bagages. « J’ai gardé mon sang-froid. Je ne me sentais pas menacé car je n'avais rien à me reprocher », indique-t-il.

Mais les choses prennent une autre tournure. En constatant tout le remue-ménage autour de lui, Zaid comprend rapidement que quelque chose ne tournait pas rond. « Les policiers m'ont dit que j'étais en possession d'armes capables de nuire à l'ordre public », déclare-t-il. Les policiers hong-kongais lui ont montré des torches qu’il avait achetées et qu’il voulait ramener à Maurice. « Ils m’ont dit que c’était des objets pouvant donner une décharge électrique. Or, pour moi, c’était des torches comme les autres. Je voyais mal comment elles pouvaient nuire à autrui », raconte-t-il.

D’une gentillesse surprenante
La fouille terminée, Zaid est conduit en cellule policière. Il y passera deux jours. Cependant, l’homme d’affaires soutient qu’à aucun moment il n’a été brutalisé. « Les policiers étaient d'une gentillesse surprenante. J'avais même droit à plusieurs coups de fil », relate-t-il.

Informé de la mésaventure de son fils, Toorab s’envole pour Hong Kong. « Mes amis m'ont référé à des hommes de loi, dont un avocat britannique, Me Giles Surman », dit-il. Toorab ajoute que les phrases de ces avocats n’étaient guère encourageantes. « Ils m’ont dit que cette affaire n’allait pas être facile, mais qu’ils allaient tout mettre en œuvre pour que justice soit faite. Ils ont ajouté que je devais avoir foi en Dieu, si je voulais que mon fils soit innocenté. Ces mots m’ont glacé le sang », ajoute-t-il.

Entre-temps, Zaid est placé sous la responsabilité du Reception Centre de Lai Chi, une institution qui « accueille » les étrangers qui attendent de passer en justice. « J'ai habité ce centre pendant trois mois », dit notre compatriote. Bien qu'il essayait de dissimuler son chagrin, Zaid ne pouvait s’empêcher de penser à sa famille qui, pendant ce temps, nageait en pleine tourmente. Quant à son père, il continuait à faire les allers-retours, afin de veiller si les démarches judiciaires allaient dans la bonne direction.

Trois mois se sont écoulés. La justice hongkongaise s’apprête à rendre son verdict. En cour, les policiers qui avaient arrêté Zaid témoignent. « J'étais dans mes petits souliers. Je savais que les témoignages de ces policiers pèseraient lourd dans la balance », confesse-t-il. C’est lorsque l'expert de la police a déposé que le jeune homme a commencé à entrevoir une lueur d'espoir. Le témoignage de l'expert ne correspondait pas à l'acte d'accusation. Les autorités policières reprochaient au jeune homme d'avoir été en possession de torches pouvant diffuser des décharges électriques à condition d'être branchées à une safety key. « Ce n'est qu'en étant connecté à la safety key que la torche devient dangereuse », explique Toorab.

Pas de safety keys
Or, dans les affaires de Zaid, il y avait bien les torches incriminées, mais pas de safety keys. Ce qui fait que ces torches n'étaient, à aucun moment, nocives et dangereuses. Le magistrat a alors fait remarquer aux policiers que, sur les photos prises au moment de l’arrestation du Mauricien, il y avait des torches, mais pas de safety key. Et que les safety keys, que les policiers ont produites en cour, ne pouvaient être acceptées comme pièces à conviction.

C’est la joie dans le camp de Zaid. « You are acquitted. The most quickly, this man must be released », peut-on lire dans le jugement. La cour a tranché en faveur de Zaid. Ouf de soulagement ! Ce dernier est conscient que, s'il avait été trouvé coupable, il aurait purgé une longue peine derrière les barreaux. D'autant qu’être trouvé coupable de possession d'armes faisait de lui un terroriste.

Mais le jeune homme n’a toujours pas oublié cette mésaventure et les conséquences. « Il est trop facile de coller l'étiquette de terroriste sur le dos de quelqu'un. Que ce soit à Hong-Kong ou même à Maurice », s’insurge-t-il. Au fait, lui a-t-on rendu ses torches ? Le jeune homme répond qu'il n'a pas voulu les reprendre.

De retour à Maurice depuis jeudi soir, Zaid dit être sorti grandi de cette expérience. Il en profite d'ailleurs pour remercier tous ceux qui sont venus en aide à sa famille pendant cette longue traversée dans le désert.