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Essais cliniques de médicaments : des Mauriciens cobayes des laboratoires étrangers
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By Eshan Dinally
Published on 12th July, 2008
 
Les Mauriciens pourraient être soumis à des essais cliniques pour les besoins de la recherche sur les effets des médicaments. Le gouvernement n’a pas encore donné son aval qu’un véritable jeu d’influence s’est engagé pour accaparer ce projet.
 

 
Le copinage, les grandes conne­xions et les lobbies vont-ils prendre le dessus sur la raison dans le projet hautement sensible des essais cliniques des médicaments ? Ces recherches seront menées par des laboratoires spécialisés et des médecins étrangers. Ces appréhensions hantent le personnel du département ‘Health Sciences’ de l’Université de Maurice. Car, un médecin mauricien établi en France depuis les années 60 se démène pour accaparer ce projet. Il ferait même pression sur des cadres de l’Université de Maurice qui sont directement concernés par le volet formation du personnel pour les essais cliniques.

Deux courriels de ce médecin à la retraite, très proche de certaines personnalités du pays, témoignent de ses ambitions. D’abord, il donne l’impression d’être dans le secret des dieux en affirmant que l’ancien chef juge Victor Glover serait favorable à des essais cliniques à Maurice. «Judge Victor Glover, consulted on this matter by the PM has deposited his report which should be favourable», écrit-il le 14 mars 2008. Il somme ainsi les responsables du département ‘Health Sciences’ de l’Université de Maurice de lancer au plus vite les cours pour le personnel qui s’engagera dans les essais. Il va même jusqu’à conseiller à ces académiciens d’aller de l’avant sans l’aval du ministère de la Santé. «Concerning the Diploma of Clinical Research Associates, here again there is no need to obtain the green light from the Ministry. The only limiting factor is the approval of Parliament to vote on the project of conducting Phase II and III clinical trials in Mauritius.»

Mieux, ce médecin prend la liberté de proposer ses services comme responsable de ce groupe de formation : «For my part, I will gladly accept to head this group, backed by both locally available teachers and by some persons from Montpellier prepared to come for free to dispense the teaching.»

Contrôle de qualité
Le projet des essais cliniques va de pair avec la  pharmacovigilance et le contrôle de qualité. Ce médecin s’arroge le droit de proposer les noms des personnes qu’il considère aptes à prendre en charge le laboratoire de contrôle. «I feel that it would be best that either H... or D... ‘head’ this lab, because the MOH people know their competence, pending the formation of this third ‘scientist’, who could take over», suggère-t-il dans un second courriel en date du 15 mai.

Qui plus est, il dit être au courant que le site d’implantation de ce laboratoire n’est pas encore déterminé. «Moreover the localisation of the lab is, as far as I know and I am well documented, has not yet been decided and may have to be equipped – and that will probably require financing from the MOH». Il dit détenir des renseignements selon lesquels le Premier ministre ferait pression sur le ministre de la Santé pour que le laboratoire de qualité soit lancé : «Faugoo is ‘not happy’ and there is both public and PM pressure on him to get the lab going – an important health issue». Ainsi, il propose que le laboratoire de contrôle des médicaments soit installé dans l’enceinte du Mauritius Institute of Health : «The important point is to get the lab going and used. If not, Pr Durand,  Pr Terol and even I will be disappointed because we will have failed our purpose. I suggest you propose to the MOH (through G. Requin probably) to set up the lab in the precincts of the MIH, offer whatever equipment you have available to get it started. We need efficacy.»

À l’Université de Maurice comme au ministère de la Santé, l’ingérence de ce médecin a fini par soulever un tollé.

Expérimentation en trois phases
  1. Tolérance ou innocuité – Des quantités croissantes de la nouvelle molécule sont administrées à des volon­taires sains, sous surveillance étroite. Cette phase permet d’évaluer les grandes lignes du profil de tolérance du produit et de son activité pharmacologique.
  2. Efficacité du produit sur de petites populations et recherche de dose – Cette phase se déroule chez un petit nombre de patients hospitalisés. Il s’agit ici de vérifier que le rapport bénéfice/ tolérance est favorable, et au moins équivalent au traitement existant et n’entraîne pas des effets secondaires importants. La dose optimale, c’est-à-dire celle pour laquelle l’effet thérapeutique est le meilleur pour le moins d’effets secondaires, est établie.
  3. Études pivot – Dans les conditions aussi proches que possible des conditions habituelles d’utilisation des traitements, le rapport efficacité-tolérance est vérifié sur un grand groupe de malades. Précautions d’emploi et risques d’interac­tions avec d’autres produits sont identifiés. Les essais peuvent couvrir plusieurs centaines à plusieurs milliers de patients.