Une affaire de sexe et de vengeance qui se termine par le viol d’une femme enceinte. Depuis dimanche, la Criminal Investigation Division (CID) de Curepipe essaie de voir plus clair dans l’agression sexuelle d’une femme enceinte de trois mois. La victime, Chaya, 28 ans, est déjà mère de jumelles de 6 ans. Son agression sexuelle serait liée à des textos que son mari Satish, 29 ans, aurait envoyés à la petite amie de son agresseur.
Ce dimanche 20 juillet, Satish, qui travaille comme maçon, quitte son domicile à Midlands vers 5 heures. Il a prévu d’aider un ami qui est vendeur de légumes à Rose-Belle.
Trois heures plus tard, alors que ses filles regardent la télé et qu’elle se repose, Chaya entend frapper à la porte. Elle se dirige vers le corridor et aperçoit un couple à travers la vitre. Il s’agit d’un homme d’une trentaine d’années, de teint clair, accompagné d’une jeune fille. Elle a les cheveux dénoués jusqu’aux épaules et est de teint café au lait. Chaya ne les connaît pas. Elle téléphone à son époux pour l’informer de la présence de ces deux étrangers. Puis, elle ouvre la porte. «Mo capave cause are ou ène coup», lui lance l’homme d’un ton ferme. Chaya demande alors à ses deux filles d’aller dans la chambre. Elle ne sait pas que l’homme est armé d’un gourdin.
L’individu la pousse violemment à l’intérieur. Il est vert de colère. «To conné ki to mari SMS mo copine ?» s’insurge-t-il. Chaya tente de le calmer car elle craint pour ses filles. «Mo pas conné...», tente-t-elle vainement de lui faire comprendre. L’individu insiste. Il balance les chiffres d’un numéro de portable. Ce numéro ne veut rien dire pour Chaya. En tout cas, il n’est pas utilisé par son époux. Sa tentative de convaincre l’inconnu de sa bonne foi demeure sans succès.
Les choses s’enveniment pour Chaya. L’homme, qui la tient en otage, la met devant un terrible dilemme. «Guet ça, soit mo viole toi, soit mo faire ça are to deux zenfants ?» Chaya le supplie et tente de le raisonner. «Pas faire ça, mo ène madame enceinte !» Rien n’y fait, l’homme est bien déterminé à se venger. Cela à n’importe quel prix. «Pas gagne tracas, éna position pou ça.»
Odieux chantage
Chaya accepte l’odieux chantage. Sous la menace du gourdin, elle sera traînée jusque dans une chambre à coucher où l’homme abusera d’elle sans ménagement. Cela sous le regard de la jeune femme. Mais celle-ci quittera les lieux avant que l’homme ne complète sa sale besogne.
Puis, l’individu l’abandonnera sur place. Alors qu’il s’apprête à partir, Satish rentre au même moment. Il ne connaît pas cet homme qui tente de l’assommer avec son gourdin. Il parviendra toutefois à parer le coup. Dans le feu de l’action, Chaya rejoint le salon. Elle réussit à pousser le violeur hors de la maison.
Mais Satish ne le pourchassera pas. «Mo ti pé trop gagne tracas mo madame. Li ti pé ploré», raconte-t-il. Les minutes s’égrènent et le violeur refait son apparition. Il s’empare d’un vase qu’il lance en direction de Satish qui esquive l’objet. Une nouvelle fois, il n’essaiera pas de rattraper l’individu étant surtout préoccupé par sa femme.
Chaya confiera à Satish son viol et lui fournit la description de la jeune femme qui accompagnait son agresseur. À ce moment, un nom vient à l’esprit de Satish : Vandana. Il l’a rencontrée il y a environ cinq semaines dans une pâtisserie à Curepipe. Elle lui avait dit qu’elle habitait Rivière-des-Anguilles, qu’elle prenait des cours en informatique à Curepipe et qu’elle n’avait personne dans sa vie. De son côté, Satish ne lui cache pas qu’il est marié et est père de jumelles.
Depuis, ils se sont revus en pas moins de cinq occasions et échangeaient régulièrement des textos. Mais ce n’était qu’une histoire d’amitié, selon Satish. «Nous ti zis kamarad», insiste-t-il. Les enquêteurs veulent tirer au clair cette relation.
L’enquête aboutira à l’arrestation du présumé violeur, Prakash Chooneea, vendredi. Il donne une autre version de l’histoire. (Voir plus loin).
Meurtrie dans sa chair, Chaya est malgré tout convaincue de la fidélité de son époux. «Je connais bien Satish, il a des amies. Mais il n’est pas un coureur.»
Il engrosse femme et maîtresse
Il y a quelque chose qui cloche ! Depuis que Chaya a porté plainte à la CID de Curepipe, les hommes de l’inspecteur Bappoo se sont renseignés sur la dénommée Vandana, une adolescente de 16 ans.
Les enquêteurs ont vérifié les numéros que Satish leur a remis. L’utilisateur de l’un de ces numéros est un dénommé Prakash, un designer de 29 ans, qui est marié et père d’un enfant de 5 ans. Il a été arrêté sur son lieu de travail à la mi-journée, vendredi. Cet habitant de Surinam, dont l’épouse est enceinte de trois mois, a avoué entretenir une liaison avec Vandana. Celle-ci est d’ailleurs enceinte de lui. En voyant les SMS de Satish sur la carte SIM qu’il a remise à sa maîtresse, Prakash a décidé de se rendre chez celui qu’il prend pour son rival pour lui demander des explications. Mais comme Satish était absent samedi, il est revenu le lendemain. Dans sa version des faits, il a expliqué qu’il a demandé à Chaya de quitter son mari. Elle lui aurait alors suggéré d’avoir des relations avec elle pour ne pas souiller la réputation de son mari.
Aux dernières nouvelles, Vandana était admise à l’hôpital Nehru en raison de sa grossesse. Une équipe de la CID de Curepipe était à son chevet, vendredi, pour avoir sa version des faits.