Les vétérinaires n’en reviennent pas ! Une pratique illégale perdure au vu et au su de tout le monde depuis quelques mois. Il s’agit de la vente des antibiotiques et d’autres médicaments destinés aux animaux domestiques dans certaines grandes surfaces.

Selon les règlements, ces produits auraient dû être vendus uniquement sur prescription. Un groupe de vétérinaires a déjà averti le ministère de la Santé de cette pratique à travers une correspon­dance datée du 4 juillet. Mais, des pommades à base de cortametasone, des antibiotiques et d’autres médicaments pour les animaux domestiques, contenant des substances dangereuses comme le Carbaryl, sont toujours en vente dans ces grandes surfaces.

Dans cette correspondance adressée au directeur des services pharma­ceutiques du ministère de la Santé, les vétérinaires font état du risque que cela constitue pour les consommateurs : «These products are normally dispensed on presentation of a veterinary pres­cription and are very dangerous to keep near vegetables and food meant for human consumption as is prevalent at the moment in supermarkets. You are fully-aware of the law, rules and regulations governing storage, sale and dispensing of such dangerous and health hazard products. This is a matter of great concern».

Interrogé par Le Défi-Plus, le Regis­trar du Veterinary Council,
le Dr Teckraj­singh Mohadeb, confirme cette pratique illégale de vente de ces médicaments dans les grandes surfaces, commercialisés par une compagnie. «Cette affaire est scandaleuse. Non seulement c’est dangereux pour les animaux, mais aussi pour les consommateurs ! Pour soigner un animal correctement, il faut lui prescrire des médicaments puisque le respect du dosage est primordial. De l’autre côté, cela peut être dangereux pour les consommateurs puisque ces médicaments contiennent des substances nocives. Ils ne peuvent donc être en vente libre dans une grande surface», fait-il ressortir.

Le président du Veterinary Council, le Dr Radhakrishna Veerapa, abonde dans le même sens. Il fait un appel au ministère de la Santé d’agir au plus vite pour mettre un frein à cette pratique illégale. Il dénonce une autre pratique qui, dit-il est devenue courante dans certaines pharmacies : la vente des médicaments pour animaux domestiques sans prescription.

Il soutient que lui-même a pu se procurer un vaccin sans présenter aucune ordonnance d’un vétérinaire. «C’est déjà grave que les pharmacies vendent ces produits au comptoir. C’est plus grave encore qu’ils soient en vente libre dans les grandes surfaces. Dans le cas des vitamines, ce n’est pas grave mais pour ce qui est des médicaments, c’est très dangereux, tant pour les animaux que pour les consommateurs. Car ils ne doivent pas être stockés dans un lieu où il y des aliments», insiste-t-il.