Certains infirmiers du service hospitalier travaillent dans des cliniques privées à temps partiel. Et ce, même s’ils n’ont pas droit à la pratique privée. Ils sont très sollicités en raison de leur expérience dans des domaines spécialisés, dont la chirurgie.

Ainsi, ils sont souvent appelés à épauler des médecins tra­vaillant également dans les hôpi­taux pour la pratique de cer­taines interventions dans cer­­taines cliniques privées. Il leur arrive donc d’agir comme des facilitateurs pour ces mé­decins en veillant à ce qu’ils aient tous les équipements nécessaires pour ces interventions.

Il leur arrive aussi « d’em­prun­ter » certains équipements de l’hôpital pour cela. En effet, ils ont pour tâche de les prendre à l’hôpital pour une intervention en clinique et de les ramener par la suite à l’hôpital. Mais certains médecins s’en chargent aussi personnellement, histoire d’assurer la discrétion totale.

Quels sont ces équipements qui font la navette entre les hôpitaux et certaines cliniques privées ? La liste est assez con­séquente : Power Drill, des lou­pes pour la gastroscopie, des accessoires pour l’endoscopie, des CDs. Le Power Drill est un équipement nécessaire pour la pratique du « hip replacement ». Il s’agit d’une intervention pour placer une prothèse au niveau de la hanche d’un patient. 

La gastroscopie est un examen visuel de l’intérieur du système intestinal et de l’estomac. Enfin, les accessoires pour l’endoscopie, appartenant au service public, se retrouvent souvent dans certaines cliniques privées puisque cet examen est très demandé. Il s’agit d’une méthode d’examen mais aussi de traitement à travers une exploration visuelle de l’intérieur d’un organe.

Aussi, les médecins préfèrent utiliser les accessoires de l’hôpital que ceux disponibles dans les cliniques privées concernées. Quant aux CD, ils contiennent
des données sur les dernières avancées pour pratiquer certai­nes interventions spécifiques. Il y aurait aussi une bonne partie des prothèses orthopédiques du service hospitalier qui seretrou­veraient dans des cliniques privées pour des interventions.
Pis, certains médecins réclameraient de l’argent pour cela. Par exemple, si une prothèse coûte Rs 15 000, ce montant est réclamé au patient par la clinique. Sauf qu’il est ensuite remis au médecin puisque la prothèse n’aura bien sûr rien coûté à la clinique.

Pansements, injections et prises de sang

Certains infirmiers font aussi de la pratique privée dans leurs localités en soignant des patients. Par exemple, ils sont souvent sollicités pour faire des pansements, des injections ou des prises de sang.
Mais, il y a en a qui le font aussi sur une base bénévole, rien que pour aider ces personnes. Toujours est-il qu’ils doivent bien se procurer les  consommables nécessaires pour cela : coton, gaze, seringues, tubes, aiguilles, solutions pour pansement, entre autres.

C’est bien sûr en milieu hospitalier qu’ils s’en procurent. Mais il y aurait aussi certains domestiques qui subtiliseraient ces consommables pour les vendre ailleurs ! «Il semble qu’il n’y a aucun contrôle sur ces produits, tout comme certains équipements utilisés en salle d’opération. Pourtant, le ministère de la Santé dépense des millions de roupies pour leur achat. Il est grand  temps de mettre en place un système de  contrôle rigoureux mettre un frein à ces abus»,  avance-t-on dans milieux concernés.

Enquête
Soulignons qu’une enquête policière a été initiée à l’hôpital Jeetoo suite à une plainte contre un infirmier. Il est accusé par un collègue, d’avoir tenté de  prendre un équipement du bloc opératoire - un appareil cystoscopique - pour être utilisé dans une clinique privée. Cet infirmier a été transféré dans un autre établissement hospitalier. L’enquête se poursuit.