Ils se sont vus. Et ont écouté leur coeur. Ça s'est terminé par un mariage d'amour. Eh oui ! ça peut paraître invraisemblable, surtout dans un village tel que Fond du Sac, où d’habitude cela revient aux parents de trouver le/la partenaire de leur enfant en âge de se marier.

Pour Bina et Kishore Taucoory, rien, ni personne ne pouvait leur mettre des bâtons dans les roues. C'est ainsi que, le 3 août 1980, Fond du Sac vibrait aux sons des tambours, tout comme dans les films de Bollywood. Pour célébrer en faste l'union, non pas d’un, mais de trois couples. « Oui, je vous assure que c’est la vérité. Mes deux frères et moi avons décidé de nous marier le même week-end. Un mariage s'est tenu samedi et les deux autres dimanche », se souvient Kishore, visiblement plongé dans le temps, avec ce petit sourire se dessinant sur les lèvres.

Voilà comment leur mère, Madame Taucoory, s'est retrouvée tout à coup avec trois belles-filles sous un seul et même toit. « Nous étions huit frères et soeurs. Mes frères et moi occupions, chacun, une chambre. Il va sans dire que la grande maison familiale est très vite devenue petite. Avec la naissance des enfants, il était plus qu'évident qu'il nous fallait trouver notre chez nous. Et c'est ce désir de vouloir avancer et progresser dans la vie qui m'a emmené là où je suis aujourd'hui », ajoute-t-il.

Découvrir ensemble des terres étrangères
C'est à quelques pâtés de cette maison familiale, toujours à Fond du Sac, que vivent Bina et Kishore aujourd'hui. Ils ont trois enfants – Nishi (24 ans), Keshav (17 ans) et Kushal (16 ans). Le leader des Bhojpuri Boys n’est pas peu fier de son parcours. « Si j'ai une maison aujourd’hui, c'est parce que je souhaite le meilleur pour mes enfants. J'ai connu la maison en chaume, en tôle et maintenant en dur. Je suis un heureux propriétaire, même si je suis criblé de dettes. Je ne vais pas vous cacher que j'ai dû prendre un emprunt pour en arriver là. Sans ça, pas de développement », souligne Kishore, qui est aussi frigoriste à l'hôpital SSR.

Et la musique dans tout cela? Avec un mari musicien, qui tourne à Maurice comme à l'étranger, Bina a eu à faire preuve de courage. « C'est sûr qu'il faut beaucoup de patience. Mais c'est sans découragement que j'ai affronté les étapes de la vie et épaulé mon époux pour conduire son groupe au succès », répond cette femme au foyer, qui a eu non seulement à s'occuper de ses enfants, mais aussi des animaux
que la famille élevait auparavant.

Une carrière qui a permis aux conjoints de découvrir ensemble des terres étrangères, telles que la Grande-Bretagne, la France ou encore l'Espagne. Avec deux fils étudiants et une fille aînée, diplômée en management et employée par la MASA, le couple Taucoory veut consacrer un maximum de temps à la famille.

Ainsi, chaque jour, papa, maman et fille aînée entament ensemble la journée. Dans leur cuisine, ils s'y mettent tous, pour préparer les repas. Et ce, après un commun accord sur ce qu'il y aura au menu. Le dimanche, comme dans beaucoup de foyers, place à quelque chose de spécial. « Si je donne un coup de main dans la cuisine, c'est beaucoup plus par amour pour ma famille. Au lieu d'aller dans la rue parler de tout et de rien, je préfère passer du temps avec mes enfants et apprendre à les connaître un peu plus chaque jour. Ce n'est pas pour autant que je néglige la vie sociale. Chaque chose en son temps et c'est cette façon de vivre que j'inculque à mes enfants », avance Kishore.

Des promesses qui tiennent toujours
Il explique que ce système comporte de nombreux avantages. À part plus de main-d’œuvre, « nous n'avons pas de problème de curry trop salé, pas assez salé, car nous avons ensemble concocté le repas ». Il n’y a pas non plus de : « Ayo tone cuit sa encore ! »

Et quid des loisirs chez les Taucoory ? « À cause des leçons particulières, le week-end, nous avons très peu de sorties. Mais, en été, notre plus grand rendez-vous c'est avec la mer. On va nager et se détendre », confie Kishore.

Reste que les années se sont écoulées depuis ce fameux 3 août 1980. Même si le couple a pris quelques rides, les promesses échangées autour du feu, ce jour-là, tiennent toujours.

Un nouveau style pour les Bhojpuri Boys
Après Naya Sirey, sacrée chanson bhojpuri de l'année 2003, les Bhojpuri Boys remportent toujours du succès. Grâce aux compositions de Kishore Taucoory, à l'interprétation de Kunal Baboolall et la contribution de chaque musicien. Doulha Raja, album classé dans le Top Ten de Radio Réunion ou encore La France, véritable fracas à Maurice, marquent à jamais la discographie du groupe. Et tous ceux qui attendent avec impatience le retour des Bhojpuri Boys, préparez vos tympans pour une autre bombe. Et selon Kishore Taucoory, c'est début septembre, dans un lieu connu de tous, qu'elle va exploser. « Je peux assurer à tous ceux qui souhaitaient un changement dans notre musique qu’ils seront gâtés. Avec, bien sûr, la bénédiction de nos fans », dit-il. Nous vous tiendrons au courant.