Double objectif. C’est en ces termes que le chef ingénieur du Central Electricity Board (CEB), Chavan Dabeedin, qualifie l’introduction de l’heure d’été. Elle durera du 26 octobre 2008 au 29 mars 2009. Dans la nuit du 25 octobre, l’aiguille de la pendule doit être avancée d’une heure. «Le tournesol se penche toujours vers le soleil pour profiter de ses rayons. De notre côté, nous allons avancer notre montre d’une heure pour une utilisation optimale du soleil», lance-t-il.

Ce faisant, la population bénéficiera d’une heure supplémentaire d’ensoleillement. A titre d’exemple, de nombreux employés quittent le bureau à 16 heures. Pendant l’heure d’été, la montre indiquera toujours 16 heures. Mais en temps réel, il sera 15 heures. Et avec ce décalage horaire, le soleil se couchera à 20 heures (heure d’été) au lieu de 19 heures (temps réel). «Cette heure supplémentaire d’ensoleillement dans l’après-midi sera très bénéfique à l’ensemble de la population. D’abord, un nombre accru d’enfants rentrera à la maison après les leçons particulières, avant la tombée de la nuit. Ensuite, un maximum de tâches ménagères sera accompli sans nécessiter de lumière électrique», avance Chavan Dabeedin.

Réaliser des économies
Du coup, la facture d’énergie de chaque ménage baissera, avec une consommation réduite de trente heures au minimum par mois. Chavan Dabeedin explique que les 330 000 abonnés résidentiels allumeront la lumière à partir de 20 heures au lieu de 19 heures. «Dans nombre de ménages, au moins trois ampoules sont allumées dès que la lueur du soleil disparaît – dans la cuisine, la chambre des enfants, le salon ou la salle à manger. Dans certains cas, un quatrième point est allumé, notamment dans la cour», soutient l’ingénieur. Le CEB, dit-il, prévoit une baisse de la demande par 15 mégawatts par jour.

Le chef ingénieur du CEB révèle que des exercices de simulation, menés auprès d’un échantillon d’abonnés, a démontré que
la baisse de consommation électrique ne peut se réaliser par la seule économie de lumière. Ainsi, le CEB a installé des «Power Analysers» chez ces consomm­ateurs. Cet équipement a permis de noter la consommation électrique de chaque appareil séparément. «Ces exercices dé­mon­trent que la consommation électri­que chute d’au moins 2%. Cette écono­mie n’est pas négligeable. Elle est d’une importance capitale pour le CEB», annonce-t-il.

Au fait, cette économie permettra au CEB de régler la problématique de l’heure de pointe. La demande augmente drastiquement pendant deux heures, l’après-midi, surtout entre 18h30 et 20h30. «Durant ces deux heures, les ménages s’adonnent à diverses tâches – cuisson, nettoyage, lessive et repassage. La demande atteint-là son apogée», affirme-t-il. Pour satisfaire cette demande accrue, le CEB est obligé de démarrer des centrales consommant de l’huile lourde dont le coût de production est cinq fois supérieur aux centrales normales.

A la lumière de ces simulations, il ressort que le CEB n’aura pas à recourir à ces équipements durant l’heure d’été, compte tenu que la demande ne se concentrera plus sur ces deux heures mais s’étalera sur trois heures. «Cette tendance de la demande permettra au CEB de réaliser des économies, surtout pour l’achat du carburant dont le prix ne cesse de prendre l’ascenseur», se réjouit-il.

Chavan Dabeedin ne comprend pas la polémique suscitée par cette initiative gouvernementale. «C’est un projet pilote. Il permettra de collecter des données essentielles sur la consommation électri­que. Si ce projet ne donne pas les résultats escomptés, le gouvernement ne le renou­vel­lera pas l’an prochain. En cette période de crise énergétique, il ne faut négliger aucun moyen pour économiser l’énergie», plaide-t-il. L’heure d’été, insiste-t-il, sera introduite en concertation avec tous les partenaires. Depuis le mois de juin, plusieurs sessions de travail ont eu lieu.

Le CEB mise également sur les ampoules économiques et les énergies renouvelables. Bientôt, sera introduira le système de facturation graduée, en fonction des heures de consommation. Tout porte à croire que le «Time of Use» sera optionnel et introduit pour les industries dans un premier temps.