L’intervention musclée des membres de votre association à l’hôpital Victoria, vendredi dernier, semble être la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. À tel point qu’ils sont nombreux aujourd’hui ceux qui critiquent votre association...
La Voice of Hindu (VoH) n’a jamais été contre la distribution de méthadone aux toxicomanes en quête d’une cure. Nous sommes conscients qu’il faut les aider. Mais plusieurs familles se sont plaintes à nous pour nous dire que leurs proches avaient été attaqués par des voyous à l’heure où ce produit était distribué. C’est pour cela que des membres de la VoH sont intervenus à l’hôpital Victoria pour que le calme règne autour de cet endroit. Il n’y a jamais eu de dérapage ou d’incident ce jour-là. On n’a jamais pris la loi entre nos mains.

‘Vautours’, ‘brutes’, ‘criminels’. Harish Boodhoo ne manque pas de qualificatifs en se réfé­rant à certains membres de votre organisation...
Harish Boodhoo a, lui-même, affirmé, sur une radio privée, qu’il est endetté. Ses allégations démontrent qu’il veut de nouveau se lancer dans la politique en vue d’obtenir un peu d’argent pour régler ses dettes. Mais nous ne nous laisserons pas faire. Harish Boodhoo doit rendre des comptes. De nombreux hindous veulent savoir ce qu’il est advenu de l’argent qu’ils ont contribué au sein de l’All Mauritius Hindu Conference (AMHC). Harish Boodhoo a été l’un des dirigeants de ce mouvement qu’il a ensuite fermé. Au lieu de perdre son temps à formuler de fausses allégations, qu’il fournisse des explications à tous ces hindous qui ont contribué au sein de l’AMHC.

Même le Premier ministre, qui est perçu comme étant proche de votre mouvement, a lancé une sévère mise en garde après la manifestation à l’hôpital Victoria. Navin Ramgoolam soutient qu'il ne tolérera aucun groupe qui veut prendre la loi entre ses mains...
Je félicite le Premier ministre pour cette déclaration ! Il ne fait pas  référence à la VoH uniquement. Nous ne nous sentons nullement visés par cette déclara­tion. Ramgoolam a raison de lancer une telle mise en garde car il y a des groupes qui sèment la terreur dans le pays. Les récents incidents dans un faubourg de Rose-Hill en témoignent. Navin Ramgoolam a aussi raison de dire que la distribution doit se poursuivre dans les cinq hôpitaux. Hier (Ndlr : jeudi), nous avons rencontré une cinquantaine de toxicomanes de Candos, Cité Père Laval, Solférino et Paillote. Ils nous ont donné la garantie qu’ils récupéreront leur méthadone dans le calme et la discipline. En fait, ils nous ont fait compren­dre que ce sont certains voyous qui accompagnent des anciens toxicomanes à l’hôpital qui en profitent pour attaquer des habitants de la région. La VoH veut
aider ces anciens toxicomanes dans leur réhabilitation. 

Paul Bérenger s’est aussi mis de la partie en soulignant qu’il n'y a rien de plus dangereux que d’en­cou­rager certains groupes socioculturels à prendre la loi entre leurs mains...
Je dénonce ce double langage de Paul Bérenger. Quand il était Premier ministre, il félicitait la VoH pour les actions qu’elle prenait. Il nous donnait souvent raison. Ce même Bérenger, lorsqu’il était Premier ministre, a toujours répondu présent aux invitations des organisations socioculturelles.

Il y a aussi une polémique sur un panneau de la VoH à Grand-Bassin sur lequel figurent deux épées ensanglantées avec deux drapeaux de l’Inde. La Mauritius Sanathan Dharma Temples Federation demande de retirer ce panneau...
Cela fait quatre ans que ce panneau se trouve à Grand-Bassin. Chaque année, la VoH reçoit environ 500 000 pèlerins. Personne ne s’est plaint sur les symboles y figurant. Mais puisqu’une requête a été formulée, nous y inclurons une image de la déesse  Kali tenant les épées entre ses mains. Je précise qu’il n’y a pas de drapeaux indiens sur ce panneau. Les couleurs peuvent ressembler mais elles sont différentes.

L’hindouisme prêche la non-violence. Placer un panneau avec deux épées ensanglantées à l’entrée d’un lieu de prières n’est-il pas contraire aux principes de cette religion ?
Jamais ! Ces deux épées sont des représentations de la déesse Kali. Vous trouverez ces armes entre les mains de cette déesse. On a placé ces deux armes sur notre panneau pour chasser les «mauvais esprits» qui entrent au Ganga Talao. 

N’empêche que ce n’est pas la première fois que la VoH se retrouve au centre d'une controverse...
Nous ne sommes pas un groupe terroriste comme certains veulent le faire croire. Nous avons pour mission de défendre les intérêts de la communauté hindoue. La VoH continuera à exister. Nous continuerons à faire entendre notre voix lorsque les hindous estiment que leurs droits sont bafoués. Mais si des membres des autres communautés estiment avoir été victimes d’une discrimination, nous les défendrons ! D’ailleurs, la VoH apporte son soutien à cinq familles chrétiennes qui habitent à l’arrière de notre quartier général, à Quatre-Bornes. Nous les aidons à payer leur loyer.

Cependant, les méthodes de vos membres sont très contestées....
Faux ! Aucun de nos membres n’a été condamné par une Cour de justice.

Certains avancent que c’est parce que la VoH a été toujours proche des régimes en place que ses membres ne sont jamais punis...
La VoH n’a jamais affiché une proximité avec les différents partis qui se sont succédé au pouvoir. Sous n’importe quel régime, nous continuerons à faire entendre notre voix. Notre plus grande victoire a été de mettre fin aux émeutes à Quatre-Bornes en 1999.