Pourquoi, après une riche carrière, décidez-vous de tirer votre révérence ?
Certes, ces huit années passées à la tête de la force policière ont été une riche expérience. C’est après mûre réflexion que j’ai décidé de partir à la retraite au bout de 34 ans et demi de service. Je pense que non seulement je suis celui qui a occupé le poste de Commissaire de Police le plus longtemps après l’Indépendance, mais que j’ai aussi un bilan positif à mon actif. Je suis pleinement satisfait d’avoir accompli ma vision d’un service de police plus performant et moderne.

Il est dit que le Premier ministre vous a poussé vers la sortie. Qu’en est-il exactement ?
Comme vous le savez très bien, le poste de Commissaire de Police étant constitutionnel, nul ne peut faire partir le titulaire sauf s’il a commis une faute professionnelle grave. Je vous confirme que ma décision a été prise librement et sans aucune pression.

Retraité à 56 ans, que comptez-vous faire désormais ?
Une période de repos me permettra certainement de me réorienter vers «a second-line career». J’espère pouvoir continuer à apporter ma contribution dans le domaine de ma spécialisation, c’est-à-dire la sécurité.

Y a-t-il une possibilité de vous voir dans l’habit de politicien aux prochaines élections ?
La question ne se pose pas car je préfère rester dans mon domaine de prédilection.

Avec l’expérience que vous avez accumulée, n’êtes-vous pas triste de partir avant vos 60 ans ?
Je ne suis pas triste de partir puisque c’est une autre étape de ma vie qui débute. J’espère pouvoir continuer à servir mon pays pour plusieurs années encore avant la retraite définitive.

Que retenez-vous de votre mandat en tant que CP ?
Durant mon mandat, nous avons réussi à mettre en place une «police de proximité» pour mieux servir le public. La police vient de remporter le trophée d’excellence. Je me réjouis que ces années d’efforts collectifs aient été récompensées à juste titre.

Quelles sont les réformes dont vous êtes fier ?
Le programme de réforme que nous avons introduit environ dix ans de cela a permis à la police d’avoir de meilleures ressources humaines, matérielles et logistiques. Il a aussi grandement aidé notre service à atteindre un meilleur niveau de professionnalisme grâce à une formation continue. La base de notre réussite a été un partenariat
sincère entre la police et le public. D’ailleurs, notre «police-public-partnership programme» donne des résultats probants.

Quel message avez-vous pour vos anciens subalternes ?
Je leur conseille d’être dignes de la confiance que le public a placée en eux. Ils doivent avoir le sens du devoir, se montrer intègre, professionnel et démontrer leur savoir-faire en toutes circonstances.

Serez-vous notre prochain chef de la lutte antiterroriste ?
J’ai bien reçu une offre pour ce poste. Mais elle n’est pas formelle. Quand il sera créé, je soumettrai certainement ma candidature.

L’ancien Commissaire de Police part avec une lump sum de Rs 2 750 000
Ramanooj Gopalsingh a fait valoir son droit à un congé préretraite. En tant que haut fonctionnaire, il est éligible au «beyond ceiling vacation leave» qui inclut ses 72 jours de congé accumulés, soit une somme d'environ Rs 250 000.

Ramanooj Gopalsingh (56 ans) a passé 34 ans dans la force policière. Il a ainsi droit à une «full-pension». Avec le nouveau barème du Pay Research Bureau (PRB), il percevra une pension mensuelle de Rs 55 000. Ce qui représente la moitié de son dernier salaire. Il empochera aussi une «lump sum» de Rs 2 750 000, équivalant à 25 mois de salaire.

Selon le politologue Raj Mathur, le poste de Ramanooj Gopalsingh est vacant aussitôt que la Disciplined Forces Service Commission (DFSC) a reçu sa lettre de congé préretraite. En vertu de la Constitution, c’est la DFSC qui procède à la nomination du Commissaire de Police après consultation avec le Premier ministre.

«La Constitution ne précise pas si la DFSC doit impérativement agir sur les conseils du Premier ministre. Par contre, pour nommer un chef de cabinet, l’aval du chef du gouvernement est obligatoire. Dans le cas de la nomination du Commissaire de Police, cela va de soi que le Premier ministre, qui est aussi le ministre de l’Intérieur, aura le fin mot», fait ressortir Raj Mathur.

Le poste de Ramanooj Gopalsingh étant vacant, la nomination de son successeur peut se faire à n’importe quel moment. Tout laisse indiquer que Dhun Iswar Rampersad (57 ans) qui assure l’intérim au poste de Commissaire de Police depuis février dernier sera titularisé sous peu. Aux Casernes Centrales, il est un secret de Polichinelle que le poste lui aurait été promis vu qu’il est dans les bons carnets de Navin Ramgoolam. Mais le principal concerné se veut discret. «Il ne fera aucune déclaration», affirme le service de presse de la police. Les autres officiers suscep­tibles de succéder à Ramanooj Gopalsingh sont : les «Deputy Commis­sioners of Police» Jean Bruneau, Khemraj Servansing, Tangavel Seerun­gen, Rampersad Sooroojebally, Dev Jokhoo, Mario Nobin et Surendra Go­khool. Mais leurs chances sont minces.

Entre-temps, Ramanooj Gopalsingh explique qu’il fera acte de candidature pour le poste de directeur de la cellule antiterroriste assorti d’un salaire de Rs 87 500.