Mariée à un Mauricien, Christine Moorghen, un haut cadre de la préfecture de police à Paris, est repartie avec un sentiment de dégoût. Cette quadragénaire croyait vivre un bonheur parfait en venant passer ses vacances à Maurice. Mal lui en a pris, tout cela ne fut qu’une amère désillusion. La ressortissante française a été délestée de son sac contenant deux passeports, deux téléphones portables, une montre, une carte bleue, un appareil photo numérique et une forte somme d’argent. Le tout, pour un montant total de Rs 200 000. Ce vol a été perpétré sur la plage de Blue Bay au moment où la jeune femme et son fils étaient dans l’eau.
Christine n’est pas à sa première visite dans l’île. Ayant épousé un Mauricien, elle peut donc venir à Maurice aussi souvent qu’elle le souhaite. Arrivée le 22 juin, Christine a, tour à tour, séjourné dans divers appartements à Grand-Baie, Péreybère et Flic-en-Flac. Le 10 juillet, la fonctionnaire décide de visiter Blue Bay, petit village paradisiaque du sud. Accompagnée de son fils Yohan, elle se promène en faisant les vitrines. Après la pause-déjeuner, elle choisit de prendre un bain à la plage de Blue Bay. Il est environ 15 heures. Elle laisse son sac sur la plage, à moins de 15 mètres, alors que mère et fils se jettent à l’eau.
Contre toute attente, Yohan surprend un individu dérobant le sac de sa mère. Il pousse des cris pour attirer son attention. La femme a le dos tourné. Le temps de se retourner, le malfaiteur a déjà pris la poudre d’escampette. Paniquée, Christine se lance à ses trousses, mais en vain.
La Française a consigné une déposition au poste de police de la localité. L’affaire a été référée à la Criminal Investigation Division. Les enquêteurs soupçonnent une connivence entre des marchands de plage et un groupe de malfaiteurs. «A la suite de cet incident, nos hommes ont été sur le terrain. Ils ont interrogé les marchands de plage qui ont dit ignorer tout de ce vol. Or, plusieurs chapardages ont bien été commis en ce lieu. Nous pensons qu’il existe un lien entre ces personnes louches», nous explique un haut gradé proche du dossier. Selon cet officier, la police serait sur la piste d’une bande qui détrousse les touristes en toute impunité sur cette portion de plage. « Des patrouilles seront renforcées sur les plages. Les malfaiteurs sont avertis !», précise-t-il.
Lundi 14 juillet, Christine a regagné son pays. Elle est repartie de Maurice avec un sentiment d’amertume. Non pas parce qu’elle a été délestée de son argent, mais par l’accueil qu’elle a reçu à l’Ambassade de France pour obtenir le précieux laissez-passer qui lui permettra de rentrer. Avant de partir, cette officier de police a promis d’évoquer ce problème en haut lieu. «On m’a réservé un accueil déplorable alors que je suis une ressortissante française. Mais qu’en est-il pour les citoyens mauriciens ?», s’interroge-t-elle.