Le Défi Media Group

"Fils d'un marchand de poisson, je suis aujourd'hui ministre" : qui suis-je ?
http://www.defimedia.info/articles/2935/1/Fils-d039un-marchand-de-poisson-je-suis-aujourd039hui-ministre--qui-suis-je-/Page1.html
Dad Manouraj Gungea
 
By Dad Manouraj Gungea
Published on 19th July, 2008
 
Cliquez sur Full Story pour lire la suite de l'article.
 

 
Il jubile encore. Le ministre des Arts et de la Culture se réjouit d’avoir fait inscrire la montagne du Morne sur la liste du Patrimoine mondial, la semaine dernière. Il y a deux ans, Mahen Gowreesoo, 45 ans, a connu le même succès avec l’Aapravasi Ghat. Fils d’un poissonnier, il est tout aussi avisé en affaires : il a dirigé la fonderie Samlo avant de devenir ministre. Que sait-on de sa vie ? Il se livre à cœur ouvert.

Le père de Mahen GowreesooMon père
Il était bosseur. Mon père, Samlo, était poissonnier. Après ses heures de travail, il faisait des courses dans sa voiture. Il s’assurait toujours que la famille ne manque de rien. Asthmatique, il est décédé en 1999 à l’âge de 66 ans. D’après ce qu’on m'a dit, Samlo veut dire argent en télougou.

Ma mère
Les champs de canne n’ont aucun secret pour elle. Ma mère Pooshpa était femme-laboureur au camp sucrier de Highlands. Elle y a travaillé La mère de Mahen Gowreesoojusqu’à 1986. Elle a aujourd’hui 69 ans. Durant les vacances scolaires, je l’accompagnais aux champs. Je l’aidais à couper les tiges de canne. Nous devions quitter la maison tôt le matin alors qu’il faisait encore nuit noire. Je me souviens qu’un jour, je suis arrivé aux champs à minuit pensant qu’il était déjà 5 heures du matin. Je voulais tellement travailler ce jour-là.

Mahen Gowreesoo enfantMon enfance
C’était la belle vie ! Dans mon petit village natal à Hermitage, Phoenix, où j’habite toujours, je garde des bons souvenirs de mon enfance. Petit, j’aimais jouer aux billes avec mes amis. Plus tard, mes frères et moi, nous allions couper de l’herbe pour nourrir nos trois vaches. Nous cherchions également du bois pour allumer le feu dans la cuisine. Je suis le cinquième d’une famille de neuf enfants. Enfant, je me voyais déjà devenir un homme d’affaires.

Ma jeunesse
J’aimais porter des jeans quand j’étais jeune. Après mes études secondaires, j’ai pris de l’emploi à la Fédération des coopératives comme ‘Salesman’. En 1986, j’ai décidé de lancer mon propre business spécialisé dans la commercialisation des produits alimentaires. J’ai acheté un fourgon à Rs 20 000. Mon père et un de mes frères sillonnaient l’île pour placer des épices, des boîtes de sardines et des grains dans les boutiques. Petit à petit, j’ai développé le sens du business. À la fin des années 80, je possédais déjà 12 fourgons. En 1990, j’ai démissionné de la Fédération pour travailler dans mon entreprise. Trois ans plus tard, j’ai lancé une entreprise familiale engagée dans l’exportation de la ferraille. En 2002 ou 2003, j’ai lancé la fonderie Samlo du nom de mon père à La Pipe.

Mahen Gowreesoo et ses trois fillesMes enfants
Jamais deux sans trois ! J’ai trois filles. L’aînée, Yoshina, a 15 ans. La cadette, Tanisha, a 12 ans. Alors que la benjamine Samishta est âgée de 6 ans. Chaque dimanche, je les emmène faire des balades. Mes filles sont à la fois mes amies et mes gardes du corps.

Mon parcours scolaire
J’ai fait mes études primaires à l’école de Highlands. Puis, j’ai été admis au collège Presidency, à Curepipe, où j'ai étudié jusqu’à la Form V. Par la suite, j’ai fait mon Higher School Certificate (HSC) au collège Imperial. J’ai été toujours fasciné par l’histoire. Durant mes années de collège, j’adorais lire les biographies des hommes politiques tels que Joseph Staline, Adolphe Hitler, le Mahatma Gandhi, Chiang Kai-Shek. En ce moment, mon livre de chevet est une biographie de Benazir Bhutto.

Mahen Gowreesoo et sa femme.Mon mariage
Mon épouse s’appelle Leena, née Yerriah. Nous nous sommes mariés en 1991. J’avais alors 28 ans. C’était un mariage de convenance. Ma femme est originaire de Saint-Pierre. Nous nous entendons très bien. Elle m’est d’un très grand support.

Cinéma
Bien que je sois proprié-taire de la salle de cinéma Samlo-Eros à Plaine-des-Papayes, j’y vais rarement. Je n’ai pas de temps libre pour visionner un film de trois heures. Par contre, je regarde des documentaires. J’adore les émissions sur l’astronomie. Je pense que notre planète sera un jour inhabitable. Les hommes devront alors peupler une autre planète. 

Mes artistes préférés
Amitabh Bachchan. C’est mon héros préféré. Il a connu un début de carrière difficile car les cinéastes disaient qu’il n’avait pas le physique pour être acteur. Mais, à force de persévérance, il est devenu l’un des plus grands. Par contre, c’est difficile d’avoir une actrice préférée. Elles sont toutes si belles.

L’argent
Comme dit l’adage, l’argent est un ‘good servant’, mais un ‘bad master’. Il faut savoir l’utiliser à bon escient en évitant des dépenses inutiles.

Regrets
J’en ai un seul. Lorsque mon père était toujours vivant, je le rencontrais tous les jours pour lui parler. Le jour de sa mort, je l’ai aperçu dans la cour. Il s’asseyait sur un banc. Moi, j’étais dans la voiture. Comme j’étais pressé, je n’ai pu lui parler. Dans le courant de la journée, j’ai appris son décès. Jusqu’à aujourd’hui, je regrette.

Dieu
Chaque mardi, j’observe un jeûne au nom du dieu Hanuman. Pour moi, il représente la force et la sincérité. Je ne mange pas de la chair animale ce jour-là.

Le séga
Quand l’occasion m’est offerte, je n’hésite pas à exécuter quelques pas de danse. Le séga est unique. C’est une musique très rythmée, très mauricienne. 

Culture
De temps à autre, j’aime regarder une bonne pièce de théâtre. Mais je déteste qu’on fasse du bruit autour de moi. J’ai toujours aimé les ouvrages historiques comme, par exemple, ceux sur les bombardements atomiques de Hiroshima et Nagasaki. Pour ce qui est des langues, à part le créole, l’anglais et le français, je me débrouille en bhojpuri.

Buteur
Le football est mon sport favori. Quand j’étais jeune, je pratiquais cette discipline régulièrement. De par ma nature, j’aime des résultats : je vais droit au but. Cependant, je n’étais pas du genre à mouiller mon maillot sur le terrain. Mais je marquais toujours des buts. Un jour, quand j’étais jeune, mon équipe est allée jouer un match à Pointe-aux-Piments. À la mi-temps, nous étions menés par 2 buts à zéro. J’ai fait mon entrée à la deuxième mi-temps et j’ai marqué deux buts. Comme nous jouions à l’extérieur, nous avons remporté la coupe après ce match nul. Mes équipes préférées sont Manchester United et le Brésil.

Ma vie de parlementaire
Le Premier ministre m’a donné sa bénédiction. Il me laisse travailler en toute liberté. Mon parcours est très riche.  Jusqu’ici, j’ai pu faire inscrire deux sites, l’Aapravasi Ghat et Le Morne sur la Liste du patrimoine mondial. J’ai également eu l’occasion de présider aux célébrations dans le cadre du 40ème anniversaire de l’Indépendance. C’était une fête grandiose. Nous avons distribué 200 000 drapeaux nationaux à la population. Ce sont mes plus grandes victoires en tant que ministre.

Le 7
C’est mon numéro porte-bonheur. J’ai lancé mon entreprise le 7 juillet 1986. J’ai été élu dans la circonscription No 7. J’ai prêté serment comme ministre le 7/7/2005. Le bureau de mon ministère se trouve au 7ème étage au bâtiment Renganaden Seeneevassen, Port-Louis. Ce n’est pas tout. Le Morne a été décrété Patrimoine mondial le 7 juillet. Lorsque je suis en mission à l’étranger, j’ai toujours cette chance d’obtenir une chambre portant le numéro No 7 dans des hôtels.

Barre de fer
Elles représentent tout pour moi. Je vois des barres de fer partout. Une personne peut me montrer un diamant, mais je suis plus intéressé avec les barres de fer. Je suis un ‘Iron Man’. J’ai une volonté de fer. 

Voleur de ferraille
Malheureusement, il y en a beaucoup. Une personne peut gagner sa vie décemment sans avoir à voler de la ferraille. Elle peut en acheter et revendre pour réaliser des profits.

Mittal
Lakshmi Narayan Mittal (homme d’affaires indien spécialisé dans l’industrie sidérurgique et multimilliardaire) m’inspire beaucoup. Je dévore tous les livres ou des magazines qui lui sont consacrés.

Ce qu’ils pensent de lui

Le député Balkisoon Hookoom, son colistier au No 7
«Il est avenant». C’est ainsi que le député travailliste du No 7 (Piton/Rivière-du-Rempart), Balkisoon Hookoom, décrit son collègue et colistier Mahen Gowreesoo. «Il a fait ses preuves en tant que ministre en réussissant à faire inscrire l’Aapravasi Ghat et la montagne du Morne comme des patrimoines mondiaux. Il est toujours à l’écoute.»

Son ami d’enfance, Kreshan Ramkelawon
Kreshan Ramkelawon, conseiller au ministère des Arts et de la Culture, est aussi l’ami d’enfance de Mahen Gowreesoo. «Je me souviens de deux paroles qu’il m’a dites. Petit, il voulait rouler une Mercedes. Avant même de devenir ministre, il a pu le faire. Deuxièmement, il disait qu’il deviendrait parlementaire un jour. Il a fait mieux en devenant ministre. C’est fantastique pour lui car c’est un garçon qui a connu la misère. Il tient toujours ses promesses.»

Jai Prakash Meenowa, ancien député MMM au No 7
«Autant que je sache, c’est un homme honnête. Malheureusement, il n’est pas dans son assiette comme ministre. Il a d’ailleurs concédé qu’il s’attendait à obtenir un portefeuille ministériel pour s’occuper des Petites et moyennes entreprises. En tant que député, il n’est pas à la hauteur. Même des agents de l’Alliance sociale sont déçus. Le constat est palpable sur le terrain.»