Casquette vissée sur la tête, Alan B est de loin un autre rappeur. Ce père de famille voue un intérêt aux platines et autres instruments de djeing. D'ailleurs, il est l'un des plus anciens djs mauriciens.

Alan B, marié à Ingunn, une Norvégienne, et père de Bettina et Jessica, s'est installé depuis 1982 dans ce pays situé dans le cercle Arctique. Profitant d'un court séjour à Maurice avec sa petite famille, c'est au Midnight Express à Flic-en-Flac, que les clubbers ont pu prendre connaissance de ses mixes, samedi soir.

Celui qui a tourné dans quelques boîtes de nuit de l'île en 2001, avec la formation Les Technokrats, ne jure que par la trance aux platines. Une musique irrésistiblement dansante, qui n'oublie jamais d'être mélodique.

Si certains se sentent perdus, pensez à la musique de Tiesto. De l'électro on ne peut plus clair. Certains ont même pu prendre connaissance de sa musique en direct sur Radio Plus et une autre radio privée, quelques années de cela. Cela a été possible car nos djs locaux le connaissent très bien et lui ont laissé libre antenne pour faire découvrir sa musique aux Mauriciens : « Ici, il y a très peu de djs qui font de la trance. Leur style est plus proche de la psy-trance. Je les comprends, car il existe plusieurs groupes ethniques à Maurice et la majorité aime la musique commerciale. Il y a ce petit groupe de techno, mais c'est encore très loin de la Norvège, où il y a des boîtes spécialisées pour la techno, le RnB ou la House ».

Notre compatriote trouve qu'il y a beaucoup de talents du mix à Maurice : « Certains sont même très doués et ont un avenir en ce sens. De mon côté, je le fais pour le plaisir car j'ai mon travail dans mon pays. Le Djeing n'est pas un job pour moi, car tu ne fais pas long feu si
tu ne produis pas et si tu n'arrives pas au top », explique Alan B.

Avec le Djeing comme passe-temps, Alan B s'est retrouvé à jouer dans plusieurs pays scandinaves, tels le Danemark, la Suède, la Norvège. Il côtoie souvent des djs tels le Néerlandais Armin Van Buuren, Will Holland, Above and Beyond, Leon Bolier, Oliver Lieb, entre beaucoup d'autres.

Relève assurée
Pour lui, Ghetta, « c'est trop commercial ». Solveig, « trop lent ». « En Scandinavie, ce genre de musiques ne marche pas. Par contre, Danny Howells, spécialisé dans la House-Progressive, joue beaucoup chez nous. » Il ajoute que certains djs ne font qu'enchaîner des disques, « mais le respect va nettement à celui qui produit », lâche-t-il.

Pour Alan B, pas question de penser à Ibiza, le lieu culte de tous les Djs du moment :  « Ce n'est plus intéressant, Ibiza. Si vous me parlez de cinq ans de cela, je vous aurais dis oui sans hésitation. Mais aujourd'hui, la drogue a beaucoup détruit la musique électronique. Je ne veux pas que les gens associent la techno à la drogue car je suis un ancien dans le circuit et je n'en ai jamais pris ».

Depuis peu, il s'est même mis à la production. Parmi ses projets à venir, jouer au Pacha, au Maroc, et aussi se lancer dans plus de productions Trance, Progressiv, chose qu'il fait déjà et qu'il souhaite élargir.

Il pense aussi organiser un grand « outer », évènement qui regroupera les djs de différents styles de musiques, ainsi que les Technokrats. L'année prochaine, il mettra le cap sur le pays des kangourous, ainsi que l'Afrique du Sud : « J'aimerais y jouer dans quelques clubs car il y a de nombreux fans de l'électro ».

Dans la famille, il faut dire que la relève est assurée, car sa petite dernière de 7 ans aspire déjà à être djette un jour.